Dossier de la semaine. Quel bilan pour le tourisme en 2025 ?

Le tourisme dans la région représente 4,5% du PIB et 55 000 emplois. Le bilan 2025 est contrasté avec une baisse du nombre de nuitées, mais une augmentation de l’hôtellerie de plein air. Un attrait pour les activités de pleine nature qui se retrouve dans le Doubs, territoire dépendant du climat. Il reste néanmoins des efforts à faire pour continuer à rendre la région et le département attractifs.

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bilan tourisme bourgogne-franche-comté 2025
La Citadelle de Besançon reste le lieu le plus fréquenté du Doubs ©Pauline Graf

Dans un contexte mondial où le tourisme a retrouvé sa dynamique d’avant-pandémie (1,52 milliard d’arrivées internatinoales), la fréquentation globale en Bourgogne-Franche-Comté s’établit à 73,7 millions de nuitées, soit une baisse de 4,7% par rapport à 2024. « Cela s’explique par la baisse des nuitées françaises, et non celles étrangères », souligne Patrick Ayache, président de BFC Tourisme.

Le bilan touristique 2025 dans la région est nuancé. L’hôtellerie affiche une progression de + 0,8%, soit près de 6,9 millions de nuitées, avec un record absolu de 2,1 millions de nuitées étrangères. « L’hôtellerie de plein air enregistre plus de 3,5 millions de nuitées et établit un nouveau record de fréquentation, +3,7% par rapport à 2024, qui était déjà un record de fréquentation. Il y a l’attrait du tourisme de plein air, mais ça s’explique aussi par le pouvoir d’achat, avec des gens qui se reportent de l’hôtellerie vers du tourisme de plein air ».

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Le Doubs, un territoire de pleine nature

Cette question du pouvoir d’achat se retrouve également au niveau du tourisme dans le département où « on a des séjours plus courts. Les gens recherchent des activités accessibles financièrement, voire gratuites. Le panier a baissé. Ça nous donne un peu raison car on a beaucoup développé les activités de pleine nature », détaille Béatrix Loizon, présidente de Doubs Tourisme et de la marque Montagnes du Jura. L’hôtellerie de plein air dans le Doubs a fait un bond de +5%, « c’est quand même significatif ».

« Le Doubs, on est vraiment identifié avec une image authentique : activité de pleine nature, plein air, on a du patrimoine », ce qui signifie aussi que le territoire reste dépendant du climat. « Sur la fin de saison, on a eu des épisodes pluvieux. Les sites naturels et tout ce qui est à l’extérieur ont un peu subi ça avec des difficultés pour le DinoZoo ou le musée des maisons comtoises. Au niveau de la fréquentation, on a quand même une baisse de 4,5% par rapport à 2024 pour les sites et activités d’extérieur. Pour ceux d’intérieur, on a une hausse de +1,1. On ne peut jamais contenter tout le monde. On a aussi remarqué que lors d’épisodes de fortes chaleurs, ça change le rythme des visites. Il faut s’adapter et c’est déjà en route ».

Les sites les plus fréquentés dans le Doubs reste la Citadelle de Besançon en premier lieu avec 253 510 visiteurs en 2025, la Cathédrale Saint-Jean avec 192 250 visiteurs, la Saline Royale d’Arc-et-Senans avec 144 073 visiteurs et le Dino-Zoo avec 113 509 visiteurs. Le Château de Joux arrive à la cinquième position avec 63 500 visiteurs.

Château de Joux, forteresse en pierre vue extérieure
Le Château de Joux a connu un record de fréquentation en 2025 ©Cassandra Tempesta

Le tourisme en BFC, 4,5% du PIB

La région et le département arrivent à se faire connaître même à l’étranger avec la venue de Belges, Suisses, Allemands, Néerlandais ou encore d’Américains. Dans la région, les États-Unis demeurent la première clientèle lointaine avec un million de nuitées. « Heureusement qu’on arrive à se faire connaître sinon on ne pourrait pas avoir une économie touristique telle qu’elle est à ce jour, soit 4,5% du PIB, autant que la filière métallurgique. Ce sont des retombées économiques très importantes, 55 000 emplois permanents », explique Patrick Ayache.

