La vestibulodynie, une pathologie qui touche une femme sur dix

Le service de dermatologie du CHU de Besançon et particulièrement le Docteur Fabien Pelletier ont été récompensés lors des Journées parisiennes de dermatologie par le prix du jury et celui de la meilleure communication orale. Une démonstration de plus de l’excellence des équipes du CHU de Besançon.

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Le Docteur Fabien Pelletier, dermatologue au CHU de Besançon à l'origine d'un nouveau traitement de la vestibulodynie - photo CHU
La vestibulodynie provoquée, c’est quoi ?

C’est une douleur (dynie) localisée à l’entrée vaginale (vestibule) lors des contacts. Les rapports sexuels deviennent douloureux et retentissent sur la qualité de vie des patientes. La fonction sexuelle peut être fortement altérée.

L’absence de lésions visibles rend cette pathologie difficile à diagnostiquer. Il peut donc s’écouler plusieurs années avant que le bon diagnostic soit posé. Parmi les causes probables de vestibulodynie, les spécialistes identifient les vaginites, la prise d’antibiotiques, le stress ou encore la pilule contraceptive.

Si beaucoup de solutions thérapeutiques existent, peu sont satisfaisantes. Le service de dermatologie du CHU de Besançon travaille depuis plusieurs années pour améliorer le traitement d’une pathologie qui touche une femme sur dix, majoritairement des jeunes femmes.

Le traitement mis au point à Besançon est à base d’injection de toxine botulique dont les tests ont démontré l’efficacité. L’effet paralytique de la toxine botulique sur les fibres musculaires diminue la tonicité musculaire souvent associée aux vestibulodynies.

Recherche clinique Vestibule
Le traitement de la vestibulodynie se fait à partir d’injections de toxine botulique sur les fibres musculaires douloureuses – photo CHU

Les dermatologues, en collaboration avec le service de médecine physique et réadaptation du CHU de Besançon, ont mis au point une technique d’injection avec des aiguilles permettant de cibler précisément le site d’injection par contrôle électro-neuromyographique. L’efficacité a été démontrée auprès d’une soixantaine de patientes du CHU Jean Minjoz et également de l’AP-HP (les hôpitaux parisiens). Trente patientes ont été traitées par des injections de toxine et trente autres ont reçu des injections de sérum physiologique (placebo). Ni le médecin, ni les patientes n’étaient informés du type de produit administré. Le traitement s’est avéré être significativement efficace sur la douleur à 3 puis 6 mois après les injections, interrompant ainsi le cercle vicieux de la douleur.

Cette avancée sur le traitement de douleurs souvent insupportables pour les jeunes femmes et leur difficulté à avoir des rapports sexuels normaux, devrait désormais être intégrée dans la prise en charge globale de la vestibulodynie.

Yves Quemeneur