Rubrique. Il y a 130 ans dans le Doubs… Le départ regretté du préfet du Doubs Gustave Graux

De nombreuses personnalités d’autrefois sont aujourd’hui tombées dans l’oubli. C'est notamment le cas de Gustave Graux, préfet du Doubs de 1887 à 1896.

37
La citadelle de Besançon
Il y a 130 ans dans le Doubs. Crédit : Anthony Soares.

De nombreuses personnalités d’autrefois sont aujourd’hui tombées dans l’oubli. C’est notamment le cas de Gustave Graux, préfet du Doubs de 1887 à 1896. Au cours de l’automne 1896, il fut nommé à une autre fonction et quitta la Franche-Comté.

Au début du mois de novembre 1896, un grand banquet de départ fut organisé en son honneur au palais Granvelle. « Il y avait environ deux cents personnes, et il y en aurait eu bien davantage si […] ce banquet avait été ouvert à tous », constatait un rédacteur anonyme du journal Le Petit Comtois dans l’édition du 9 novembre 1896, avant de vanter les qualités de Gustave Graux, profondément républicain, à une époque de fortes divisions : « La caractéristique de ce banquet, c’est qu’aucune note discordante n’est venue rompre la bonne harmonie qui réunissait tous les convives dans cette seule pensée : saluer, au moment où il quitte ses fonctions officielles dans notre département, l’homme affable, le républicain sincère et dévoué, l’administrateur consciencieux et intègre qui avait su réunir toutes les sympathies. » (Le Petit Comtois, 9 novembre 1896, n°4798, pp. 2-3). Claude François Vuillecard, maire de Besançon de 1888 à 1898, trouvait cet événement inédit pour le Doubs, car la « manifestation qui nous rassemble n’a pas, que je sache, de précédent dans notre histoire départementale », dit-il.

Resté une dizaine d’années préfet du Doubs, Gustave Graux y semblait apprécié. Charles Beauquier, député de 1880 à 1914, aurait même considéré qu’il « était de ceux qui font aimer la République ». La IIIe République, née en 1870 après presque un siècle d’instabilité politique, s’enracinait alors. Ancien ami de Léon Gambetta (1838-1882), Gustave Graux souligna, dans son discours d’adieux aux habitants du Doubs, mettre « au-dessus de toute chose ces deux entités inséparables : la République et la Patrie », poursuivant : « Quand je dis la République, j’entends la République de tous et pour tous, et non la République de quelques-uns pour quelques-uns, la République démocratique, la seule qui soit logique et possible dans un pays de suffrage universel. »