Pontarlier. Quel avenir pour l’auberge de jeunesse après la liquidation judiciaire ?

L'auberge de jeunesse de Pontarlier est menacée de fermeture, suite à la liquidation judiciaire de la FUAJ le 2 mars dernier. Réunis pour une réunion lundi 20 avril, Bertrand Guinchard, élu d'opposition, Patrick Comte, maire de Pontarlier, et Lysiane Edme-Lanquetin, directrice, ont planché sur les solutions possibles.

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L'auberge de jeunesse de Pontarlier, située rue Marpaud, est menacée de fermeture.

C’était un petit coup de tonnerre dans le milieu du tourisme à bas coût. Le 2 mars dernier, la FUAJ (fédération unie des auberges de jeunesse), premier réseau d’auberges en France, a annoncé sa liquidation judiciaire. Depuis, les 36 sites qu’elle exploite sous la marque Hi ! France sont menacés de fermeture, avec une cessation d’activité prévue en juin. L’auberge de jeunesse de Pontarlier, située rue Marpaud, est concernée. Afin d’anticiper la période d’apparition des offres de reprise, en mai, une réunion avait lieu lundi 20 avril, avec le maire Patrick Comte, à l’initiative de l’élu d’opposition Bertrand Guinchard. « L’objectif était de présenter le sujet au maire, avec la directrice de l’auberge, Lysiane Edme-Lanquetin, une de mes co-listières », précise le conseiller municipal.

Pour le moment, l’avenir de l’auberge pontissalienne reste dans le flou, suspendu aux décisions de potentiels repreneurs. « On n’a pas toutes les informations, l’analyse des offres est en cours. On ne sait pas si, parmi les 36 auberges, celle de Pontarlier sera retenue. Mais il y a un sujet politique sur la table. Est ce que la ville et la communauté de communes voudront à tout prix la sauver ? Est ce qu’on est prêts à aider un repreneur potentiel ? Ou à reprendre en régie directe ? », s’interroge Bertrand Guinchard. Lui serait plutôt partisan d’une reprise en régie directe temporaire, « en attendant de trouver un repreneur local ».

« Il y a une rentabilité possible »

Pour le maire Patrick Comte, c’est une décision qui sera à prendre en temps voulu : « On avisera. La mairie est propriétaire des murs et d’une partie du mobilier, mais tenir une auberge en régie, c’est autre chose que de louer des murs ». Celui-ci se dit assez confiant quant à la reprise : « C’est entre 7 000 et 8 000 nuitées par an, ça doit être rentable ». L’établissement d’hôtellerie-restauration, qui dispose de 80 couchages, n’est plus en capacité de payer les loyers à la mairie depuis 15 mois. Une situation qui inquiète la directrice Lysiane Edme-Lanquetin, qui occupe les lieux. « Je lui ai dit qu’on ne la mettrait pas dehors », assure le maire.

Malgré ces difficultés, Bertrand Guinchard met en avant un potentiel économique rue Marpaud : « L’établissement a des résultats fluctuants d’une année sur l’autre, en sachant que les auberges ont pâti de décisions gouvernementales, notamment en 2024 avec la diminution des aides pour les scolaires, qui se retrouvaient dans les auberges pour faire des découvertes. Il y a une rentabilité possible, avec des capacités de développement, de changement, il faut se donner les moyens », estime-t-il.

L’auberge est notamment liée au tourisme nature et aux randonnées du secteur, en plus d’être utile directement aux Pontissaliens. « C’est un équipement dont on ne peut pas se passer, avec l’utilité pour les clubs sportifs et pour toutes les manifestations », rappelle l’édile. En attendant de connaître l’issue pour l’établissement et ses quatre à cinq salariés, les élus sont déjà mobilisés et unis. « La réunion n’était pas dans un contexte de minorité contre majorité. C’était des élus pontissaliens à la recherche de solutions pour ne pas perdre d’attractivité », conclut Bertrand Guinchard.

N.D.L.R : Lysiane Edme-Lanquetin, directrice de l’auberge, n’a pas souhaité répondre à nos sollicitations.