Pourquoi vous êtes-vous présenté à la présidence de la CCGP ?
Ce qui a été déterminant pour nous, ça a été les résultats des élections municipales à Pontarlier. Dans un premier temps, j’ai plutôt soutenu la candidature de Bénédicte Hérard parce qu’elle avait la vision de se dire que ça allait être compliqué de passer derrière un maire qui avait plus de 25 ans d’expérience, Patrick Genre, et qu’en réalité il fallait gérer la ville de Pontarlier et la communauté de communes qui sont deux gros morceaux. Donc elle nous avait proposé en avance, si toutefois elle était élue, de présenter Didier Chauvin comme président de la communauté de communes du Grand Pontarlier. Du point de vue des maires qui étaient en activité lors du précédent mandat, Didier Chauvin est vraiment quelqu’un qui faisait l’unanimité, en qui on avait une totale confiance, qui connaissait les dossiers, qui avait le charisme et la prestance nécessaires pour être président.
A partir du moment où on a vu que Patrick Comte arrivait en tête des suffrages, nous nous sommes réunis et nous nous sommes posés la question avec beaucoup de bienveillance « Nous, à sa place, qu’est-ce qu’on ferait ? » Parce que c’est compliqué de gérer une ville comme Pontarlier quand on a peu d’expérience. Ce n’est pas une question de capacité, on sait qu’il va y arriver. Mais est ce qu’on serait en capacité de gérer une ville comme Pontarlier de plus de 20 000 habitants, plus la communauté de communes derrière ? On a tous commencé un jour et on sait que quand on commence, ce n’est pas une question de capacité mais il faut du temps pour savoir qui fait quoi, quel est le rôle de chacun et donc on perd un peu de temps au démarrage. Et nous, à la Communauté de communes du Grand Pontarlier, concrètement on n’a pas de temps à perdre.
Vous avez plusieurs projets qui nécessitent d’aller vite ?
Oui, on a le centre nautique qui a déjà démarré, les travaux de l’hôtel de La Belle Vie qui démarrent également, de gros enjeux sur l’eau et l’assainissement, un projet de réhabilitation d’une nouvelle déchèterie… Donc il y a de gros dossiers qui arrivent et on a des financements à aller chercher car les plans de financement ne sont pas bouclés. Par exemple pour la piscine, on a 2,5 millions d’euros de subventions du Département. On a 480 000 euros déjà effectifs mais pour l’instant il nous en manque… donc on n’a pas de temps à perdre, il faut vraiment qu’on se mette au boulot dès maintenant pour boucler les plans de financement.
Votre candidature n’était pas de la défiance par rapport à Patrick Comte et son équipe ?
Non pas du tout, vraiment pas. C’est plutôt dans un esprit collaboratif, d’entraide. On a un intérêt commun et c’est ce que j’ai dit pendant le conseil communautaire. Il n’y a pas de Pontarlier sans la communauté de communes et il n’y a pas de communauté de communes sans Pontarlier. Patrick Genre était un grand homme qui avait une grande expérience des deux dossiers et du coup on ne sera pas de trop d’être à deux. Alors évidemment on ne sera pas que deux. Pour moi la communauté de communes ce sont les neuf vice-présidents et les conseillers communautaires. Je peux comprendre qu’il y ait un peu de déception chez les Pontissaliens. Mais ça s’appelle la démocratie. On a eu 19 voix, ils en on eu 16… voilà. Il faut que chacun mette son égo de côté et travaille dans l’intérêt général.
Est-ce qu’il y avait aussi une sorte de mécontentement par rapport aux six dernières années ? Patrick Comte mettait en avant aussi le refus de cet « héritage de mauvaise concertation » lorsque Pontarlier était aux manettes…
Oui j’ai entendu ça. Après, lorsque c’était Pontarlier à la Présidence, de la concertation, il y en avait. Les dix maires faisaient déjà tous partie du bureau. Il y avait des conférences des maires tous les quatre mois avec les dix maires où on pouvait se dire les choses. Après, dans le fonctionnement de tous les jours, il y avait des améliorations à apporter. Nous les maires des autres communes, on attend un autre service que celui qui nous était proposé. On aimerait avoir un peu plus accès à tout ce qui est mutualisé, par exemple en matière de conseil et d’expertise. Mais voilà ça va bien se passer, on va travailler ensemble et tout ira bien.
Certains dénoncent des compromissions politiques. Qu’est ce que vous vous répondez à ces accusations ?
Je n’ai pas du tout de problème avec ça. Pour moi ce n’est pas du tout de la compromission politique. J’ai soutenu la campagne de Bénédicte Hérard car elle nous présentait une gouvernance à deux têtes. Je l’ai soutenue pendant sa campagne, elle m’a soutenu pendant ma candidature à la présidence. Ce n’est pas du tout de la magouille politique, ça s’appelle juste de la démocratie.
Le fait que ce soit le maire d’un village qui soit le président, ce n’est pas préjudiciable pour la CCGP selon vous ?
Absolument pas. J’ai lu la réaction de Patrick Comte qui dit qu’une commune comme Pontarlier aura plus de facilité à avoir des subventions. Pour le coup, c’est complètement faux. Le carnet d’adresse, on l’a tous. La règle aujourd’hui est simple : c’est la même pour tout le monde. Il n’y a pas de copinage. On monte un dossier et si on est éligible à une subvention on a les mêmes droits qu’un autre.
Pour en revenir à la taille de la commune, il n’y a rien dans les statuts de la CCGP. Il n’y a que Grand Besançon Métropole où un pacte de gouvernance a été signé entre toutes les communes et dans lequel est inscrit que la présidence revient à la commune de Besançon. Ça n’existe pas pour les autres communautés de communes et il y a plein d’exemples autour de nous où ce n’est pas nécessairement le maire de la plus grosse commune qui à la présidence de l’intercommunalité.
Et on peut aussi partir du principe qu’un maire d’une plus petite commune à une charge de travail peut être moins importante. Si en plus il est disponible comme c’est mon cas, on a le temps de se consacrer à la com com.
Quelles vont être les prochaines grandes étapes pour vous en tant que président de la CCGP ?
La première c’est de remettre tout le monde autour d’une table et de construire une feuille de route en commun. Et au niveau pratique, la priorité des priorités c’est d’aller chercher les subventions qui nous manquent sur les dossiers importants. Chaque vice président va se mettre au travail et aura une feuille de route qu’on aura co-construite. Et d’ici quelques mois on pourra déjà faire un compte-rendu.





























