Économie. Tendances régionales de l’activité en Bourgogne Franche-Comté au mois d’avril

La Banque de France interroge régulièrement un panel de chefs d’entreprises de la région. Pour le mois d’avril 2026, 8 500 entreprises ou établissements ont été sollicités entre le 28 avril et le 6 mai.

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Économie. La région Bourgogne Franche-Comté plus résiliente ? ©DR

L’indicateur d’incertitude se détend légèrement

Pour le mois de mai, les chefs d’entreprises anticipent peu d’évolution dans l’industrie et le bâtiment, voire une activité en recul dans les services. Consécutivement au déclenchement de la guerre au Moyen-Orient, l’indicateur d’incertitude se détend en avril mais les dirigeants restent préoccupés par les prix des matières premières et les perturbations logistiques.

Une économie française résiliente mais le constat d’un ralentissement

Du point de vue global de la Banque de France, la situation de trésorerie est jugée normale dans l’industrie et dégradée dans les services.

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La hausse des prix des matières premières s’accélère mais dans un contexte de concurrence exacerbée, cette hausse n’est que partiellement répercutée dans les prix de vente de l’industrie et du bâtiment. Dans les services, les révisions tarifaires sont concentrées dans le secteur des transports et de la logistique, directement impacté par le renchérissement des carburants.

Compte tenu de l’incertitude sur l’issue du conflit au Moyen-Orient, les analystes de la Banque de France estiment prématurée la production d’une estimation chiffrée de la croissance du PIB au second trimestre 2026.

La production industrielle progresse dans la région

Dans l’industrie, la croissance reste soutenue dans la région, au-dessus des anticipations des chefs d’entreprises exprimées en mars. Elle reste dynamique notamment dans les équipements électriques et l’aéronautique et plutôt bien orientée dans les produits informatiques-électroniques-optiques, tirés par le secteur de la défense. Les commandes sont en hausse plus par le marché national que par l’export,  mais s’établissent à un niveau jugé insuffisant par les chefs d’entreprises. Les stocks restent à un niveau satisfaisant et les effectifs augmentent à la marge. Les industriels attendent une stagnation de la production le mois prochain.

Stabilité des services marchands

Dans un contexte de faible demande, l’activité des services marchands demeure stable dans la région. Comme au plan national, les prix sont orientés à la hausse dans les secteurs du transport et de l’entreposage ainsi que dans l’hébergement. La situation de trésorerie est plutôt tendue mais les effectifs se maintiennent.

Des perspectives régionales prudentes dans le bâtiment

Globalement, l’activité reste stable avec de fortes disparités selon les branches. Le second œuvre retrouve une certaine dynamique pendant que le gros œuvre subit les incertitudes internationales et les carnets de commande encore peu garnis liés à la période post-électorale.

Dans le gros œuvre, l’augmentation de prix des approvisionnements pèse sur les entreprises, empêchées de répercuter les hausses par la vigueur de la concurrence. Dans le second œuvre, les entreprises réévaluent leurs devis.

Un fort repli dans les travaux publics

Dans le domaine des travaux publics, les carnets de commande sont jugés trop faibles par les entreprises de Bourgogne Franche-Comté. Elles anticipent malgré tout une nette reprise au cours du prochain trimestre. Les effectifs se maintiennent dans un contexte de stabilité du prix des devis.

L’activité économique régionale semble plus résiliente. La qualité du travail, les compétences et savoir-faire particuliers à la région, la spécificité de certains secteurs notamment industriels, sont des atouts qui devraient permettre de passer la période actuelle de stagnation et autoriser un certain optimisme pour l’avenir économique de la région.

Yves Quemeneur