Besançon : au conseil municipal, à chaque sujet, sa joute oratoire

Le conseil municipal du lundi 7 novembre à une nouvelle fois donné lieu à plusieurs échanges tendus entre la majorité et les oppositions. Derrière ces multiples clashs, des décisions importantes ont été prononcées.  

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François Bousso, conseiller municipal délégué à la Citadelle, explique pourquoi l'éclairage de la Citadelle pose de nombreux problèmes ©YQ

En ouverture de la séance, Anne Vignot a demandé une minute de silence en hommage à deux figures bisontines récemment disparues : Charles Piaget, figure emblématique des luttes sociales de Lip (voir article pages locales) et Jean-Christophe Pollien, un photographe de grand talent qui a su traduire en images le talent des célébrités comme des anonymes.

Le fond et la forme de la précarité alimentaire

À l’ordre du jour du conseil, une aide à l’investissement pour la construction d’un nouveau bâtiment à destination de la Banque Alimentaire du Doubs. Sylvie Wanlin, vice-présidente du CCAS a souligné l’augmentation de 22% des demandeurs (600 000 passages/an dans le département). « Nous avons fait un observatoire de la pauvreté à Besançon », comment l’intéressée. Un premier sujet qui d’emblée, a lancé une soirée particulièrement houleuse. Le chef de l’opposition Ludovic Fagaut s’est empressée de suggérer à la majorité d’imiter le département du Doubs : « […] au lieu de faire des annonces, nous avons agi au département en votant une subvention d’urgence à la Banque Alimentaire ». Anne Vignot a rétorqué qu’il valait mieux agir en commun ! Une passe d’armes que l’on a l’habitude de voir entre les deux camps depuis 2020.

« Nous avons été élus largement »

L’écologie a lancé le second round. Anthony Poulin a présenté un rapport de la Cour des Comptes régionale  » […] saluant le travail de sobriété énergétique de la municipalité ». Cet audit flash des magistrats de la Cour des Comptes a permis à la maire de Besançon de rappeler la longue histoire écologiste de la Ville. « Ce n’est pas un hasard si nous avons été élus largement ». Une technique de communication qui ferait presque oublier les 566 voix d’écart entre Besançon par nature (EELV)  et Besançon Maintenant (LR). Qui dit sobriété énergétique, dit forcément « éclairage de la Citadelle » ! Un sujet mensuel pour Ludovic Fagaut, qui est revenu sur le manque de visibilité de ce patrimoine exceptionnel, pointant également le sentiment d’insécurité des piétons et cyclistes la nuit, du fait de l’extinction des candélabres. Pour le chef de file de l’opposition,  » […] l’écologie punitive est à géométrie variable. Vous nous faites des leçons de morale sur la protection de la planète mais vous êtes allée à Washington (Ndlr : la maire de Besançon était invitée au Bloomberg CityLab) en avion, pas à la nage. Les moyens de transport s’imposent au-delà du dogmatisme ».

Et pour corroborer leur propos, l’exemple de l’écologie punitive selon les élus de Besançon Maintenant est celui du quartier Grette-Brulard-Polygone. « On verdit avant de construire » tente d’expliquer Aurélien Laroppe, l’adjoint en charge de l’urbanisme. « Il n’y aura plus de voitures dans ce quartier largement desservi par les transports en commun ». Aurélien Laroppe va plus loin dans sa démonstration, expliquant qu’une trame verte descend des Hauts de Velotte pour permettre aux habitants un accès rapide à l’arrêt de tram Brulard. « Difficile pour les personnes âgées ou PMR d’emprunter un escalier raide ou de venir d’autres quartiers pour venir à la pharmacie ou chez les professionnels de santé de l’immeuble Coligny. Il n’y a pas de places de stationnement ».

Après de longs rapports soporifiques, la confrontation entre majorité et oppositions prendre une toute autre tournure et le conseil municipal se terminera sans Ludovic Fagaut ni Laurent Croizier. (voir article « Besançon. Tags antisémites : quand les élus préfèrent le clash à l’union)

Y.Q