Économie. Conjoncture régionale en septembre 2026 : les entreprises face aux incertitudes

Dans sa dernière note de conjoncture du 15 octobre, la Banque de France note une remontée très nette de l’incertitude des chefs d’entreprise en septembre 2026.

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Les préoccupations des dirigeants d’entreprises portent notamment sur le prix des carburants et, plus largement, sur le contexte économique général et le pouvoir d’achat. L’enquête menée du 27 septembre au 5 octobre auprès de 8 500 entreprises et établissements de la grande région ne tient donc pas compte de la crise sociale et politique actuelle ainsi que des récentes manifestations qui devraient affecter la croissance du quatrième trimestre 2026, déjà estimée à un petit 0,1 % au troisième trimestre selon les analystes de la Banque de France.

Tendance régionale au mois de septembre

Industrie

L’activité industrielle progresse conformément aux anticipations. Les prises de commandes augmentent, notamment à l’export. Pour autant, les carnets de commandes sont insuffisamment garnis. Les entreprises anticipent une stabilisation de la production au mois d’octobre.

Industrie agroalimentaire

Globalement, la production agroalimentaire se stabilise après cinq mois de repli liés aux difficultés de la filière laitière et des céréales. La demande est insuffisante et le prix des matières premières est en forte hausse du fait des épisodes de forte chaleur et du contexte géopolitique. Dans la filière viande, la production recule. Elle est inférieure au niveau constaté l’an passé. Sans reprise de la consommation de viande, les carnets de commandes restent très dégradés. De fait, les stocks de produits finis sont excessifs. La profession attend toutefois un redressement de l’activité.

La filière laitière, quant à elle, reste bien orientée. La production est stabilisée et les carnets de commandes en hausse. La profession note une légère revalorisation des prix. La filière continue à recruter et les trésoreries s’améliorent.

Équipements électriques et électroniques

L’activité est en légère baisse, mais les commandes s’améliorent sur le marché intérieur et à l’export. Comme dans la plupart des secteurs, le prix des matières premières est en forte hausse, répercutée seulement partiellement sur le prix des produits finis. Dans ce contexte, les stocks demeurent élevés. Malgré des trésoreries en dessous des attentes, le secteur anticipe de nouveaux recrutements.

Services marchands

L’activité des services marchands est en léger retrait, avec des évolutions contrastées selon les métiers. Les services aux entreprises ont progressé en septembre à la faveur de la rentrée. Les services aux particuliers marquent le pas. Les dirigeants estiment une stabilité de l’activité en octobre. Les effectifs évoluent peu et on note des difficultés de recrutement dans certains secteurs. Plus alarmant, les trésoreries demeurent dégradées.

Hébergement et restauration

L’activité recule légèrement en raison du repli de la restauration. L’hôtellerie est plus résistante grâce à la clientèle d’affaires et au retour des salons professionnels.

Intérim

La demande en intérim a progressé après les congés d’été, mais reste inférieure aux attentes. Les besoins en intérimaires émanent principalement de l’industrie. Si les tarifs ont été revalorisés, les trésoreries continuent de se détériorer.

Bâtiment

La bonne orientation du second œuvre permet une légère amélioration de l’ensemble du secteur du bâtiment. Mais le gros œuvre continue à souffrir, sans visibilité suffisante et avec des carnets de commandes réduits. Les devis sont revalorisés, mais la concurrence ne permet pas de répercuter l’intégralité de la hausse des coûts. Là aussi, la profession anticipe une stabilité de l’activité en octobre.

Travaux publics

L’activité trimestrielle est en net recul dans un contexte d’atonie de la commande publique. Frédéric Bonnefoy, président régional de la Fédération des Travaux Publics (FRTP), s’en était ouvertement inquiété lors du récent Carrefour des collectivités à Besançon le 8 octobre. Dans un marché où la concurrence demeure vive, les prix sont orientés à la baisse. Prudents, les entrepreneurs des travaux publics anticipent un quatrième trimestre plutôt favorable.

La situation des entreprises en septembre 2026 demeure plutôt bien orientée. Mais le contexte économique national, la hausse des taux de crédit, l’absence de budget et le coût de la dette n’incitent pas les entrepreneurs à l’optimisme.

Yves Quemeneur