Besançon honore « Les animaux de guerre, ces héros oubliés »

Une belle initiative unique en France de la Mairie de Besançon. A l’occasion du 11 novembre, elle a organisé à la maison de la Grette du 7 au 19 novembre une exposition sur les "animaux, héros oubliés des guerres".

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L'exposition "les animaux, héros oubliés des guerres", a été inauguré le 7 novembre par Frédérique Baehr, Adjointe chargée du projet coeur de ville, Oriane Vatin Historienne des animaux de la grande guerre, Anne Vignot Maire de Besançon, Marie-Thérèse Michel conseillère déléguée à la condition animale et Fabienne Brauschli, conseillère déléguée à la biodiversité ©YQ
Les animaux ont eu un rôle important pendant la grande guerre

11 millions de chevaux et d’ânes, 100 000 chiens, 200 000 pigeons, ils ont partagé leur infortune avec les combattants des deux bords tout en étant relégués dans l’oubli.

Réquisitionnés comme les hommes, les chiens étaient aussi des « soldats » soumis aux mêmes atrocités – photo exposition « les animaux héros des guerres »

Héros de l’ombre, les chiens-sanitaires ont sauvé de nombreuses vies, retrouvé les blessés au fond des trous d’obus. Chiens-mitrailleurs, ils ont traîné les armes dans la boue. Chiens-messagers, ils passaient partout, livrant les secrets des Etats-majors.

Héros de l’ombre aussi, les chevaux ont payé un lourd tribut pendant la grande guerre. Ils étaient chevaux de trait, de selle ou pur-sang, voire des mustangs sauvages importés des Etats-Unis à participer au transport des troupes et de l’armement.

Héros de l’ombre enfin, les pigeons ont contribué à l’issue victorieuse en transmettant les messages quand le télégraphe ne fonctionnait plus.

14 millions de ces « compagnons de guerre » ont trouvé la mort pendant la grande guerre dont 1 million en France.

La légende d’Hannibal

Les animaux étaient déjà les supplétifs de l’armée dans l’Antiquité. Lors de la 2ème guerre punique,  Hannibal fit traverser les Pyrénées et les Alpes à plus de 27 éléphants d’Afrique, 12 000 cavaliers et 90 000 fantassins. Au cours de ce second siècle avant notre ère, l’Europe connaissait un fort réchauffement climatique. Le réchauffement de « l’optimum des Romains » a probablement permis à Hannibal de franchir les Alpes avec ses cavaliers et ses éléphants, les cols étant libres de glace à l’époque…comme un air d’actualité !

Une exposition aux objectifs larges

Marie-Thérèse Michel, conseillère municipale à la condition animale et l’historienne Orianne Vatin ont abordé plusieurs thématiques : les animaux dans les alertes aériennes, la réquisition des animaux, quelques portraits de chiens bisontins héros de guerre. L’exposition présente également le colombier militaire de Besançon. La tour bastionnée de Bregille a été démilitarisée en 1920. Elle accueille aujourd’hui « Le Bastion » haut lieu des musiques actuelles.

« Le rapport à l’animal est aussi un rapport à l’Homme » soulignait Anne Vignot en inaugurant l’exposition. « Il doit nous interroger sur notre relation à l’animal alors que nous vivons la 6ème extinction des espèces ».

L’exposition, unique en France, mériterait d’être présentée plus longuement, voire de façon pérenne…pourquoi pas à la Citadelle, imagine Marie-Thérèse Michel.

Yves Quemeneur