Besançon. La grande cheminée d’incinération n’existe plus

Les trois lignes d’incinération historiques de Besançon sont désormais déconstruites. Il restait à supprimer la grande cheminée emblématique de 40 mètres. C’est chose faite depuis le 26 octobre 2023.

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Loys Monllor, le directeur général du Sybert devant la grue de 43 mètres qui a "grignoté" l'emblématique cheminée du four d'incinération datant de 1976 ©YQ
Un morceau de l’histoire récente de Besançon

La cheminée blanche du four de 1976 était hors service depuis 2021. Elle assurait l’évacuation des fumées issues de l’incinération des ordures ménagères depuis plus 45 ans. Une pelle mécanique de 43 mètres de haut, l’a grignoté en quelques jours.

L’Unité de Valorisation Énergétique traitait les ordures ménagères depuis 1969, au bénéfice de tous les habitants des communes du Sybert.

Les deux plus anciennes lignes d’incinération (construites en 1971) ont été arrêtées en 2002. Elles ont été remplacées par une unité plus moderne et performante permettant au Sybert de traiter l’ensemble des ordures ménagères résiduelles sur un seul four. La troisième datait de 1976, elle a été fermée en 2021 et ne sera pas remplacée.

On continuera à voir 5 cheminées le long de la rue de Dole

Une seule cheminée reste à l’usage du four d’incinération. Moins haute et plus performante, elle est aussi plus « propre » pour l’environnement.

Les quatre autres cheminées servent aux unités de production du chauffage urbain selon les combustibles utilisés (co-génération, bois, gaz).

Un seul four suffit désormais pour l’incinération des ordures ménagères
Didier Aubry, 6ème vice-président du Sybert en charge des déchetteries, Cyril Devesa Président, Jean-Marc Bousset 1er vice-président du Sybert et Loys Monllor Directeur général du Sybert ©YQ

« Le territoire du Sybert est un des meilleurs de France en matière de réduction des ordures ménagères résiduelles » se félicite Cyril Devesa, le Président du syndicat mixte (qui couvre Grand Besançon Métropole, la CC Loue Lison et la CC du Val Marnaysien). Le tonnage est passé de 204 kg/an/habitant en 2010 à 133 kg/an/habitant en 2022.

« L’objectif est de passer à 121 kg en 2025 et réduire à 100 kg/an/habitant à l’horizon 2031 » a précisé Loys Monllor, le directeur général du Sybert.

Un site entièrement réhabilité

La déconstruction de la cheminée est avant tout symbolique. C’est tout le site de traitement des ordures ménagères qui va se trouver modifié. Espaces verts, modification des voiries, sécurisation, les travaux ne vont pas affecter la circulation de cette zone d’activités où se trouve en particulier le site du réseau Keolis.

Développement des sites de compostage

Réduire la collecte des ordures ménagères, c’est aussi réduire le poids des biodéchets. A compter du 1er janvier 2024, la loi antigaspillage de 2020 généralise le tri des biodéchets. Ce tri concerne entreprises et particuliers. Le Sybert développe des sites de compostage de proximité pour le favoriser.

Est considéré comme biodéchet au titre de l’article L 541-1-1 du Code de l’Environnement « les déchets non dangereux biodégradables de jardin ou de parc, les déchets alimentaires ou de cuisine provenant des ménages, des bureaux, des restaurants, du commerce de gros, des cantines, des traiteurs ou des magasins de vente au détail… »

Le compostage de proximité requiert peu d’infrastructures. Il implique néanmoins de mettre à disposition des usagers du matériel de tri et des moyens humains. A Besançon, le Sybert met ces moyens à disposition…sauf dans le cœur sauvegardé du centre de Besançon. Il semble que l’Architecte des Bâtiments de France « rechigne » à autoriser l’installation de ces composteurs alors qu’il a autorisé les containers pour les cartons, papiers ou la collecte de verres. Comment un service de l’Etat oblige ce qu’un autre service interdit !

Yves Quemeneur