Région. Le CHU de Besançon Franche-Comté participe à la médecine spatiale de demain

Le docteur Romain Capocci, radiologue au CHU Besançon Franche-Comté, a participé à une expérience inédite : réaliser une néphrostomie en apesanteur.

54
Le docteur Romain Capocci, Radiologue au CHU Besançon Franche-Comté a expérimenté des opérations de radiologie interventionnelle en apesanteur qui seront effectuées par les astronautes au cours des missions spatiales ©DR

Les futures missions habitées, notamment vers Mars, nécessitent environ 9 mois (selon les technologies spatiales actuelles). Il convient donc, pendant cette période, de pratiquer des interventions mini-invasives, capables de soigner sans chirurgie lourde. A bord des vaisseaux spatiaux, les équipes devront gérer seules les urgences médicales

Anticiper les problèmes de santé au cours des missions spatiales lointaines

La radiologie interventionnelle est une réponse pertinente. Elle permet d’intervenir à l’intérieur du corps sans anesthésie générale et en limitant les besoins en équipements lourds. Ces expériences, outre les missions spatiales, permettront également d’intervenir sur terre dans les zones très isolées ou même les déserts médicaux grâce à des techniques simples et peu invasives.

Voler en apesanteur

Les expériences sont menées dans le cadre du projet IRIS (Interventional Radiology In Space) et consistent à évaluer la faisabilité de gestes de radiologie interventionnelle en situation de micropesanteur. Romain Capocci, accompagné de trois collaborateurs, a embarqué le 19 mars dernier à bord d’un Airbus A310 exploité par une filiale du CNES. L’avion effectue des vols paraboliques (une trajectoire en forme de cloche) créant ainsi une situation d’apesanteur pendant 22 secondes par parabole. L’expérience consistait à poser un drain sur un rein à l’aide d’une aiguille guidée par échographie. L’intervention est effectuée dans une boîte dédiée, les circuits de drainage réalisés en boucle fermée pour éviter que rien ne puisse flotter dans la cabine (équipements et fluides corporels). De retour en gravité, les médecins analysent les gestes réalisés afin de fournir in fine un kit d’intervention pour les astronautes leur permettant de les réaliser eux-mêmes.

Prendre en charge les pathologies les plus courantes lors des missions spatiales

Les astronautes sont particulièrement exposés à un risque de calculs rénaux en raison de la déshydratation et de la déminéralisation osseuse courante dans l’espace. La radiologie interventionnelle est également utile pour d’autres pathologies comme une appendicite aigüe, un abcès profond ou un pneumothorax. Ces expérimentations de radiologie interventionnelle en apesanteur sont développées depuis 2020 par le Centre National d’Études Spatiales (CNES), l’Institut de médecine et physiologie spatiales (MEDES) et la Société Française de Radiologie (SFR), sous l’autorité du docteur Jérôme Soussan, radiologue à l’AP-HM. C’est dans ce cadre que le docteur Romain Capocci a pu réaliser cette expérience inédite, démontrant l’excellence du CHU Besançon Franche-Comté.

Yves Quemeneur