Région. Entre querelles politiques et règlements de comptes, un conseil départemental sous tension

Le premier conseil départemental post élections municipales s'est tenu à l'hôtel du département, le 27 avril dernier. Un conseil sous tension extrême qui a donné lieu a des règlements de compte politique infructueux et qui ont vu une élue de l'opposition quitter la séance.

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Conseil départemental du 27 avril 2026 c PG

Plutôt calme à l’accoutumée, le premier conseil départemental post-élections municipales a, cette fois, viré à l’affrontement politique. Au point qu’une élue de l’opposition, Magali Duvernois, a quitté l’assemblée en pleine séance. La campagne municipale de 2026, particulièrement tendue, a laissé des traces profondes. Ce premier conseil départemental suivant les élections en a été le reflet direct. Pendant plus de quatre heures, les invectives liées à cette campagne ont monopolisé les débats, entraînant deux suspensions de séance consécutives. Les rapports ont finalement pu être étudiés après une pause déjeuner salvatrice et feront l’objet d’un article prochainement.

Une assemblée sous tension

Durant toute la matinée du lundi 27 avril, majorité et opposition départementales se sont renvoyées la responsabilité d’un climat politique délétère. Jusqu’ici tenue à la réserve électorale, la présidente du département, Christine Bouquin, a pris la parole pour dénoncer des attaques personnelles ayant visé notamment Ludovic Fagaut, récemment élu maire de Besançon et président de Grand Besançon Métropole (GBM). Une intervention qui a immédiatement fait réagir l’opposition, dénonçant à son tour des attaques contre le nouvel exécutif de Pays de Montbéliard Agglomération (PMA) présidé par Pierre Aimé Girardot, où siègent des élus issus de différents bords, dont Magali Duvernois, conseillère départementale de l’opposition.

Le 1er vice-président, Ludovic Fagaut au cœur des critiques

Comme lors des précédents conseils auxquels il siège depuis son élection, Ludovic Fagaut s’est retrouvé au centre des débats. L’opposition, par la voix de Raphaël Krucien, a interrogé la présidente sur la capacité de l’élu à cumuler ses fonctions de maire de Besançon, président de Grand Besançon Métropole (GBM) et premier vice-président du département. Christine Bouquin a tenu à défendre son premier vice-président : « Je suis à même de juger s’il peut continuer. Il a renoncé à son activité professionnelle. À ce stade, je considère qu’il peut rester à mes côtés ». Le principal intéressé a également pris la parole. Directement visé par les débats qui ont animé toute la matinée, Ludovic Fagaut a tenu a clarifier les choses : « Vous avez utilisé la campagne municipale pour mettre sur mon dos tout ce que vous reprochiez au Département ». Revenant sur la campagne municipale, il a aussi souligné les attaques répétées subies par sa famille. « C’est moi qui suis engagé politiquement. Adressez-vous à moi. Mais je ne vous souhaite pas de vivre ce que ma famille a vécu. Ni aux uns ni aux autres ».

Des querelles politiques et des dossiers relégués au second plan

La tension est montée d’un cran lorsque Priscilla Borgerhoff, conseillère de la majorité départementale a critiqué les alliances politiques issues des municipales, visant notamment une coopération entre gauche et droite à Montbéliard. Reprenant des propos attribués à Magali Duvernois elle a dénoncé son alliance avec « la droite extrême » à Pays de Montbéliard Agglomération. Cette dernière a d’ailleurs fermement démenti cette allusion. Dans la foulée, Jeanne Henry, conseillère départementale de l’opposition y est allée de son affirmation visant l’assemblée: « Certains d’entre vous sont de la droite extrême ». Une sortie qui a immédiatement entraîné une suspension de séance exigée par la présidente. Après une vingtaine de minutes de conciliabule, les élus de la majorité ont fait leur retour dans l’assemblée exigeant des excuses publiques du camp minoritaire. La réciproque a également été réclamée par l’opposition. Refus net de la présidente : « La majorité considère que vous devez nous faire des excuses et nous n’avons pas d’excuse à faire ». Magali Duvernois a donc décidé de quitter l’assemblée. Au-delà de ces querelles politiques, une conséquence majeure s’impose : aucun des neuf rapports inscrits à l’ordre du jour n’a été examiné durant toute la matinée. Cet épisode illustre un climat politique profondément dégradé, à tous les niveaux territoriaux, où les règlements de comptes prennent le pas sur les enjeux de fond, fragilisant ainsi la qualité du débat démocratique.