Économie présentielle, une notion peu connue
Elle a été introduite en géographie au début des années 2000. Il s’agit de l’économie de proximité basée sur la production de biens et de services pour les personnes présentes sur un territoire donné, qu’elles soient résidentes ou non. Cela inclut donc les populations temporaires, notamment les touristes.
700 000 emplois de l’économie présentielle en Bourgogne Franche-Comté
On y recense entre autres les soignants, les commerçants, les enseignants, artisans, restaurateurs, cafetiers… Ces activités répondent aux besoins quotidiens des habitants et des touristes. Cette économie de proximité représente deux tiers des emplois de la région, le reste étant consacré à l’économie productive.
Selon l’INSEE, les activités présentielles, peu délocalisables, jouent un rôle stabilisateur pour l’économie des territoires. Dans la région, ces emplois sont principalement localisés dans les zones d’emploi de Dijon et de Besançon, dotées de pôles hospitaliers et commerciaux importants et de centres touristiques et culturels.
Là où l’économie productive a été frappée par la désindustrialisation et la baisse démographique, les activités présentielles déclinent. Autrement dit, un territoire industriel dont les activités sont délocalisées, ne pourra pas s’appuyer sur une économie présentielle, même non délocalisable ! C’est le cas notamment dans le Pays de Montbéliard dans le Doubs ou de Saint Claude dans le Jura.
Le résultat d’un choix économique dominé par les services et le commerce
Ces activités sont essentiellement présentielles. Pour autant, elles ne peuvent exister que grâce à l’activité économique productive.
La santé et l’action sociale, déjà prépondérantes, continuent de gagner des emplois, en lien avec le vieillissement de la population. Ces activités représentent 1 emploi sur 4 dans l’économie présentielle.
Le commerce, pilier de l’économie présentielle, ne représente plus que 14% des emplois de la région. Le secteur est fortement impacté par le développement des ventes en ligne au détriment des commerces traditionnels.
Le secteur de la construction perd également des milliers d’emplois du fait de la baisse du nombre de chantier et la hausse des coûts (énergie, matériaux et crédit notamment).
Des emplois plus féminisés
L’économie présentielle rassemble 58% de femmes (contre 33% dans l’économie dite productive). Le salaire net médian (2 060€/mois) est légèrement en retrait du salaire dans l’économie productive.
La Franche-Comté tire assez bien son épingle du jeu
Au niveau régional, les emplois dans l’économie productive restent stables. L’économie de proximité perd des emplois. Les bassins de vie de Besançon, Dole, Pontarlier et dans une moindre mesure Lons-le-Saunier, y gagnent des emplois grâce à la dynamique démographique (Besançon) et à l’économie frontalière (Pontarlier).
INSEE et Banque de France partagent le même constat
La Banque de France a publié le 16 juin son enquête mensuelle de conjoncture. Basée sur les réponses de plusieurs milliers d’établissements, l’activité économique en mai a été très dégradée dans l’industrie et contractée dans les services marchands et le bâtiment, une conjoncture liée à l’importance des ponts du mois de mai.
Économie productive et présentielle sont intimement liées. Dans les territoires touchés par la désindustrialisation, l’économie de proximité continue de se dégrader. Cette économie du quotidien ne peut perdurer sans dynamique industrielle. Les emplois ne sont pas interchangeables et l’économie n’est pas affaire de vases communicants. L’économie et la richesse des territoires ne pourront progresser qu’avec une économie productive dynamique.































