Edito. Des ponts et des symboles

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mois de mai ensoleillé

Quel est votre mois préféré dans l’année ? Pour beaucoup, la réponse est sans hésiter : le mois de mai. Non pas seulement pour le retour des beaux jours, la verdure qui s’installe ou les premiers verres en terrasse, mais pour une raison bien plus pragmatique… ses nombreux jours fériés.

Véritable casse-tête pour les employeurs et bouffée d’oxygène pour les salariés, cette période de « ponts » devient chaque année un petit jeu stratégique. Les plus organisés s’adonnent à de savants calculs pour poser le moins de RTT possible et profiter au maximum de longues parenthèses de repos. Objectif : s’offrir quelques avant-goûts de vacances avant l’été.

Mais derrière cet enthousiasme objectivement bien compréhensible, on a tendance à oublier que ces jours fériés ne sont pas là par hasard. Ils portent en eux une histoire, une mémoire, parfois même des combats.

Le 1er mai, d’abord. Au-delà du plaisir d’offrir un brin de muguet porte-bonheur, c’est une journée profondément symbolique pour les travailleurs. Elle célèbre les conquêtes sociales comme la journée des huit heures qui ont permis aux travailleurs d’obtenir de meilleures conditions de travail. D’origine américaine, cette fête est aujourd’hui internationale. Pourtant ce jour férié, n’a semble-t-il jamais été autant menacé qu’aujourd’hui…

Le 8 mai est tout aussi symbolique. Jour anniversaire de la victoire de la France et de ses alliés de la Seconde Guerre mondiale, il fait partie d’un héritage historique que l’on oublie trop souvent. Un conflit long, meurtrier, qui a profondément marqué l’histoire et les esprits. Pourtant, au fil des années, les cérémonies rassemblent moins. Comme si le temps atténuait peu à peu la mémoire collective… alors même qu’elle reste essentielle, surtout par les temps qui courent.

Les autres jours fériés de mai, comme l’Ascension ou le lundi de Pentecôte, trouvent leur origine dans la tradition chrétienne. Peut-être font-ils partie des moins rassembleurs dans la France d’aujourd’hui, laïque et multiculturelle où la religion n’a plus sa place d’antan.

Au fond, ces jours fériés racontent autant notre présent que notre passé. On les attend pour souffler, pour s’échapper un peu du quotidien, parfois sans vraiment penser à ce qu’ils symbolisent. Et ce n’est pas forcément un tort. L’essentiel est peut-être là : savoir apprécier ces instants suspendus, tout en gardant, quelque part, la curiosité de comprendre d’où ils viennent.