Besançon : Vers des résidences autonomie adaptées aux nouveaux besoins des seniors

Le CCAS de Besançon gère 5 résidences autonomie à Besançon représentant 334 logements. A l’horizon 2040, la population de Besançon comptera 17000 personnes de plus 75 ans. Comment faire face à ce pic de vieillissement ?

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Anne Vignot Maire de Besançon et Sylvie Wanlin vice-présidente du CCAS ont présenté le 2 mars 2023, ce qui sera probablement une nouvelle résidence autonomie sur le futur site urbain Grette-Brulard-Polygone ©YQ
Des besoins qui évoluent

Prioritairement, les résidences autonomie du CCAS ont vocation à accueillir des personnes âgées autonomes aux revenus modestes. Pour autant, ces résidences doivent participer aussi à la mixité sociale et intergénérationnelle.

« Nous devons penser la vie des seniors autrement » a résumé Anne Vignot, présentant les objectifs de la Ville en matière de modernisation des logements du CCAS au service des personnes âgées. Cette présentation faisait écho à la polémique née autour de la fermeture de la résidence Henri Huot située dans le quartier de Saint Claude.

Cette résidence, construite en 1961, est l’une des plus anciennes de France. Avec des appartements de 17 m², elle ne correspond plus aux besoins des seniors issu du baby-boom.

Les personnes âgées vivent plus longtemps et veulent rester « connectées » à la vie et à la ville. Les familles sont souvent éclatées géographiquement. Par exemple, les équipements wifi ne sont donc plus une option mais un impératif. Ce qui était possible il y a 60 ans en matière de surface n’est pas accepté aujourd’hui.

Malgré des rénovations d’appartements et l’entrée de jeunes et d’étudiants pour répondre à la mixité intergénérationnelle, la résidence Huot n’attire plus et le taux d’occupation des logements est tombé à 65% (seuls 29 logements sont occupés), phénomène amplifié lors de la crise sanitaire avec moins d’emménagements et une progression des départs (décès ou entrées en Ehpad).

Vers une offre multiple à destination des seniors

Résidences autonomie, résidences services, maisons de retraite, Ehpad ou maintien à domicile, la palette des logements est large. Les résidences autonomie, ce sont avant tout des logements pour des personnes valides dans un environnement non médicalisé mais offrant des animations, des lieux de vie en commun, une présence humaine H24 en toute sécurité. Elles ont vocation à accueillir les retraités les plus modestes.

« Vieillir bien ensemble, c’est bénéficier des principaux services et commerces dans un rayon de 300 mètres ou avec un accès facilité aux transports en commun » a souligné Sylvie Wanlin, vice-présidente du CCAS de Besançon.

Une nouvelle résidence à l’horizon 2026-2027

Deux résidences autonomie gérées par le CCAS vont fermer. Il s’agit de la résidence Henri Huot dont le taux d’occupation baisse régulièrement. Cette résidence sera fermée d’ici la fin de l’année 2023. Toutes les personnes encore hébergées font l’objet d’un traitement personnalisé pour leur proposer une affectation dans une autre résidence répondant à leurs besoins « retrouver un autre chez-soi ! »

Une construction, répondant aux nouveaux besoins des locataires, s’intégrera dans le projet urbain Grette-Brulard-Polygone. La nouvelle résidence est prévue pour 80 à 120 logements d’une dimension moyenne de 27 m² : des appartements plus vastes, des équipements répondant aux nouveaux besoins d’une population vieillissante mais active aussi, une intégration dans un nouveau quartier familial et résolument tourné vers la nature et un accès facile au centre-ville à deux stations de tram.

Le CCAS a également acté la fermeture de la résidence « Marulaz » quand le nouvel équipement sera opérationnel. Anne Vignot l’a confirmé « Il n’y aura aucune suppression de postes. Tous les agents seront redéployés dans les autres résidences du CCAS ». Si le caractère financier n’est pas la priorité du CCAS, il doit toutefois veiller à un relatif équilibre des comptes. En 2017, le budget annexe « résidences autonomie » était déficitaire de 100K€. En 2023, il le sera de plus d’un million d’euros. Il était indispensable de trouver des solutions pour pérenniser cette mission de solidarité en direction des personnes âgées.

Les villes doivent s’adapter au vieillissement de la population. Au plan national, les personnes de plus de 85 ans vont passer de 2 à 5 millions d’ici 2030 : logements, mobilités, vie sociale doivent donc s’adapter pour que les personnes âgées ne soient pas isolées.

Yves Quemeneur