Besançon. Pari gagné pour la 1ère fête de la morille

Raff Call (un pseudonyme) est un passionné des champignons et notamment de la morille, ce trésor franc-comtois à la saveur unique. En quelques semaines, il a su organiser et attirer le 25 avril une foule nombreuse sous un chapiteau installé place de la révolution.

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Raff Call, initiateur avec son épouse de la 1ère fête de la morille. La place de la révolution à Besançon portait les effluves de ce champignon mythique du printemps comtois ©YQ

L’initiateur de la 1ère fête de la morille, Raff Call a découvert la quête de ce champignon mythique dès l’âge de 6 ans sur les pentes et dans les sous-bois du Jura. Il a appris la mycologie auprès de Gilbert Moyne, une science qui demande de l’humilité, de la patience et une grande attention à l’environnement naturel. La morille, ce champignon de printemps, se plaît sur les sols sédimentaires et karstiques du massif jurassien, riches en minéraux calcaires.

Portrait de Gilbert Moyne, spécialiste des morilles jurassiennes
A 90 ans, Gilbert Moyne a consacré sa vie à la quête de la morille. A l’occasion de la 1ère édition de la fête de la morille à Besançon, il a dédicacé son livre « le Morillou des Granges-Maillot » ©YQ

Aujourd’hui âgé de 90 ans, Gilbert Moyne a consacré sa vie à cette espèce sauvage et initié de nombreux cueilleurs.

Publié en 1991, «Le Morillou des Granges Maillot» et réédité aux Éditions Coxigrue est un livre de souvenirs et de mémoire de cet amoureux de la nature du Haut-Doubs. Il en connaît chaque parcelle de forêt, chaque sentier arpenté pendant des décennies à la recherche des coins secrets où pousse ce champignon magique. Invité par Raff Call, Gilbert Moyne a pu dédicacer cet ouvrage réédité aux amateurs ou simples curieux de la morille.

La morille, une espèce sauvage apprivoisée par un scientifique chinois 

C’est grâce à Christophe Perchat, Président de France morilles que Raff Call a pu élaborer en Franche-Comté une culture de morilles sous une serre de 400 m². »Le professeur Zhu, scientifique chinois, est dépositaire d’un brevet de culture artificielle de morilles » précise Raff Call. « Le mycellium de morilles est semé à l’automne dans un substrat calcaire et le printemps voit éclore les premières morilles » explique-t-il. Pour autant, rien ne remplacera la quête hypothétique du champignon sur les bordures de chemins caillouteux ou à l’abri d’un sous-bois.

La morille, plat d’exception en Franche-Comté

Selon Gilbert Moyne et les restaurateurs rencontrés place de la révolution, la saveur de la morille s’associe parfaitement avec les crus jurassiens comme le Savagnin. Pour les spécialistes de la gastronomie, la morille n’est pas seulement un ingrédient pour sublimer une poularde au vin jaune, elle en est un élément essentiel. Lors de cette 1ère fête de la morille, les visiteurs très nombreux ont pu déguster une croûte aux morilles, autre plat typique de la gastronomie comtoise. 20 kg de morilles ont été nécessaires pour les associer  à la crème fraîche.

Un événement qui s’inscrira dans le calendrier des fêtes bisontines

Stand de dégustation lors de la fête de la morille
Les morilles en fête le 25 avril à Besançon. Le pâtissier chocolatier Xavier Brignon a élaboré une recette de ganache aromatisé à la morille, un mariage harmonieux de la nature de chocolats sous la forme de morilles « les morillettes » ©YQ

Après cette première édition réussie dans un temps record, le maire Ludovic Fagaut et Serge Couësmes, son adjoint à l’attractivité et l’animation commerciale, entendent bien accompagner cette fête de la morille, symbole gustatif de la Franche-Comté.

Yves Quemeneur