Un préfet pontissalien à Besançon

A 40 ans, Rémi Bastille prend les rênes de la Préfecture du Doubs. Il va devoir rivaliser avec son prédécesseur qui a laissé plutôt de bons souvenirs dans le département, particulièrement auprès des élus locaux.

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Le Préfet, tout juste arrivé à Besançon, a reçu les cahiers de doléances du monde agricole franc-comtois. Il a du pain sur la planche ©YQ

S’il est né à Pontarlier « c’était la maternité la plus proche », il est originaire du Jura. Il ne connaît donc pas le territoire qu’il va devoir administrer.

L’homme est affable, ouvert à la discussion. Son expérience professionnelle l’a plutôt conduit aux antipodes. En 2020, il a assuré le poste sensible de secrétaire général de la République en Nouvelle-Calédonie après avoir eu en charge les affaires régaliennes et institutionnelles au ministère des Outre-mer. A ces postes, Rémi Bastille a eu l’expérience des discussions âpres dans le dossier des référendums d’autodétermination du territoire ultra-marin.

Un homme de Beauvau

Diplômé de Sciences Po Strasbourg en 2009, il a suivi le cursus de l’ENA dont il est sorti en 2011. Chargé de mission au ministère de l’Intérieur, il a fait quelques incursions en Savoie puis en Corse comme Directeur de cabinet du préfet, avant de revenir Place Beauvau comme chef de cabinet adjoint de Manuel Valls.

Il connaît donc bien les arcanes du pouvoir central. Cela sera utile pour mettre les dossiers du Doubs sur le dessus de la pile des cabinets ministériels.

Un homme de terrain

Rémi Bastille se définit ainsi. Si cela ne semble pas évident au regard de son parcours, il l’a toutefois prouvé dès sa prise de fonction à Besançon. Il était le lundi 29 janvier sur le rond-point d’Etalans avec les agriculteurs. Il les a écoutés attentivement, « prêt à construire avec eux des solutions locales ».

Quelques dossiers prioritaires

L’agriculture bien entendu, la richesse de la Franche-Comté, le problème de la qualité de l’eau dans le contexte des rivières karstiques et la mise aux normes des stations d’épuration, la question du loup qui oppose éleveurs et écologistes. Il devra également poursuivre le bon travail entamé par Jean-François Colombet sur la gestion dynamique des fonds verts et sur l’action autour des quartiers prioritaires de la Ville.

Gabriel Attal l’a rappelé lors de son discours de politique générale. Il souhaite accélérer la mise en place de la FAR (Force d’Action Républicaine). Planoise fait partie des territoires où ce dispositif va être expérimenté. Rémi Bastille devra le mettre en œuvre comme il devra poursuivre l’action autour du Pacte pour l’émancipation des jeunes de Planoise.

Priorité également pour le nouveau préfet : soutenir le développement économique de Besançon et de tout le département dans un contexte difficile de sobriété foncière et de certaines velléités de décroissance.

Un nouveau préfet, une nouvelle secrétaire générale de la préfecture, les têtes de l’Etat dans le Doubs ont changé en quelques semaines. La nouvelle équipe devra agir rapidement pour faire du Doubs une pépite de l’excellence française.

Yves Quemeneur