Besançon. Le projet de résidence autonomie pour séniors dans le quartier de la Grette-Brulard abandonné

La nouvelle municipalité a annoncé durant le conseil municipal du 15 octobre dernier l'abandon du projet de résidence autonomie pour seniors dans le quartier Grette-Brulard. Une décision qui a ravivé le débat sur l’anticipation du vieillissement de la population et l’accès au logement des personnes âgées sur le territoire bisontin.

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Quartier Grette-Brulard, lieu initialement prévu pour la construction du projet de résidence autonomie, finalement abandonné c PG

Le débat s’est invité dans les discussions du conseil municipal du 15 octobre dernier, lors de la présentation par Pascal Orlandi (adjoint en charge des infrastructures) du compte rendu annuel à la collectivité (CRAC) concernant le quartier Grette-Brulard à Besançon. Lancée sous l’ancienne majorité, la concession d’aménagement prévoyait notamment la construction de 600 logements sociaux, ainsi que celle d’une résidence autonomie destinée aux seniors.

Si le devenir des logements reste à préciser, Ludovic Fagaut a confirmé l’abandon du projet de résidence autonomie. En cause notamment, le coût de la structure : « Pour la résidence autonomie, cela coûterait entre 24 et 30 millions d’euros. Mais le CCAS ne peut pas le porter. Donc la résidence autonomie n’est plus d’actualité », a répondu Ludovic Fagaut aux interrogations de l’opposition. Mais au-delà du devenir du quartier, une question centrale s’est imposée : quelle stratégie adopter pour anticiper le vieillissement de la population et permettre aux seniors de plus en plus nombreux, notamment ceux en perte d’autonomie, de se loger dans de bonnes conditions sur le territoire bisontin ?

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Une offre qui ne correspond plus aux besoins ?

Pour justifier sa décision d’abandonner le projet, Ludovic Fagaut a mis en avant le taux de remplissage insuffisant des structures déjà existantes sur le territoire bisontin. Selon l’équipe municipale, l’évolution des parcours de vie et de la prise en charge de la dépendance impose de repenser les solutions d’hébergement proposées aux personnes âgées. « La Ville de Besançon ne peut pas échapper au vieillissement de la population. Les personnes rentrent de plus en plus tard à l’EHPAD, avec une médicalisation forte. Il faut regarder au plus près des besoins. Aujourd’hui, la résidence autonomie ne correspond plus au besoin », a défendu le maire. Clément Darcq (adjoint aux affaires sociales et au CCAS) a lui aussi abondé en ce sens : « Les résidences autonomie existent déjà en nombre dans le privé. C’est un habitat collectif et tout le monde n’est pas fait pour vivre en collectivité », a-t-il justifié.

Une position que ne partage pas Sylvie Wanlin, ancienne adjointe qui a suivi de près le projet et qui déplore l’abandon de la construction de la résidence autonomie : « La résidence autonomie, c’est un autre chez-soi. Ça coûte cher, oui, mais notre territoire doit se préparer à la transition démographique qui arrive. Il n’y a pas d’argent pour les aides à domicile, on ne construit rien. Il y a une totale absence de responsabilité. La question est douloureuse mais on se doit, pour notre territoire, d’avoir cette résidence autonomie ».

Le logement senior, un enjeu majeur pour les prochaines années

Mais au-delà des oppositions d’idées politiques, la question concerne plus largement la capacité de la collectivité à garantir une offre publique de logements pour seniors accessible et de qualité. Aline Chassagne, élue de l’opposition, a d’ailleurs alerté : « Il faut une offre publique et c’est maintenant qu’il faut agir. Il faudrait 96 % de lits supplémentaires pour 2050 et le privé s’en est déjà saisi », a-t-elle avancé. Un chiffre qui souligne l’ampleur des besoins à venir et la nécessité, pour l’opposition municipale, de ne pas laisser le secteur privé occuper seul le terrain de l’hébergement des personnes âgées. Martin Mellion, élu LFI, a, quant à lui, évoqué le problème de la sous-occupation des logements par les seniors sur le territoire de Grand Besançon Métropole. « Aujourd’hui, 90 % des seniors sur le Grand Besançon vivent en sous-occupation, c’est-à-dire que leur logement est trop grand pour eux », a-t-il avancé avant de poursuivre : « Il va falloir donner cette envie aux seniors de libérer l’espace et c’est une question qui est intéressante et sur laquelle la ville a un levier ». Ce vaste débat supposerait de réfléchir aux conditions qui permettraient aux personnes âgées de déménager vers des logements plus petits, mieux adaptés et plus faciles à entretenir, sans renoncer à leur cadre de vie.

L’« Arena » à la place de la résidence autonomie ?

L’avenir du projet de réhabilitation du quartier Grette-Brulard soulève une autre interrogation : le site initialement envisagé pour accueillir la résidence autonomie pourrait-il finalement être retenu pour construire la future Arena de Besançon, l’un des projets phares de la campagne de Ludovic Fagaut ? Durant la campagne électorale, plusieurs déclarations du candidat avaient évoqué la possibilité d’implanter cette nouvelle salle événementielle sur le secteur. Depuis son accession à la mairie, le projet reste toutefois entouré d’incertitudes, malgré les relances répétées de l’opposition. « Il nous manque une infrastructure digne de ce nom pour accueillir de l’événementiel culturel, sportif. Pendant la campagne, j’avais dit que potentiellement, sur le secteur de Grette, l’Arena pourrait venir s’installer. Je n’ai éludé aucun autre espace. On travaille sur le sujet. Est-ce que ça sera ici ? Peut-être que oui, peut-être que non », a déclaré le maire. Sylvie Wanlin a fustigé les priorités politiques affichées de la nouvelle municipalité : « L’Arena et la résidence autonomie, ce n’est pas la même chose. C’est un choix politique », a-t-elle souligné.