Région. Le programme Interreg France-Suisse poursuit ses financements

Ce programme de l’Union européenne cofinancé par les Fonds FEDER à hauteur de 67,7 M€ d’une part et de 50 M Francs suisses d’autre part s’inscrit dans une longue tradition de partenariat entre les territoires frontaliers français et suisses. Sept nouveaux projets sont retenus dans l’agenda 2021-2027.

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L'essor de l'économie en Franche-Comté passera par plus de liberté d'entreprendre, de travailler, d'innover des deux côtés de la frontière ©conseil régional BFC
Un espace de coopération des deux côtés de la frontière

La Coopération territoriale européenne (CTE) tend à fixer un cadre pour la politique de cohésion européenne. Il s’agit de renforcer la cohésion économique, sociale et territoriale en réduisant les différences de développement entre les régions européennes.

5 thématiques sont couvertes par le programme

Les initiatives transfrontalières locales qui participent au développement du territoire doivent porter sur la neutralité carbone et la transition écologique, sur la recherche et l’innovation dans le développement des usages numériques, sur les solutions de mobilité durable et de multi modalité, sur la culture et le tourisme durable et enfin sur la réduction des obstacles qui freinent les initiatives à la frontière franco-suisse.

7 nouveaux projets à l’horizon 2027

Les partenaires du programme se sont réunis à Berne le 16 mai dernier et ont sélectionné 7 projets avec un soutien financier de 2,3 millions d’euros des fonds FEDER (fonds européen de développement régional).

Cette réunion était co-présidée par Etienne Klopfenstein, Président du Conseil du Jura bernois et par Valérie Pagnot, conseillère régionale en charge des coopérations transfrontalières. Cette dernière, élue de Bonnétage dans le Doubs, connaît bien les problématiques transfrontalières, elle intervient comme juriste à l’Amicale des Frontaliers.

Un focus sur deux des 7 projets
ELECTRIVERT

Ce projet est porté par l’Université de Bourgogne – Laboratoire ICB (pour la France) et la Haute Ecole d’ingénierie de Sion dans le Valais (pour la Suisse). Il consiste à valoriser l’énergie disponible apportée par la biomasse (biogaz) et promouvoir sa conversion en électricité par des systèmes de pile à combustible à oxyde solide.

Il sera dressé un état des lieux concernant la production, la valorisation et la distribution de biogaz de part et d’autre de la frontière. Le but est de sensibiliser les acteurs de cette filière et multiplier à terme l’installation de piles à combustible permettant de transformer la biomasse en électricité verte et en chaleur utilisée sur place. Les fonds FEDER interviennent dans ce projet à hauteur de 452 000€.

PTIC Coopterrju

Porté par le territoire de coopération Nord Franche-Comté et le Canton du Jura, le plan territorial intégré de coopération a identifié des actions et projets communs en lien avec le domaine des transports et de la mobilité, la formation supérieure, la recherche et l’innovation, l’environnement, la culture et la citoyenneté des jeunes.

La République et le Canton du Jura, le Conseil départemental du Territoire de Belfort et la Communauté d’agglomération du Grand Belfort portent cette candidature. Le montant de l’aide FEDER est de 58 000€ pour développer sur ces thèmes une stratégie de coopération franco-suisse intégrée et durable.

Si le développement des projets économiques est un objectif louable pour un renforcement des liens entre la Suisse et la France, si on peut parler de bonne volonté des acteurs de part et d’autre de la frontière, le « gap » reste trop important sur le plan social (pouvoir d’achat, poids de cotisations sociales, durée du travail…) Il reste aussi trop important dans la politique de transports en commun notamment ferroviaires. Tant que les 47000 travailleurs frontaliers en Bourgogne Franche-Comté (dont 70% résident dans le Doubs) n’auront pas de solutions de transports adaptées aux besoins des entreprises et des salariés, les embouteillages quotidiens au col des Roches, à Jougne ou à la Cluse-et-Mijoux continueront à polluer les paysages du Haut-Doubs et à irriter tous les automobilistes.

Enfin, il est utile de rappeler que les fonds FEDER, dont la région Bourgogne Franche-Comté est gestionnaire, sont issus de la contribution financière des Etats de l’Union Européenne…c’est-à-dire des impôts des particuliers et des entreprises de Franche-Comté.

Le Parlement européen, nouvellement élu ce 9 juin, devra en prendre compte !

Yves Quemeneur

 

+ d’infos – l’ensemble des projets soutenus est consultable sur www.interreg-francesuisse.eu