Besançon. Une nouvelle rame du tramway est arrivée

Il aura fallu presque trois jours de voyage à la première des 3 rames supplémentaires qui complètent le réseau Ginko de Besançon pour arriver au centre de maintenance Tram de Besançon.

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La rame de 32 mètres transportant 201 voyageurs porte le nom de Camille Charvet-Kahn, enseignante et résistante arrêtée en 1943 et morte en déportation à Auschwitz ©YQ

Ce jeudi 15 octobre, une nouvelle rame de tram est arrivée au centre de maintenance. Les deux dernières rames devraient arriver à Besançon d’ici la fin du mois d’octobre, portant ainsi à 8 le nombre de rames de grande longueur commandées à Alstom.

C’était le baptême du feu pour Patrick Jacques, le nouveau vice-président de GBM en charge des mobilités. « Le réseau de tram est désormais en phase avec les besoins de l’agglomération. Et il coïncidera avec l’inauguration le 28 novembre prochain du nouveau terminus à Brûlard » s’est réjoui l’élu.

201 passagers par rame

Les 8 rames « grande longueur » de 32 mètres vont améliorer le confort pour les voyageurs, notamment aux heures de pointe. Elles transportent 201 passagers (147 debout, 54 places assises et 2 places pour les usagers en fauteuil roulant). Le réseau tram de Besançon possède donc désormais 27 rames, dont les 19 rames historiques de 24 mètres qui accueillent chacune 110 voyageurs.

Fréquence de 5’ contre 12’ entre le nouveau terminus Brûlard et la gare Viotte

Un gain de temps conséquent pour les voyageurs qui s’articulera avec de meilleures correspondances avec les lignes Liane des bus pour une optimisation de l’utilisation de l’ensemble du réseau de transport en commun de l’agglomération bisontine.

Les trams et l’histoire bisontine

C’est le visage de Camille Charvet-Kahn qui orne cette nouvelle rame arrivée le 15 octobre. Cette enseignante de sciences physiques et naturelles et docteur en médecine, est née à Besançon en 1881. Elle a enseigné au lycée Louis Pasteur à compter de 1918 jusqu’à son arrestation en 1943 et sa mort en déportation à Auschwitz. Elle appartenait au réseau de résistance Combat. L’arrivée de ce tramway à son effigie coïncide avec le centenaire de la naissance d’Henri Fertet que Besançon commémorera le 27 octobre.

Les deux dernières rames portent le nom de Lucette Croppet et d’André Regani. Lucette Croppet, d’une famille de charcutiers implantée à Besançon depuis 1927, est connue pour son action philanthropique en faveur des personnes handicapées dont le Centre Omnisports Pierre Croppet rue de Gray à Besançon. André Regani, ancien adjoint de Jean Minjoz, est à l’origine de la piétonisation du centre-ville de Besançon et du développement du réseau de bus.

Un tram à l’empreinte environnementale réduite

L’extraordinaire complexité industrielle d’un tramway Alstom 100% français ©YQ

Les rames de tramway Alstom sont assemblées sur le site de La Rochelle, une usine qui assemble également les TGV de la marque française. Deux autres usines installées à Valenciennes assemblent TER et métros.

Les moteurs électriques sont fabriqués dans l’usine Alstom d’Ornans et les bogies au Creusot en Saône-et-Loire. La chaine de traction est fabriquée à Charleroi à quelques encablures de la frontière française. « Par rapport aux premières rames du tramway, nous avons réduit la consommation énergétique de 25% » précisait Jean-Philippe Burtin, directeur maintenance et patrimoine chez Keolis Besançon. La masse totale du train est recyclable à 95%. Elle intègre 25% de matériaux recyclés. L’isolation thermique est optimisée et l’ensemble des éclairages est 100% LED.

Philippe Jentet, Directeur des ventes collectivités France chez Alstom et Jean-Philippe Burtin, Directeur maintenance et patrimoine chez Keolis Besançon, ont supervisé le 15 octobre, le délicat travail pour faire passer la nouvelle rames des remorques des camions vers les rails du centre de maintenance des Hauts du Chazal. ©YQ

Philippe Jentet, Directeur des ventes collectivités France chez Alstom, et Jean-Philippe Burtin, ont été très attentifs au délicat travail pour faire passer les deux demi-rames des camions vers les rails du centre de maintenance. « Nous restons propriétaires du matériel tout le temps de l’assemblage final chez notre client et des essais. Cela prendra une quinzaine de jours » a ajouté Philippe Jentet. Pendant cette période, les techniciens de Keolis Besançon n’ont pas le droit d’intervenir sans l’aval d’Alstom.

Yves Quemeneur