De nombreuses personnalités d’autrefois sont aujourd’hui tombées dans l’oubli. C’est notamment le cas de Gustave Graux, préfet du Doubs de 1887 à 1896. Au cours de l’automne 1896, il fut nommé à une autre fonction et quitta la Franche-Comté.
Au début du mois de novembre 1896, un grand banquet de départ fut organisé en son honneur au palais Granvelle. « Il y avait environ deux cents personnes, et il y en aurait eu bien davantage si […] ce banquet avait été ouvert à tous », constatait un rédacteur anonyme du journal Le Petit Comtois dans l’édition du 9 novembre 1896, avant de vanter les qualités de Gustave Graux, profondément républicain, à une époque de fortes divisions : « La caractéristique de ce banquet, c’est qu’aucune note discordante n’est venue rompre la bonne harmonie qui réunissait tous les convives dans cette seule pensée : saluer, au moment où il quitte ses fonctions officielles dans notre département, l’homme affable, le républicain sincère et dévoué, l’administrateur consciencieux et intègre qui avait su réunir toutes les sympathies. » (Le Petit Comtois, 9 novembre 1896, n°4798, pp. 2-3). Claude François Vuillecard, maire de Besançon de 1888 à 1898, trouvait cet événement inédit pour le Doubs, car la « manifestation qui nous rassemble n’a pas, que je sache, de précédent dans notre histoire départementale », dit-il.
Resté une dizaine d’années préfet du Doubs, Gustave Graux y semblait apprécié. Charles Beauquier, député de 1880 à 1914, aurait même considéré qu’il « était de ceux qui font aimer la République ». La IIIe République, née en 1870 après presque un siècle d’instabilité politique, s’enracinait alors. Ancien ami de Léon Gambetta (1838-1882), Gustave Graux souligna, dans son discours d’adieux aux habitants du Doubs, mettre « au-dessus de toute chose ces deux entités inséparables : la République et la Patrie », poursuivant : « Quand je dis la République, j’entends la République de tous et pour tous, et non la République de quelques-uns pour quelques-uns, la République démocratique, la seule qui soit logique et possible dans un pays de suffrage universel. »





























