Besançon. Ludovic Fagaut signe un arrêté anti-mendicité agressive, l’opposition manifeste

Le Maire de Besançon a signé le 29 mai un arrêté anti-mendicité agressive. Il est applicable à compter du 29 mai et jusqu’au 15 octobre 2026. Le 1er juin, 500 personnes se sont mobilisées contre cette mesure suite à un appel lancé par les élus de l'opposition.

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Ludovic Fagaut a signé le 29 mai 2026, un arrêté anti-mendicité agressive, en présence de Jean-Pascal Reyes, Adjoint en charge de la tranquillité et la sécurité publique et de Myriam Lemercier, Adjointe chargée du contrat de ville et de la vie des quartiers ©YQ

Mettre fin à la mendicité agressive et à l’alcoolisme sur la voie publique

Lors du point presse annonçant l’entrée en vigueur de l’arrêté, Ludovic Fagaut a rappelé « un engagement de campagne pour mettre fin à la mendicité agressive. Riverains, commerçants, Bisontins, touristes, tous sont excédés des nuisances sonores et des troubles à l’ordre public ».

Une décision administrative qui sanctionne sans oublier de traiter la précarité

« Les Bisontins nous ont élus pour ramener de l’apaisement dans les quartiers, nous mettons en place des solutions ». Pour appuyer son propos, le maire de Besançon était accompagné de Jean-Pascal Reyes, adjoint en charge de la Sécurité et la Tranquillité publique et de Myriam Lemercier, adjointe chargée du Contrat de ville et de la Vie des quartiers. Ludovic Fagaut a insisté sur une réponse municipale qui ne soit pas uniquement répressive. Pour Myriam Lemercier, cet arrêté anti-mendicité a vocation également à travailler à l’accompagnement social en lien avec le CCAS, les centres médico-sociaux du département et l’ensemble des associations.

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Le maire et son adjointe à la vie des quartiers ont ajouté « La dignité des personnes précaires doit être respectée. La prévention et le suivi social sont essentiels. La plupart n’ont pas choisi cette situation. Nous devons assurer un travail d’accompagnement ». Pour autant, « la dignité des habitants doit être également respectée » insiste Ludovic Fagaut.

Un arrêté délimité dans le temps et l’espace

« Pouvoir contester cet arrêté est un droit. Toutefois, il répond en tous points aux exigences de la loi » a répondu Ludovic Fagaut à une question faisant référence à un arrêté annulé par la justice administrative en 2018.

L’arrêté est pris du 29 mai au 15 octobre 2026, de 10h à 20h. Il concerne la Grande Rue (du Pont Battant à la rue de la Préfecture), la rue Battant (du square Bouchot au pont Battant), la place Pasteur, la place du huit septembre, la place de la Révolution, la rue des Granges (de la place Jean Cornet à la place de la Révolution), la rue Claude Pouillet, la rue Champrond, le square Saint Amour et les abords des Halles Beaux-Arts. L’arrêté est étendu à la zone commerciale de Châteaufarine.

Pour confirmer la réalité de la mendicité agressive et des troubles à l’ordre public, le maire a fait état des signalements reçus entre le 15 avril et le 25 mai dans le centre-ville. 60 mains courantes ont été enregistrées dont 29 troubles à la tranquillité publique ou des attroupements agressifs. Ont été relevés 15 faits d’ivresse ou de consommation d’alcool sur la voie publique, 6 rixes et 6 vols.

En outre, la mairie a reçu une vingtaine de mails et de courriers reçus entre le 1er mars et le 18 mai 2026 émanant de riverains, de commerçants faisant état d’une mendicité agressive ou de comportements injurieux, menaçants et agressifs. Ces comportements sont visés dans l’arrêté, ainsi que les regroupements de chiens lorsqu’ils créent une gêne, un danger ou des aboiements répétés et des problèmes de propreté.

Comment considérer une mendicité agressive ?

Il appartiendra aux agents de la Police municipale d’apprécier le niveau d’agressivité. « Les forces de l’ordre disposent maintenant d’un outil juridique leur permettant d’interpeller, de sanctionner, voire de mettre en garde à vue les contrevenants ou les délinquants« . Le non-respect de l’arrêté est sanctionné d’une contravention de seconde classe pouvant aller jusqu’à 150€. S’agissant des actes délictuels tombant sous le coup de l’article 312 du Code Pénal, ils peuvent être poursuivis devant les tribunaux. « Une personne qui interpelle, prend le bras, insiste lourdement pour obtenir de l’argent, cela devient de la mendicité agressive » conclut Ludovic Fagaut.

500 manifestants contre l’arrêté anti-mendicité agressive de Ludovic Fagaut

Le 1er juin, 500 personnes ont répondu à l’appel des élus d’opposition de la Ville de Besançon, des partis de gauche et des associations, vent debout contre « l’arrêté de la honte ».

Le 1er juin 2026, environ 500 personnes étaient rassemblées Place Pasteur pour crier leur opposition à l’arrêté municipal pris par le maire Ludovic Fagaut sur « la mendicité agressive » ©YQ

Pour l’élue municipale Séverine Vezies (La France Insoumise), le texte publié ce 1er juin va au-delà du tolérable. « Il interdit la station statique assis ou debout dans la rue. Ludovic Fagaut parle même de la possibilité d’exfiltrer certaines populations du centre-ville de Besançon ». La cheffe de file de la France Insoumise renvoie la responsabilité de la précarité sur l’actuel maire de Besançon, toujours vice-président du département en charge de l’insertion « Il faut que Ludovic Fagaut, vice-président du département, négocie avec Ludovic Fagaut, maire de Besançon, pour faciliter l’accès aux droits des personnes en précarité, notamment des jeunes majeurs. Nous proposons qu’ils bénéficient d’un revenu minimum jeunes pour leur éviter de tomber dans les addictions et la rue à la sortie de leur prise en charge par l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) » insiste Séverine Vezies.

Jean-Sébastien Leuba (Parti socialiste) ajoute « la précarité est un problème global qui ne concerne pas seulement les gens à la rue. C’est une politique active avec les gérants de bars et avec les travailleurs sociaux pour sortir les gens de la rue, de la précarité et des addictions à l’alcool ». Séverine Vezies enfonce le clou en reprochant à Ludovic Fagaut « d’être le maire d’un clan alors qu’il avait promis être le maire de tous les Bisontins ».

Anne Vignot, Anthony Poulin (Les Écologistes) et Hasni Alem (Parti communiste) ont également pris la parole, condamnant « un arrêté qui stigmatise et invisibilise la pauvreté ». Ils renvoient aussi la situation actuelle à la carence de l’État en matière sociale (manque de travailleurs sociaux, manque de logements…). Pour autant, la dégradation des conditions de vie des personnes sans abri n’est pas récente. Elle existait déjà du temps de la mandature Fousseret et a perduré durant le mandat d’Anne Vignot.

Si les conditions juridiques sont réunies pour contester « l’arrêté de la honte », les opposants à Ludovic Fagaut envisagent de faire un recours auprès du Tribunal administratif de Besançon.

Yves Quemeneur