« On a des classes conséquentes avec des élèves aux niveaux très différents. Les enseignants ont peu d’outils pour faire progresser tout le monde en même temps. On a aussi des élèves DYS avec des besoins différents. Alors on s’est demandé comment répondre à cette différenciation pédagogique », témoigne Céline Faivre, responsable des formations en apprentissage et continue au lycée Saint-Bénigne. Pour y répondre, elle travaille depuis un an, aux côtés de cinq autres collègues du groupement des établissements catholiques (Saint-Bénigne, Saint-Joseph, Les Augustins), sur une intelligence artificielle éducative, nommée Henry, destinée aux 1600 élèves du groupement. Ses objectifs principaux : apporter du soutien aux élèves, faciliter leur apprentissage et accompagner les enseignants.
Concrètement, l’enseignant fournit le contenu et l’IA génère des exercices et bilans de compétences. Henry est ensuite capable de fournir un plan de progression détaillée pour chaque élève. L’IA s’adapte en temps réel. Si un exercice est trop facile pour un élève, Henry lui propose quelque chose d’un peu plus compliqué, mais s’il commet une erreur, Henry va le rediriger vers la partie du cours qu’il a besoin de revoir. « Henry apprendra à connaître les élèves pour les faire progresser », souligne Céline Faivre.
Une volonté de généraliser Henry à la rentrée 2027
Dès janvier 2027, l’objectif est de proposer aux enseignants du groupement des établissements catholiques volontaires de tester l’IA. À terme, l’équipe souhaite généraliser son utilisation à la rentrée 2027, aux 1600 élèves. Mais pour le déployer à une telle échelle, il est nécessaire de disposer de serveurs puissants et avec une mémoire conséquente, « car tout restera en interne, pour des questions de RGPD et de cybersécurité. On a des données sensibles. Aujourd’hui, quand on utilise certaines IA, les données partent sur la toile entière », relève Céline Faivre.
Pour l’heure, Henry sature à 150 requêtes réalisées au même moment. Pour se doter du matériel nécessaire, la responsable des formations s’est mise en quête de financements et a répondu à un appel à projets porté par la fondation Afnic qui dispose d’une belle enveloppe pour financer des projets portés sur le numérique. Ils ont été sélectionnés pour le second tour et ont défendu leur IA le 6 juillet dernier. La réponse leur sera rendue fin septembre / début octobre afin de savoir s’ils bénéficient d’une subvention de 100 000€ qu’ils ont demandée. Un montant qui permettrait à Henry de se développer mais aussi pour « valoriser les équipes qui s’investissent corps et âme sur leur temps libre ». Si leur IA est un succès, d’autres établissements scolaires pourraient être intéressés. Pour cela, ils souhaitent rester en open source pour permettre de la reproduire. « Notre but n’est pas de la vendre ».





























