Besançon. Un hommage à Henri Fertet pour le centenaire de sa naissance

Une foule nombreuse était présente à la Citadelle de Besançon le 27 octobre 2026  pour honorer la mémoire d’Henri Fertet. Le jeune résistant de 16 ans, fusillé à la Citadelle de Besançon le 26 septembre 1943, était né à Seloncourt le 27 octobre 1926.

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Pour célébrer le centenaire de la naissance d'Henri Fertet, la Citadelle de Besançon accueillait Willy Bourgeois vice-président du conseil régional de BFC, le général Thierry Burkard délégué national de l'Ordre de la Libération, Ludovic Fagaut Maire de Besançon, Marie Gauthier Secrétaire générale de la préfecture du Doubs, le général de brigade Didier Leurs commandant en second de la 1ère division, Laurent Croizier Député du Doubs, Christine Bouquin Présidente du département du Doubs et Laurent Perraut Directeur Interdépartemental de la police nationale ©YQ

« C’est dur quand même de mourir »

Henri Fertet était un catholique convaincu ayant suivi dès 1940 l’appel du général de Gaulle. « À 16 ans, son engagement et son courage forcent le respect », souligne Jean-Jacques Fito.

Le jeune résistant, « Émile » de son pseudonyme, va s’engager pendant près de trois ans dans des actions de résistance au sein du groupe Guy Mocquet, animé par Marcel Simon, un jeune agriculteur de Larnod. Jusqu’en juin 1943, où il participe à l’agression mortelle d’un officier allemand. Dans la nuit du 1er juillet 1943, il est arrêté au domicile de ses parents, instituteurs à Velotte. Emprisonné avec ses camarades à la prison de la Butte, il y restera jusqu’à son jugement. Avec 16 autres accusés, il sera fusillé à la Citadelle de Besançon le 26 septembre 1943.

Ce 27 octobre, la mémoire d’Henri Fertet a été honorée à la Citadelle de Besançon pour le centenaire de sa naissance. C’est un jeune lycéen en première au lycée Pergaud qui a eu l’honneur de lire la mémorable lettre d’adieu d’Henri Fertet, écrite quelques heures avant son exécution à la Citadelle de Besançon. C’est cette lettre, émouvante et chargée d’espoir pour l’avenir, qui a incité le président de la République à donner le nom de ce jeune résistant bisontin à la première promotion du nouveau service militaire national.

Cérémonie organisée par l’association « à la mémoire d’Henri Fertet »

Jean-Jacques Fito, Président de l’association à la mémoire d’Henri Fertet et Pascal Ligier à la tête de l’association à la mémoire du groupe Guy Mocquet lors de la cérémonie en l’honneur d’Henri Fertet ©YQ

Jean-Jacques Fito, qui fut principal du collège Victor-Hugo (lycée Victor-Hugo au temps de la Seconde Guerre mondiale, où Henri Fertet était étudiant), est aussi le président de l’association « À la mémoire d’Henri Fertet ». En collaboration avec Didier Gendraud, adjoint à la mairie de Besançon en charge du travail de mémoire, et Pascal Ligier, animateur de l’association « En mémoire des groupes de résistants Guy Mocquet et Marius Vallet », ils avaient convié le général Thierry Burkard, général d’armée et délégué national de l’Ordre de la Libération.

« Refuser la défaite »

Compagnon de la Libération à titre posthume, Henri Fertet a eu les honneurs du Général d’armée Thierry Burkard, ancien chef d’État-major des armées et actuel délégué national de l’Ordre de la Libération ©YQ

Le général Thierry Burkard a rappelé les fondements de l’Ordre de la Libération : « Tous ces résistants ont refusé la défaite ». Henri Fertet est l’une des 1 038 personnes reconnues comme « Compagnons de la Libération ». Il fait partie des 271 Compagnons nommés à titre posthume.

« Un regard vers l’avenir »

Ludovic Fagaut, maire de Besançon, a rendu un hommage vibrant à Henri Fertet à l’occasion du centenaire de sa naissance ©YQ

Dans les derniers mots de sa lettre d’adieu à ses parents, Henri Fertet écrit : « Je meurs pour ma patrie. Je veux une France libre et des Français heureux ». Dans la période de doute qui tient la jeunesse actuelle, ces mots résonnent particulièrement. « Là où la vie a été arrachée, les mots d’Henri Fertet ne renvoient pas seulement au passé. Ils nous interrogent sur ce qui fait tenir aujourd’hui notre société », a conclu Ludovic Fagaut, maire de Besançon.

« Une sentinelle de notre dignité »

Marie-Amélie Gauthier, secrétaire générale de la préfecture du Doubs, a lu un texte d’Alice Ruffo, ministre déléguée auprès de la ministre des Armées.

« Henri Fertet s’est engagé pour sa liberté avant d’être fusillé […] Nous devons faire vivre son héritage. Son nom restera dans notre mémoire de celui qui a refusé la résignation, a su rester debout pour faire vivre nos valeurs […] La liberté n’est jamais définitivement acquise […] Henri Fertet est une sentinelle de notre dignité ».

Beaucoup d’élus, d’anciens élus et de personnalités bisontines étaient présents ce 27 octobre pour honorer la mémoire d’Henri Fertet. Les parlementaires bisontins étaient absents. Seul Laurent Croizier était présent : « J’ai trouvé que ma place était ici, à la Citadelle de Besançon. Pour honorer Henri Fertet, le budget 2027 peut attendre un jour ».

Yves Quemeneur