Le bruit du Pilatus (avion) retentit une nouvelle fois au dessus de l’aérodrome de La Vèze. Quelques minutes plus tard, cinq silhouettes apparaissent dans le ciel. Sous leurs voiles bleu, blanc et rouge, les parachutistes se rapprochent, s’accrochent les uns aux autres, dessinent une figure, puis une autre, avant de se séparer quelques instants. Derrière ces quelques minutes de vol se cachent des heures de préparation. Pendant une semaine, l’équipe de France de voile contact à 4 a installé son camp de base à l’école de parachutisme de Besançon Franche-Comté en préparation des championnats du monde.
Besançon comme QG pour l’élite française
Dans le hangar, les allers-retours s’enchaînent sans interruption. Les voiles sont soigneusement repliées, on debriefe la vidéo du dernier vol pendant que le prochain décollage est déjà annoncé. L’ambiance est studieuse, mais familiale. Beaucoup se connaissent depuis des années. « C’est une très bonne école de voile contact, il y a un vrai savoir-faire ici. Depuis vingt ans, la moitié de nos parachutistes en sont originaires », explique Guillaume Dubois, membre et entraîneur de l’équipe de France. Si la sélection nationale s’entraîne partout en France, La Vèze reste un lieu à part : « C’est un peu notre QG ici », rappelle-t-il.
Durant ce stage organisé du 13 au 21 juin, les journées débutent tôt. Échauffement, préparation du matériel, puis une succession de sauts jusqu’en fin d’après-midi. « Une journée, c’est huit sauts », résume Guillaume Dubois. Et le temps passé en l’air est finalement la partie la plus courte. « En moins d’un quart d’heure, on est à l’altitude, le saut dure trois minutes. Ensuite, on plie notre voile et on débriefe la vidéo prise par le vidéoman. »
Une discipline spectaculaire
En voile contact à quatre, quatre parachutistes et un vidéoman enchaînent une série de figures imposées tirées au sort. Losanges, lignes et autre enchaînements : « On a une séquence de quatre points et le but est de la reproduire le plus de fois possible », explique Guillaume Dubois. La précision est essentielle, mais la technique ne fait pas tout. « 50% de la qualité d’un saut repose sur la complicité entre les équipiers. » Une synchronisation qui se construit à force de travail : « il faut une motivation à toute épreuve. » Dans cette mécanique parfaitement huilée, le vidéoman occupe une place tout à fait particulière. Depuis 2019, Renaud Hémon fait partie de l’équipe avec sa caméra : « Le but est de ramener les preuves de la performance aux juges, pour qu’ils puissent compter les points. » En compétition, les juges se fient uniquement à la vidéo, donc sans ces images, impossible d’homologuer les figures réalisées en vol.

L’or dans le viseur
À quelques mois des championnats du monde qui se dérouleront au mois d’octobre en Californie, chaque saut compte. L’objectif est affiché sans détour. « On vise clairement l’or », annonce Guillaume Dubois. L’équipe de France fait partie des meilleures nations mondiales depuis de nombreuses années. « On a la meilleure équipe depuis quinze ans. Après, en face, ils sont très forts aussi. On a les moyens, on a la technique, on va faire les sauts qu’on sait faire et on fera les comptes à la fin ! » Même après des milliers de sauts, l’appréhension ne disparaît jamais totalement. « Chaque saut, il y a toujours de la pression. Après, on apprend à ne pas la subir mais à l’utiliser pour être meilleur. » Renaud Hémon également aborde les sauts avec la même réjouissance que lors de sa première expérience, il y a plus de 20 ans maintenant : « On ne perd jamais le plaisir de voler. Elles prennent différentes formes, mais on a toujours des sensations. »




























