Originaire de Morteau, Clotilde Jacoulot est la première MOF (Meilleur Ouvrier de France) dans la catégorie primeur. À la tête du magasin familial de fruits et légumes tenu par ses grands-parents puis ses parents, elle emploie aujourd’hui 20 salariés. En parallèle, elle continue de mener une vie à cent à l’heure pour promouvoir son métier, auquel elle voue une véritable passion.
Une reconnaissance et de nombreuses opportunités
Clotilde Jacoulot a décroché le titre de Meilleur Ouvrier de France en 2011, une première pour un artisan primeur. Depuis, elle arbore fièrement sa tenue vert pâle et son col bleu-blanc-rouge, qui distinguent les Meilleurs Ouvriers de France : « Cette reconnaissance est très honorifique. Ça a été énormément de travail et d’investissement pendant trois ans, mais cela m’a permis de réaliser tellement de choses par la suite », confie-t-elle. La Mortuacienne a par la suite travaillé à l’Élysée, réalisant des buffets pour les présidents. C’est dans cette continuité qu’elle s’est vu proposer de participer à l’exposition universelle de Dubaï, puis à celle d’Osaka, au Japon, en septembre dernier.
Un voyage enrichissant au Japon

Au Japon, elle a représenté le pavillon français avec 32 autres MOF. Un « voyage merveilleux » et particulièrement enrichissant pour cette passionnée de fruits et de légumes. Là-bas, Clotilde a sillonné les marchés et les échoppes traditionnelles afin de découvrir la culture du métier de primeur au Japon. C’était d’ailleurs la première fois qu’un primeur MOF se rendait dans ce pays. « Ce qui est fou avec le Japon, c’est qu’il n’y a aucun export ni import de fruits et de légumes entre le Japon et la France. C’est cela qui est intéressant, notamment pour des raisons de traditions, d’écologie et d’économie« , confie-t-elle. La découverte a donc été totale pour Clotilde Jacoulot : « J’ai fait des découvertes incroyables de fruits et de légumes« . Elle a notamment pu échanger avec un primeur japonais, une rencontre émouvante, empreinte de respect et d’admiration entre deux artisans partageant la même passion. L’occasion de découvrir des habitudes étonnantes : « Là-bas, ils empaquètent tous les fruits et légumes individuellement dans du plastique, c’était fou« .
La promotion du savoir-faire français
Participer à l’Exposition universelle était également pour elle l’occasion de promouvoir l’excellence de l’artisanat français, et particulièrement le titre de MOF. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cela a fonctionné, puisque le pavillon français a été le plus visité de l’exposition : « Les Japonais vouent une véritable admiration pour l’artisanat et plus précisément l’artisanat français. À chaque fois qu’on sortait, ils nous applaudissaient » a-t-elle témoigné.
Un investissement local et pédagogique
Pour autant, la Mortuacienne n’oublie pas d’où elle vient et reste attachée à son magasin de Morteau : « C’est l’endroit où j’aime être, derrière le comptoir, à conseiller mes clients« . En parallèle de son activité, elle s’est investie dans la formation et l’accompagnement des jeunes primeurs. Elle a même participé à la création du premier CAP de primeur avec l’Éducation nationale :« Il n’existait aucun diplôme, aucune formation pour devenir primeur. On a donc décidé d’en créer une ». Une vie à cent à l’heure pour cette fière représentante de ses racines et de son métier.




























