La MJC Clairs-Soleils n’est pas certaine de reprendre ses activités à la rentrée. Dans un communiqué adressé aux habitants et adhérents le 31 août, l’association fait part d’une « crise financière » qui pourrait conduire, dès octobre, à l’arrêt de son projet associatif et de l’ensemble de ses actions dans les quartiers des Clairs-Soleils et des Vareilles, où elle est implantée depuis 18 ans maintenant. Contactée par nos soins, la MJC Clairs-Soleils ne souhaite pas communiquer davantage à ce sujet pour le moment.
Trois années de déficit
Dans son communiqué, la MJC liste : « Plus d’actions éducatives […] Plus d’accompagnement à la parentalité […] Plus d’accompagnement social […] Plus d’évènements », avant de souligner qu’une cessation d’activité entraînerait « Le licenciement de 10 salariés ». Pour expliquer ses difficultés, l’association évoque trois années de déficits, liées notamment à « la perte et la diminution des subventions » et « l’augmentation des couts d’activités ». Malgré une hausse des tarifs et une réduction du nombre d’enfants et de jeunes accompagnés, elle affirme ne pas parvenir à équilibrer son budget. Elle souhaite désormais réunir ses principaux partenaires, à savoir l’État, la Caisse d’allocations familiales (CAF) et la Ville de Besançon, afin de trouver une solution.

L’opposition appelle à la réaction
L’annonce a rapidement suscité des réactions politiques, notamment de la part de l’opposition. Séverine Véziès (La France insoumise) estime que la MJC est une structure « indispensable » dans ce quartier populaire et appelle la municipalité à débloquer « de manière urgente une aide exceptionnelle ». De son côté, Hasni Alem (PCF), ancien adjoint chargé du quartier des Clairs-Soleils, juge que « la fermeture de la MJC serait une perte majeure pour Clairs-Soleils et les Vareilles ». Il appelle les partenaires publics à « se réunir sans délai avec l’association » pour préserver ses activités, ses emplois et son projet associatif. Il souligne notamment que : « Avec l’équipe municipale de l’époque, nous avions fait le choix de maintenir son financement, malgré un contexte budgétaire déjà contraint. »
Un soutien estimé à 450 000 € / an
La Ville de Besançon a rapidement réagi dans un communiqué publié le lendemain, le 1er septembre, en rappelant son engagement auprès de la MJC : « La Ville soutient fortement la structure : 243 000 € de subvention annuelle, mise à disposition des locaux, prise en charge des fluides et de l’entretien, soit un soutien municipal global estimé à environ 450 000 € par an. »
Elle assure toutefois que les difficultés de l’association sont « anciennes » et concernent également sa gouvernance. Depuis plusieurs mois, la Ville, la CAF et l’État demandent à la MJC de fournir des comptes fiables, de réunir régulièrement ses instances et de présenter des mesures permettant un retour à l’équilibre. Elle explique, qu’une réunion s’était tenue en avril, avant qu’un courrier commun de la mairie, du préfet du Doubs et du président de la CAF ne soit adressé à la MJC le 2 juin. Selon la Ville, l’assemblée générale demandée ne s’est pas tenue et les documents financiers n’ont pas été transmis. Le dernier versement de la subvention municipale a donc été suspendu. La municipalité affirme prendre au sérieux le risque de cessation d’activité, tout en précisant que cette suspension « n’est pas un désengagement ». De son côté, la MJC a prévu de lancer malgré tout sa saison 2026-2027, avec notamment la reprise du club multisports le 14 septembre et l’ouverture de l’accueil aux horaires habituels.



























