
La Communauté de travail du Jura est née en 1985 de la volonté de la région Franche-Comté et des cantons de Berne, du Jura, de Neuchâtel et de Vaud. Cette association est devenue Arcjurassien.org. Ce territoire de plus de 230 kilomètres de frontière entre la France et la Suisse partage une identité linguistique et un savoir-faire industriel d’excellence. Il a toujours été terre traditionnelle d’échanges et de collaborations. L’inscription par l’Unesco des savoir-faire en mécanique horlogère et en mécanique d’art en 2020 tend à pérenniser et promouvoir ces pratiques des deux côtés de la frontière. L’association Arc Horloger réunit les entreprises, les centres de formation pour sauvegarder et transmettre des pratiques séculaires et valoriser cette richesse patrimoniale exceptionnelle. C’est dans ce contexte que Tania Cavassini, ambassadrice de Suisse en France est allé à la rencontre du patrimoine horloger du département. Comme elle l’a souligné d’ailleurs :« Nos deux pays œuvrent conjointement en faveur de la vie quotidienne de la population frontalière et du développement économique de ce bassin de vie partagé ».
L’arc jurassien, un atout stratégique
La proximité géographique et industrielle doit inciter les décideurs politiques des deux côtés de la frontière à faciliter les partenariats industriels comme celui liant la manufacture La joux-Perret en Suisse avec Humbert-Droz et Roland Bailly SAS à Besançon. La Bourgogne Franche-Comté et la Suisse ont généré 4,4 milliards d’euros d’échanges en 2025. La confédération est la 3ème destination des exportations régionales et la seconde en importations. Dans un contexte géopolitique et économique incertain, le territoire transfrontalier demeure en forte croissance, portée par l’industrie manufacturière.
Une visite intense à Besançon

Tania Cavassini, accompagnée de Rémi Bastille, Préfet du Doubs, a visité l’entreprise Roland Bailly installée dans la zone de Trépillot. La société, créée en 1964, compte une trentaine de collaborateurs spécialisés dans l’outillage horloger et les matériels d’automation. Thierry Bailly est par ailleurs le vice-président français de l’Arc horloger. Son entreprise a élaboré la gravure des masses oscillantes du mouvement automatique G100 de la joux-perret, assemblé à Besançon par Humbert-Droz. La démonstration de l’addition de l’innovation technique et du design au service de l’horlogerie trasfrontalière.

L’ambassadrice de Suisse en France s’est ensuite rendue chez MMT (Moving Magnet Technologies) située dans le parc Lafayette. Cette entreprise de pointe dans le domaine de la « mécatronique » associe mécanique, électromécanique et électronique pour concevoir des prototypes, développer des brevets qui se transforment en licences vendues à travers le monde, notamment pour les grands groupes automobiles.

« Laboratoire d’innovation » MMT emploie 40 collaborateurs dont 45% d’ingénieurs. Ils traitent avec une centaine de licenciés et sont à l’origine de 150 millions de produits du quotidien principalement dans les mobilités.
Trop de back office, pas assez de front office
Cette visite de l’ambassadrice suisse à Besançon a mis en lumière l’excellence industrielle de Besançon et de la Franche-Comté, les compétences techniques transmises depuis 250 ans (Laurent Mégevand est un industriel horloger d’origine genevoise qui fonda le pôle industriel horloger de Besançon et plus globalement du Doubs). La collaboration franco-suisse ne date pas d’hier… La visite de ces fleurons de la technologie bisontine aura également mis en avant le retard industriel de la région. Concevoir des prototypes, développer des outillages ultra-performants, imaginer l’industrie de demain sans que cela profite au territoire en matière d’industrialisation…



























