Besançon. La militante du collectif identitaire Némésis Yona Faedda condamnée pour diffamation à l’encontre d’Anne Vignot

L’ancienne maire de Besançon avait porté plainte contre la militante identitaire Yona Faedda, membre du collectif Némésis, pour diffamation après la diffusion d’un tract présentant l’élue comme un « soutien aux violeurs étrangers ». Après un procès tendu le 27 mai, le jugement a été rendu ce vendredi matin : Yona Faedda est condamnée, et a aussitôt annoncé qu’elle ferait appel.

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Le 27 mai, une centaine de personnes se sont réunies devant le tribunal pour manifester contre le collectif identitaire Némésis et soutenir Anne Vignot / © Hippolyte Sanseigne

Le tribunal de Besançon a rendu son verdict dans la seconde affaire opposant Yona Faedda à Anne Vignot. La première, figure locale du collectif identitaire Némésis, était accusée d’avoir relayé sur le réseau social X un tract la présentant comme un « soutien aux violeurs étrangers ».

Lors du procès en première instance mercredi 27 mai, près d’une centaine de personnes s’étaient rassemblées devant le palais de justice de Besançon à l’appel de syndicats, associations et formations politiques de gauche en soutien à la maire de Besançon. La militante de Némésis était également accompagnée d’une dizaine de soutiens.
À l’issue d’une audience sous tension, la procureure avait requis 175 heures de travail d’intérêt général, avec une peine alternative d’une amende de 1 500 € en cas de refus à l’encontre de la jeune femme.

Mis en délibéré, le jugement est tombé ce vendredi 3 juillet. Yona Faedda est reconnue coupable de diffamation et condamnée à 2000 euros d’amende avec sursis et à 500 euros pour le préjudice moral à Anne Vignot. La militante doit également prendre en charge les frais de justice à hauteur de 800 €.

« Je suis très fière de la Justice, qui a bien redéfinit les limites de la liberté d’expression. Lorsque celle-ci sert à entacher l’intégrité d’une élue de la République sans aucun fondement, c’est important de s’y opposer. La liberté d’expression doit être celle de données établies, et non servir à diffuser des fakes news, des injures et menaces. C’est un fondement de notre société », a aussitôt réagit Anne Vignot. De son côté, la militante identitaire du collectif Némésis a aussitôt fait part de son intention de faire appel.

une copie du post publié par Yona Faedda sur son compte X le 8 janvier 2025 / © Hippolyte Sanseigne

L’origine de l’affaire

Pour rappel, l’affaire trouvait son origine dans une action menée lors de la cérémonie des vœux de l’ancienne maire de Besançon en janvier 2025. Des militantes de Némésis avaient alors déployé une banderole et distribué des tracts représentant Anne Vignot avec la mention : « Soutien aux violeurs étrangers ». Un visuel ensuite relayé sur le compte X de Yona Faedda. En juin 2025, une première procédure avait été déclarée nulle, alors que les faits reprochés à la militante dans la citation à comparaître différaient de ceux déclarés dans la plainte déposée, provoquant la nullité des poursuites. Ce vendredi 3 juillet, la procédure correctement construite a donné raison à Anne Vignot.

Un appel et une autre plainte contre Némésis à Besançon

Mais le collectif Némésis n’en n’a pas terminé avec la Ville de Besançon. Outre le procès en appel de cette affaire, le 13 avril dernier, le nouveau maire Les Républicains Ludovic Fagaut a déposé plainte pour « provocation à la haine » après l’apparition d’une banderole établissant un lien entre immigration et violences sexuelles lors du carnaval de Besançon. Affaires à suivre donc.