Le premier conseil régional post élections municipales s’est tenu les 29 et 30 avril. L’occasion pour les conseillers régionaux de travailler sur les domaines de l’agriculture, du pouvoir d’achat et de la formation.
Après avoir félicité l’ensemble des nouveaux élus issus des élections municipales, le Président Jérôme Durain a évoqué l’absence de visibilité pour la région du fait des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Sur fond de retour de l’inflation liée à l’augmentation des énergies, Jérôme Durain a insisté sur les solutions démagogiques proposées notamment par les élus du Rassemblement national. Il a rappelé les efforts consentis par la Région sur le prix des repas dans les cantines de lycées, le maintien de la gratuité des transports scolaires. Sur les mobilités, il a souligné la prise en charge par la Région de 70% du coût des TER et le tarif de 2€ consenti sur les bus interurbains.
Perte de 25 M€ de crédits sur la formation
En matière de formation professionnelle, la Région a sanctuarisé 3420 places de formation tout en redimensionnant l’offre globale de formation pour tenir compte du désengagement de l’État, marqué par une perte de 25 millions d’euros de crédits sur le territoire. Sur l’apprentissage, la Région BFC réoriente sa stratégie pour concentrer ses soutiens aux métiers en tension à hauteur de 1,5 M€.
L’agriculture, pilier économique et identitaire de la Région
La filière représente plus de 40 000 emplois en BFC. La session du 29 avril a été marquée par la signature d’une convention de partenariat de la région avec la Chambre régionale d’agriculture. C’est une enveloppe de 150 millions d’euros sur la période 2026-2028 qui va être consacrée à l’adaptation des filières et des exploitations, notamment pour conforter la souveraineté alimentaire et accentuer l’aide au renouvellement des générations. A cette occasion, Vincent Lavier, Président de la Chambre d’agriculture a rappelé que 20% des agriculteurs vivent en dessous du seuil de pauvreté.
« Notre région est une anomalie politique » selon Jean-Marie Sermier

Le Président du groupe d’opposition « Union des républicains et du centre et écologistes indépendants » a tenu à rappeler « sur les 20 plus grandes communes de la Région, 15 sont désormais dirigées par la droite ainsi que 2/3 des 8 départements. La région est une anomalie », des propos provoquant une bronca de la majorité régionale. Jean-Marie Sermier a insisté sur le développement du nucléaire dans la région, notamment par l’essor d’Arabelle Solutions en opposition au financement de l’éolien. Sur l’agriculture, il a également rappelé que la région BFC est celle qui compte le plus d’AOP, insistant au danger « d’une France lyophilisée ».
« De l’argent en moins et de l’idéologie en plus »

Julien Odoul, en réponse à Jérôme Durain, a souligné les excellents résultats des candidats du Rassemblement National aux municipales et la reconduite des maires RN. « C’est la période du grand défaussement avec de l’argent en moins et de l’idéologie en plus » a conclu le député de l’Yonne à l’adresse du président de région. Le chef de file des conseillers régionaux RN a enfin insisté sur la suppression nécessaire du CESER (Conseil Economique Social et Environnemental Régional, ndlr) pour réduire les dépenses de la région. « Il faut mettre de la salade niçoise au menu bourguignon », évoquant les premières mesures d’économies instaurées par Eric Ciotti, le nouveau maire de Nice. Jérôme Durain lui a répondu vertement. « S’en prendre au CESER, c’est s’en prendre à la démocratie ».
83 millions d’euros consacrés au redressement des comptes de l’État
Nicolas Soret, vice-président en charge des Finances et maire de Joigny a insisté sur les contributions de la Région qui représentent des pertes cumulatives de 83M€ sur les deux derniers exercices, réduisant les marges de manœuvre budgétaires de la région. L’opposition des Républicains et du centre s’interroge sur « la nécessité d’emprunter toujours plus pour récupérer 80 M€, telles les « cigales socialistes » au lieu de réduire le train de vie de la région ».
Un plan d’action en matière de déontologie
Le Comité d’Éthique Régional (CER) dont la pertinence n’est pas remis en question, évolue dans sa composition. C’est désormais Sophie Fonquernie qui en assure la présidence. Une nomination qui n’est pas du goût des élus du Rassemblement National, notant l’absence d’indépendance d’une présidente qui fut ancienne conseillère régionale dans la majorité de Marie-Guite Dufay. Au final, une session qui a dû siffler aux oreilles de Sébastien Lecornu. C’est bien l’exécutif national qui est pointé du doigt par une grande majorité des élus régionaux, majorité et opposition confondues.





