Certains secteurs sont plus attractifs que d’autres, dont trois marques qui fonctionnent bien : Bourgogne qui a une influence internationale, la marque Montagnes du Jura qui rayonne au niveau européen ou encore le massif des Vosges. « Les zones urbaines, Dijon et Besançon, sont très attractives. Le Haut-Doubs est attractif mais intégré au massif du Jura donc il tire son épingle du jeu grâce aux campagnes de promotion des Montagnes du Jura ».

Une crise internationale qui peut profiter au tourisme local ?

Au niveau de la filière touristique, « il reste à poursuivre, persévérer, s’adapter au climat, augmenter la durée des séjours et faire un peu mieux connaître les territoires qui ne sont pas dans les marques de destination. Les nouvelles intercommunalités doivent prendre en main ce challenge du tourisme », poursuit Patrick Ayache. Dans le Haut-Doubs par exemple, les cinq communautés de communes du syndicat mixte du Pays du Haut-Doubs, le SMMO et les acteurs des secteurs publics et privés se sont associés autour du Masterplan, un schéma directeur de la transition du tourisme et des loisirs du Haut-Doubs 2024-2040.

Autre enjeu pour Béatrix Loizon, « donner envie aux gens de chez nous de redécouvrir leurs sites. Ce sont les meilleurs ambassadeurs. On peut aussi attirer des gens par le tourisme d’affaires qui reviendront par la suite. Le Doubs n’est pas encore la Côte d’Azur mais avec le changement climatique, on s’aperçoit que les gens qui descendent dans le sud, s’arrêtent et allongent les pauses. Aller au très chaud aujourd’hui, ça pose question, ça a beaucoup changé et on a une carte du jeu à sortir. Mais je pense qu’on a encore beaucoup d’efforts à faire sur notre communication ».

S’il est trop tôt pour se projeter pour 2026, Patrick Ayache se dit plutôt confiant. « Malheureusement en raison de la crise internationale qui va probablement faire que les destinations de vacances vont se recentrer vers la France, en partie vers notre région. Les gens a priori vont faire le choix de la proximité et d’ores et déjà nos réservations sont en hausse. Mais j’aurais d’ici le mois de mai les premières tendances ».

Focus sur le Haut-Doubs

Comme au niveau régional et départemental, le Haut-Doubs n’échappe pas à la baisse du pouvoir d’achat. « Les clientèles optimisent le coût de leur séjour et font des choix raisonnés. Le contexte géopolitique et les conditions météorologiques ont un impact sur les réservations et les comportements clients », détaille Aurélie Roy, directrice de l’Office de Tourisme du Pays du Haut-Doubs (OTPHD). Les demandes clients s’orientent également sur les activités de pleine nature en toutes saisons, dont la randonnée pédestre, le terroir et le patrimoine culturel. La durée des séjours se maintient en saison hivernale avec une clientèle touristique qui séjourne à la semaine. L’été et le reste de l’année, les séjours sont plus courts. Fin d’année 2025, le Pass Méta’ a été lancé, une formule qui permet une prestation offerte pour une prestation achetée pour un séjour de deux nuitées minimum sur la Station de Métabief et les alentours. Six ont été vendus entre décembre et février, permettant 5 000€ de retombées directes.

Aqua2Lacs est le site le plus fréquenté, suivi du Château de Joux et de Métabief Aventures. La Source de la Loue est le site naturel le plus fréquenté, suivie du Mont d’Or et de la Source du Doubs. Pour continuer à développer l’économie touristique, l’OTPHD se lance dans la création d’une Marque Employeur pour « travailler l’attractivité des métiers du tourisme et des loisirs, en misant sur la qualité de vie et des conditions de travail, ainsi que sur la coopération et mutualisation entre les acteurs ». Une première réunion de travail s’est tenue en mars dernier.