Besançon. Le PCF de Besançon tire la sonnette d’alarme

Le mardi 5 mai 2026, les membres du Parti communiste français (PCF) de Besançon ont convié la presse afin d’exprimer leurs inquiétudes après les premières semaines de la mandature menée par le maire Ludovic Fagaut.

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Aline Chassagne avec le tract anti RN distribué par les étudiants de l'ISBA avant le Conseil d'administration c PG

Inquiets de la « tournure politique » prise par le début de mandat du nouveau maire Ludovic Fagaut, les élus du Parti Communiste Français de Besançon ont souhaité prendre la parole et alerter « en tant que parti d’opposition« . Pourtant, aucun autre parti de l’opposition de gauche n’était présent… Faut-il y voir le prélude d’une séquence présidentielle encore plus fracturante pour une gauche déjà moribonde ?

Des orientations politiques jugées floues

Plus largement, les élus communistes pointent un manque de clarté sur plusieurs dossiers majeurs. Ils s’interrogent notamment sur la poursuite des politiques engagées par l’ancienne majorité, en particulier dans les domaines de l’éducation, de la culture et du logement. Le « Plan Education » avec notamment la réhabilitation des écoles de la ville sera-t-il poursuivi ? Le projet de construction de plus de 600 logements dans le quartier de la Grette suscite des inquiétudes du côté des militants : « C’est sur ce terrain que le nouveau maire a prévu de construire la nouvelle Aréna…« . Des interrogations soulevées par l’opposition qui n’ont pour le moment pas trouvé de réponse de la part de l’équipe municipale. « On demande des réponses claires sur ces sujets qui nous paraissent beaucoup plus importants que de planter des fleurs et éclairer la Citadelle » ajoute Asni Halem. « Sauf que pour le moment, on est exclusivement sur des mesures de symboles. Sauf que les habitants attendent quoi ? L’accès au logement, l’éducation et la culture… » conclue Aline Chassagne.

Tensions autour de la présence du RN à l’ISBA

Parmi les sujets de préoccupation, Aline Chassagne a évoqué le Conseil d’administration de l’Institut supérieur des beaux-arts (ISBA), auquel elle participe. Avant la réunion, des étudiants ont distribué des tracts affichant clairement leur opposition à la présence de Franck Bernard, nouveau vice-président à Grand Besançon Métropole (GBM) et encarté au Rassemblement national (RN) au sein de l’instance. « Les étudiants savent pertinemment que les élus RN n’ont aucune considération pour l’art contemporain », affirme Aline Chassagne. « Les représentants de l’école et les enseignants ont dit clairement qu’ils ne siégeraient pas au Conseil d’Administration si monsieur Bernard y siégeait. Mais du côté de Monsieur Fagaut, c’est silence radio », déplore-t-elle.

La parité en recul

Autre préoccupation prégnante pour les membres du PCF, le recul net de la parité au sein de l’exécutif de Grand Besançon Métropole (GBM) puisque 24 hommes sont présents au bureau contre seulement 9 femmes. « Nous avions jusqu’à présent une règle morale pour les élus de Besançon siégeant au bureau de GBM. Sur la parité, on se doit d’être exemplaire pour que les communes plus rurales et moins enclines à faire des efforts sur la parité puissent s’y mettre aussi » souligne Aline Chassagne. Pour Asni Halem, Ludovic Fagaut « mène une politique d’il y a 50 ans, faite d’affichages en évitant les sujets structurants ».

Reste à savoir si ces sujets seront discutés et débattus durant le prochain conseil municipal, qui aura lieu le 28 mai prochain…