Yves Cellier, chef de la police départementale, fait le point sur Besançon

En préambule à la séance du conseil municipal, la Maire de Besançon avait convié Yves Cellier, Directeur Interdépartemental de la Police Nationale, à exposer aux élus  les chiffres de l’insécurité et de la délinquance à Besançon.

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Yves Cellier Directeur Interdépartemental de la Police Nationale et Anne Vignot Maire de Besançon ©YQ
Une réforme de la Police Nationale difficile

Avant de rentrer dans les statistiques, le Directeur interdépartemental a resitué les missions de la Police Nationale dans la réorganisation territoriale.

Il a rappelé en particulier la réforme de la Police Nationale et le regroupement des services sous une seule autorité départementale. Yves Cellier a désormais la main sur les services de Police Judiciaire (PJ), sur les agents de la sécurité publique, les Forces de maintien de l’ordre et la Police aux frontières (PAF).

Le département du Doubs compte à ce jour 1 100 policiers dont 400 sur le territoire de Besançon.

Une tendance à la diminution de la délinquance à Besançon

La Police Nationale constate à Besançon un recul de la délinquance depuis 9 ans (3 380 atteintes aux biens en 2023). A l’inverse, la Police Nationale enregistre plutôt une augmentation des atteintes à l’intégrité physique. Selon Yves Cellier, cette augmentation est liée en partie à un plus grand nombre de victimes se faisant connaître.

Sans stigmatiser le quartier de Planoise, le patron de la Police dans le Doubs note « une ville plutôt apaisée ». Par ailleurs, les actions de la Police sur le terrain ont tendance à révéler des infractions comme le recel de vols, l’usage ou la vente de stupéfiants et les violences routières. Yves Cellier, parfait dans son devoir de réserve tout en étant clair sur les missions de la Police. « Le médecin tient le thermomètre, il n’est pas responsable de la maladie ». En prenant cette image, Yves Cellier met ainsi l’accent sur la responsabilité politique des élus nationaux en matière de sécurité et de lutte contre les trafics.

Des échanges avec les élus où apparaissent les divergences politiques

Ludovic Fagaut (Besançon Maintenant) a insisté sur 3 points : le développement de la vidéo-protection, l’armement de la Police Municipale et le retour des patrouilles associant PM et PN. Sur le premier point, Yves Cellier est parfaitement clair « la vidéo est un outil indispensable pour la Police. Elle ne permet pas de réduire la délinquance mais elle assure une meilleure élucidation des affaires. Je ne serai jamais opposé à son développement ».

S’agissant de l’armement des Policiers Municipaux, Yves Cellier rappelle l’importance de la formation, les contraintes liées au port d’une arme létale « l’ordre public, c’est la police nationale, la police de proximité c’est la police municipale », une façon de botter en touche face à un problème plus politique que de sécurité publique.

Sur la création ou le redéveloppement de patrouilles mixtes, associant 2 policiers nationaux et 2 policiers municipaux, le directeur interdépartemental de la PN « préfère deux patrouilles de deux agents à une seule patrouille de 4 » ! À la crainte de voir Besançon vidée de ses policiers pendant la période des Jeux Olympiques, Yves Cellier a rassuré les élus : « quelle que soit la situation, nous avons une mission à assurer, nous l’assurerons ».

Trafic de stupéfiants et refus d’obtempérer

« Bien entendu nous constatons de plus en plus de refus d’obtempérer. Notre rôle est de préserver l’intégrité physique des habitants, de protéger la vie des délinquants et celle des policiers. Ce n’est pas une tâche aisée. J’ai donné consigne aux policiers de ne pas risquer leur vie ou celle des délinquants dans des poursuites inconsidérées ».

S’agissant du trafic de stupéfiants et de certains projets politiques à légaliser le cannabis, Laurent Croizier (Renaissance-Modem) s’est insurgé contre la Maire de Besançon « il n’existe pas de drogue récréative ». L’occasion de conclure pour Yves Cellier « mon expérience de terrain confirme que tous les consommateurs d’héroïne ont commencé par le cannabis ». Pourvu qu’il soit entendu !

Cette intervention d’Yves Cellier était un moment de concorde, chacun reconnaissant le rôle républicain de la Police Nationale pour assurer la sécurité publique.

Yves Quemeneur