L’affiche était parfaite en ce jour de gloire. Une demi-finale de Coupe du monde, le jour de notre fête nationale. La victoire ne pouvait qu’être au rendez-vous. Fan-zones, feux d’artifice, Citadelle illuminée de bleu, blanc et rouge… Tous les ingrédients étaient réunis chez les supporters, impatients de célébrer une qualification déjà acquise dans leur tête avant même le coup d’envoi. Et pour cause, jamais ou presque l’équipe de France de football n’avait aussi bien joué lors d’une compétition internationale tout au long de l’ère Deschamps. Des buts en pagaille, des attaques tranchantes portées par des joueurs de classe mondiale et une défense impassible… Un rêve. Alors le réveil fut d’autant plus brutal. Un long supplice, sans révolte. Étrange paradoxe en ce jour de commémoration de la prise de la Bastille. Difficile de dire si les Bleus ont mal joué ou n’ont tout simplement pas joué. Du gâchis. La faute à une immense sélection espagnole, sûre de ses forces et surtout de ses individualités au service d’un collectif et d’une tactique maîtrisée dès le plus jeune âge. Oui, l’équipe de France avait les meilleurs joueurs, comme souvent au cours de cette dernière décennie. Le défenseur espagnol Aymeric Laporte aurait pu remplacer William Saliba s’il n’avait pas choisi de porter les couleurs de la Roja après avoir été recalé chez les Bleus… Recaler les titulaires des autres nations, c’est dire si le vivier français regorge de talents. Mais, comme souvent au cours de cette dernière décennie, s’en remettre uniquement au talent des joueurs ne suffit pas. En 2016, la première finale malheureuse de Didier Deschamps à la tête de l’équipe de France annonçait un avenir radieux pour une nation tout juste remise du traumatisme de Knysna. La victoire en 2018 confirmait le début d’une épopée pour l’équipe de France. Avec le recul, compétition ratée après compétition ratée, cette deuxième Coupe du monde a davantage des allures de parenthèse enchantée aujourd’hui. De nombreux supporters français, amassés dans l’une des fan-zones ou des lieux de retransmission ce mardi 14 juillet, espéraient revivre ces émotions. L’équipe de France reste l’une des meilleures nations au monde, mais peine à aller jusqu’au bout. Malgré leurs déboires sportifs depuis leur victoire à l’Euro en 2012, la sélection espagnole s’est relevée et peut aujourd’hui réaliser un doublé Euro 2024 – Coupe du monde 2026. Une réussite que le monde promettait aux Bleus. Une telle génération ne peut pas se contenter de promesses. Ce mardi soir, les feux d’artifice, encore maintenus malgré le risque lié à la canicule, n’ont pas eu la même saveur. Les mines déconfites, chaque supporter est rentré peu à peu chez lui, loin de la traditionnelle ambiance du 14 juillet. Il faut un symbole fort, une icône, pour relever la tête des joueurs et des millions de Français abattus, et ne pas gâcher une nation pétrie de talents. À Zinedine Zidane de rallumer la flamme.































