Économie. 28 700 emplois dans la filière automobile en Bourgogne-Franche-Comté

L’économie régionale est plus dépendante de l’automobile que partout ailleurs en France. Une situation qui impose aux entreprises de la filière une recherche plus importante de diversification, comme en atteste l'INSEE dans sa nouvelle étude.

59
Près de 29 000 emplois sont dédiés à l'automobile en Bourgogne Franche-Comté dont 50% dans le seul département du Doubs ©DR

429 établissements de 362 entreprises dédiées à la filière automobile

Les trois quarts des emplois des établissements de la filière participent à la conception, la fabrication, la transformation ou le recyclage des véhicules routiers. Selon l’INSEE, 28 700 salariés travaillent effectivement pour la filière sur les 38 100 salariés des 429 établissements, une proportion de 75%, supérieure de 5 points que la moyenne nationale.

2,9% de l’emploi régional

Les emplois dédiés à l’automobile dans la région (2,9%) est la part la plus élevée de toutes les régions françaises (moyenne nationale de 1,2%). Plus significatives, les activités de la filière automobile génèrent 2,5 milliards d’euros de richesse, soit 3% de la richesse régionale contre 1,1% en France. Un poids nettement supérieur à celui de la filière viti-vinicole, autre activité emblématique de la région qui n’emploie que 1,8% des salariés.

Un réseau d’équipementiers majoritairement français

La filière automobile est présente sur l’ensemble de la région. Toutefois, l’activité est particulièrement concentrée dans le Nord Franche-Comté et autour de Besançon. Le département du Doubs regroupe près de la moitié des salariés de la filière (48%) et plus du tiers des établissements (37%). Il génère 55% de la valeur ajoutée.

Cette concentration est le fruit d’une longue histoire automobile autour de Peugeot (désormais intégré au groupe multinational Stellantis). Les établissements dépendant du groupe assurent plus du quart de l’emploi dédié à l’automobile, notamment autour du pôle historique de Sochaux. Dépendant directement de ces grands constructeurs, la filière régionale comporte un réseau important d’équipementiers comme Forvia. Presque tous leurs effectifs sont dédiés à l’automobile. Une particularité, note l’INSEE : les équipementiers sont majoritairement contrôlés par un actionnariat français.

La métallurgie, secteur essentiel pour la filière et la région 

La métallurgie représente 34% des établissements de la filière et 20% des emplois dédiés à l’automobile (contre respectivement 17% et 11% au niveau national). 90% de l’emploi dédié relève d’entreprises régionales (contre 70% au niveau national) souvent de taille modestes. Elles emploient en moyenne 40 salariés, soit deux fois moins que dans l’ensemble des secteurs industriels.

Les activités tertiaires de la filière automobile absentes 

L’ingénierie et les activités commerciales sont moins présentes dans la région et les activités informatiques y sont marginales. L’INSEE souligne que les établissements tertiaires présents en Bourgogne Franche-Comté sont davantage dépendants de la filière, ¾ des effectifs sont dédiés à l’automobile.

Un tiers de donneurs d’ordre et 50% de sous-traitants

La sous-traitance intervient à toutes les étapes de la production : recherche & développement, logistique, fabrication et assemblage de composants. Un tiers des établissements de la filière (régionaux et nationaux) sont des entreprises donneuses d’ordre, une façon d’externaliser une partie de leurs activités. La sous-traitance est fortement développée dans la région auprès des entreprises de fabrication automobile. Elle est chiffrée à 71% contre 49% pour la moyenne des régions françaises.

Se diversifier est un impératif

Les conséquences des crises du commerce mondial, le passage à l’électrique, le développement de l’hydrogène et du numérique incitent les entreprises de la filière automobile dans la région, à diversifier davantage leurs activités, pour ne plus dépendre uniquement de l’automobile. Cette diversification s’oriente notamment dans le secteur de l’énergie et de l’aéronautique. La transformation du marché automobile impacte fortement les entreprises de métallurgie de la région. Un quart des entreprises de la filière fait évoluer son activité vers la conception et/ou la production de véhicules électriques, hybrides ou à hydrogène. Mais ce marché est encore en phase de développement (17% des ventes de voitures neuves en France en 2023) fait face à une concurrence féroce des productions chinoises.

Yves Quemeneur