Billet d’humeur. Quand le sexisme ordinaire s’invite (encore) dans nos assemblées…

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Les clichés ont la vie dure. Les réflexions sexistes, aussi. Depuis quelques semaines, au fil des conseils municipaux et communautaires, les tentatives de disqualifier la parole des élues se répètent. Aucun observateur du conseil municipal du 18 juin dernier n’a pu ignorer la réponse du maire de Beasançon, Ludovic Fagaut à son adversaire insoumise Sévérine Véziès, celle-ci s’opposant avec clarté et engagement au nouveau règlement intérieur. « Au moins tout ça madame Véziès ! Gardez votre calme, gardez votre calme […] on n’est pas sur une tribune politique partisane là… donc gardez votre calme« , lance le maire, accompagnant ses paroles d’un mouvement discret à deux mains, comme pour signifier de baisser d’un ton. Un épisode qui n’est pas sans rappeler le ministre Gérald Darmanin
et son fameux « Calmez-vous madame, ça va bien se passer » , face à la journaliste Apolline de Malherbe consternée.

Une semaine plus tard, lors du conseil communautaire de Grand Besançon
Métropole, une scène similaire s’est déroulée, cette fois hors micro, entre l’élue
communiste Aline Chassagne et le député MoDEM Laurent Croizier. Agacé par une
intervention d’Anne Vignot qui réagissant au rapport social unique, mettant en
évidence d’importantes inégalités entre les femmes et les hommes au sein de la
collectivité, Laurent Croizier s’est mis à taper du poing sur la table. Une étonnante
virulence qui a fait réagir sa voisine de siège, Aline Chassagne, lui demandant plus de retenue. « Allez prendre un Lexomil, madame Chassagne ! » , a immédiatement rétorqué le
député. Aujourd’hui, ce qui pouvait encore passer inaperçu il y a quelques années ne passe plus. Et tant mieux. Il ne s’agit pas de ne plus rien dire mais de le dire autrement. Les mots ont un poids, la façon de les utiliser aussi et nos représentants ne le savent que trop bien. Tout cela façonne les rapports de pouvoir, les échanges et contribue à délégitimer
une parole en s’attaquant à la personne qui la porte. À l’heure où l’égalité entre les femmes et les hommes est régulièrement érigée en combat fondamental, en témoigne ce rapport social unique imposé par l’État aux collectivités, les responsables politiques ont, plus que jamais un devoir d’exemplarité. Les débats peuvent être vifs, les désaccords profonds, mais le respect ne devrait jamais être une variable d’ajustement. Car le sexisme ordinaire n’a, au fond, rien d’ordinaire pour celles qui le subissent.