Région. Le Doubs s’engage pour la santé mentale jusqu’en 2030

Signé le 4 juin à Besançon, le nouveau Contrat territorial de santé mentale 2026-2030 fixe les priorités du Doubs sur les cinq prochaines années pour faire face à l’augmentation de besoins.

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Le Contrat territorial de santé mentale (2026-2030) a été signé ce 4 juin à la Chambre de commerce du Doubs à Besançon en présence du préfet du Doubs, Rémi Bastille / © Hippolyte Sanseigne

Le Contrat territorial de santé mentale (CTSM) 2026-2030 a été officiellement signé jeudi 4 juin à la Chambre de commerce et d’industrie du Doubs à Besançon. Devant plus d’une centaine de professionnels, le préfet du Doubs, Rémi Bastille, et la directrice générale de l’Agence régionale de santé (ARS) Bourgogne-Franche-Comté, Mathilde Marmier, ont acté le lancement de ce nouveau programme destiné à renforcer l’offre de prévention, de soins et d’accompagnement en santé mentale sur l’ensemble du territoire.

Dans la continuité du premier PTSM

Ce nouveau plan s’inscrit dans le prolongement du premier projet territorial de santé mentale (PTSM) déployé entre 2020 et 2025. « Il a vraiment permis d’innover et de mettre en place des passerelles entre le sanitaire et le médico-social et surtout de créer un réseau d’acteurs dans cette philosophie que la santé mentale est l’affaire de tous », souligne Pernelle Parent, cheffe de projet. Le nouveau PTSM repose sur seize actions prioritaires portées par une trentaine de partenaires. « Les objectifs sont la prévention, le repérage précoce, l’accès aux soins et la diminution des délais d’attente », résume Pernelle Parent.

Le projet entend également favoriser l’inclusion sociale : « Les gens qui ont des troubles psychiques ont le droit de travailler, d’aller au cinéma, d’aller faire du sport. C’est tout ce travail d’apprendre à vivre avec ses troubles et avoir une vie comme tout le monde », insiste la cheffe de projet.

Renforcer l’offre de soins en ruralité 

L’un des principaux axes du programme est de renforcer l’accès aux soins spécialisés dans certaines zones rurales du Doubs. La vallée de la Loue figure parmi les secteurs identifiés comme prioritaires. Si un centre médico-psychologique (CMP) pour adultes a ouvert à Quingey en novembre 2025, le territoire n’est pas encore assez desservi : « On a pour objectif de construire un centre de guidance infantile sur Quingey », explique Pernelle Parent. Aujourd’hui, les jeunes du secteur sont obligés de se rendre en consultation à Besançon.

Le PTSM prévoit également l’ouverture d’un CMP supplémentaire à Ornans. D’autres territoires, comme Baume-les-Dames ou Maîche, disposent déjà de structures mais « le besoin explose », constate la cheffe de projet, qui souhaite renforcer la coopération avec les professionnels libéraux pour soulager les centres.

L’un des chantiers de ce projet est la création d’une équipe de soins intensifs à domicile en psychiatrie. L’idée sera présentée cet été dans le cadre d’un appel à projets national. « Une équipe va pouvoir intervenir plusieurs fois par semaine au domicile d’une personne après une sortie des urgences pour aider à gérer les situations de crise. » Le dispositif sera d’abord déployé sur le Grand Besançon, avant de pouvoir s’étendre progressivement à d’autres secteurs du département.

Une attention particulière pour la jeunesse

Le nouveau PTSM accorde une place importante à l’enfance et à l’adolescence. Les professionnels alertent depuis quelque temps sur le mal-être des jeunes : « Les urgences pour les ados en crise ont été multipliées par cinq ou six depuis 2020. » Si la parole autour de la santé mentale s’est libérée ces dernières années, elle observe également « une vraie augmentation des troubles et de troubles différents ».

Alors la priorité, et l’un des piliers majeurs de cette feuille de route, est d’amplifier la prévention et le repérage précoce des troubles : « Il faut former l’Éducation nationale à repérer les signes et à orienter rapidement vers un dispositif de soins. » De plus, il faut travailler sur le fonctionnement des services hospitaliers en place : « Les services de pédopsychiatrie du CHU de Besançon et du Centre hospitalier de Novillars travaillent actuellement à une réorganisation de leur fonctionnement pour mieux répondre aux besoins. »