Grand Besançon : l’OCDE guide les orientations du conseil communautaire

Schéma cyclable pour moins de voitures, plus de croissance économique, moins de zones d’activités et le long serpent de la RN 57 étaient au cœur des débats de l’assemblée communautaire du jeudi 9 novembre 2023.

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photo d'illustration ©YQ

Claire Charbit, Chef de l’Unité Dialogue Territorial et Migration à l’OCDE, était l’invitée vedette de la séance. L’organisme qui regroupe 37 pays sur les 5 continents s’interroge sur les évolutions régionales dans le cadre de la mondialisation. Comment les inciter à repenser leur insertion internationale ainsi que leur attractivité. Si l’experte de l’OCDE (en visioconférence avec Besançon) a dressé un portrait macroéconomique des régions, son propos manquait d’analyse sur la situation microéconomique de la Franche-Comté. Pourtant, on retiendra trois éléments qui concourent à l’attractivité de notre territoire.

Former et attirer des talents : les entreprises internationales choisissent les territoires en fonction des talents qu’elles peuvent y trouver ou des écoles et universités de grande valeur pour les retenir. De ce point de vue, le territoire bisontin peut s’appuyer sur une solide base étudiante.

Les mobilités : pour Claire Charbit, les régions doivent s’ouvrir facilement vers l’extérieur. Liaisons aériennes, routières sont indispensables à l’attractivité d’une région. De ce point de vue, l’amélioration routière de la RN 57 reste encore un vœu pieux, comme l’absence d’une plateforme aéroportuaire.

Le foncier : on ne peut pas attirer des investisseurs sans leur offrir les surfaces nécessaires à leur implantation, souligne Claire Charbit. L’offre foncière est essentielle au développement économique et social d’une région. À Besançon comment les adeptes du champêtre au détriment de l’industrie perçoivent cet argument ? Ces trois impératifs présentés par l’experte de l’OCDE sont parfois mis à mal dans les décisions politiques de l’agglomération de Besançon. Ces sujets ont d’ailleurs fait l’objet de débats parfois houleux lors du conseil communautaire du 9 novembre.

La RN 57 s’invite à chaque conseil

Malgré un vote largement majoritaire en juin 2021 sur le projet qui devra désengorger la ville centre de l’agglomération (et lui donner plus d’attractivité économique et touristique), chaque vote sur l’avancée des études fait l’objet de frictions de la part des élus écologistes, toujours opposés à un investissement qui fait la part belle à la voiture comme l’a souligné Nathan Sourrisseau. Le jeune conseiller municipal EELV de Besançon « considère que l’aménagement ne résoudra pas les problèmes de circulation à long terme…au contraire » ! En creux, la solution est de réduire le nombre de voitures. Au contraire de Laurent Croizier, conseiller communautaire et député du Doubs « Cet élargissement, c’est moins de pollution ». Marcel Felt, le maire de Miserey-Salines témoigne de l’intérêt sur le secteur nord où les travaux sont…enfin presque terminés.

Un rapport retiré de l’ordre du jour sans concertation

La vice-présidente chargée du projet de territoire Catherine Barthelet, maire de Pelousey, était en colère ce jeudi 9 novembre. « J’apprends à la lecture de l’ordre du jour que le rapport sur la zone d’activités des Champs-Chevaux à Saint-Vit, a été retiré sans que j’en sois informée ». Pourtant le périmètre des zones d’activités a été voté en mai 2022. Prenant prétexte d’un périmètre qui aurait changé, la Présidente de GBM se justifie : « ce sont 3 hectares de terres agricoles qui sont concernées. Nous devons savoir le pourquoi de ces modifications ». La réponse de Pascal Routhier, le Maire de Saint-Vit est cinglante « les parcelles en question étaient intégrées dès l’origine dans le périmètre de la zone ». Erreur technique pour Nicolas Bodin, certains se posent la question de la volonté d’Anne Vignot du développement économique. « Quel élu pourrait prétendre que l’on a pas besoin de développement économique  » a répondu sèchement Anne Vignot. Cette petite polémique renvoie à l’analyse de Claire Charbit de l’OCDE « l’offre foncière est essentielle au développement économique ».

Yves Quemeneur