Le maillage artisanal progresse dans les huit départements de la région
Sur un total de 1 521 000 entreprises artisanales en France recensées en 2024, 59 000 étaient établies en Bourgogne Franche-Comté, en progression de 21% entre 2019 et 2024, alors que la population a légèrement reculé sur la même période.
Selon le baromètre ISM/MAAF, la dynamique est particulièrement soutenue dans les communes rurales et les villes moyennes (+22%) et dans les grandes villes (+20%). Les petites villes affichent une progression moins marquée de 18%.
L’artisanat : 31% des entreprises actives dans la région
Le baromètre ISM/MAAF note que la région Bourgogne Franche-Comté est la première en France en proportion d’entreprises artisanales. On les trouve dans tous les secteurs d’activité : 18% dans l’artisanat de fabrication, 7% dans l’alimentation, 35% dans les services et 40% dans le BTP.
La part des communes desservies par les services essentiels de l’artisanat (bâtiment, réparation automobile, coiffure, alimentation…) est globalement en hausse malgré un léger recul dans l’alimentation et certains services. Les activités artisanales contribuent fortement à la vitalité économique locale et au maintien de l’emploi de proximité dans les territoires. Toutefois, elles ne peuvent progresser qu’avec un tissu industriel dynamique, garantissant la croissance économique et démographique de ces territoires.
Un maillage artisanal plutôt homogène dans la région
C’est dans le Jura que l’on compte la plus forte densité d’entreprises artisanales (24 entreprises pour 1 000 habitants). La Haute-Saône, la Saône-et-Loire et l’Yonne comptent 22 artisans pour 1 000 habitants, suivis par la Côte d’Or et la Nièvre (21/1 000) et le Doubs (19/1 000).
Entre 2019 et 2023, le nombre d’entreprises artisanales a progressé dans l’ensemble des départements, notamment en Côte d’Or (+23%) et dans le Doubs (+22%). La Saône-et-Loire et le Jura enregistrent des progressions de l’ordre de 20%, légèrement inférieures à la Haute-Saône, l’Yonne ou le Territoire de Belfort (21 – 22%). Fait remarquable souligné par le baromètre, la croissance des entreprises artisanales bénéficie également aux départements où la population est en recul.
Tous les secteurs de l’artisanat de proximité en progression
C’est bien entendu les services du quotidien comme les travaux de la maison (plomberie, menuiserie, électricité, maçonnerie…), la réparation automobile, la boulangerie et la coiffure. Les métiers liés au bâtiment sont les plus répandus dans la région (43% des communes en sont pourvus contre 40% en 2019). La réparation automobile passe de 37% à 43% des communes équipées. On constate la plus forte progression chez les instituts de beauté et ongleries qui progressent de 10 points (de 18% à 28% des communes en sont pourvues).
Le nombre de communes disposant d’une boulangerie-pâtisserie demeure stable (25%) et la boucherie-charcuterie marque un léger recul avec 11% des communes couvertes (en baisse de 1 point par rapport à 2019).
11% des emplois salariés dans la région
L’emploi artisanal se développe plus lentement qu’au niveau national, un poids relativement proche dans les départements (de 9% en Côte d’Or à 14% dans le Jura). L’artisanat emploie 74 750 salariés dans les TPE de moins de 20 salariés au 31 décembre 2024), une progression de 1% inférieure à la moyenne nationale (+5%).
Consolider le tissu des TPE artisanales est un enjeu pour les territoires
Selon Catherine ELIE, Directrice des Études à l’Institut Supérieur des Métiers, « La géographie de l’artisanat bat en brèche bien des idées reçues. Le nombre d’artisans progresse partout, y compris dans des départements qui perdent des habitants, où l’artisanat joue un rôle d’amortisseur économique et de maintien des services à la population. Pour autant, tous les signaux ne sont pas au vert. Le maillage des métiers de bouche s’étiole avec les boucheries-charcuteries qui reculent légèrement sur la période, tandis que les boulangeries-pâtisseries se maintiennent. Derrière la vitalité entrepreneuriale, c’est donc la question de la consolidation de ce tissu de très petites entreprises dans les territoires qui se pose ».
En matière de dynamique économique, c’est le maintien et le développement des entreprises industrielles, leurs capacités à investir et à embaucher qui sont les moteurs de la croissance pour les TPE de l’artisanat de proximité. De ce point de vue, les indicateurs du baromètre ISM/MAAF semblent plutôt favorables en Bourgogne Franche-Comté.
Yves Quemeneur
Méthodologie de l’étude. Le baromètre ISM/MAAF est publié 4 fois par an met en avant les grandes tendances d’évolution de l’artisanat, à la fois dans ses composantes économiques et sociales. Les données sont issues du traitement et de l’exploitation par l’ISM, de fichiers de données nationaux de l’INSEE et de l’URSSAF.
La MAAF est un des premiers assureurs généralistes en France. Il compte 3,8 millions de clients et sociétaires dont 860 000 clients professionnels. De son côté, l’ISM est un centre de ressources sur l’artisanat et la petite entreprise. Elle assure une activité d’observation statistique, de veille et d’études sur les TPE.






























