Invitée de la semaine. Anne Falga vice-présidente de Grand Besançon Métropole en charge du développement économique

Présidente du Modem du Doubs depuis 2024, Anne Falga a un profil atypique. Native de l’Isle sur le Doubs et diplômée d’une grande école de commerce, elle a mené de front une carrière professionnelle et familiale intenses. Elle compte jouer sur ses nombreuses expériences professionnelles pour assurer le rôle stratégique du développement économique de la métropole comtoise.

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Anne Falga a reçu Hebdo 25 dans le cadre d'une boulangerie du quartier de Saint Ferjeux tenue par un couple de jeunes boulangers. Une façon pour la nouvelle vice-présidente de démontrer "qu'elle met les mains dans le pétrin" ©YQ

Agée de 65 ans, Anne Falga a débuté dans le commerce international du luxe notamment en Allemagne et en Russie. Mais elle a également œuvré dans les organismes territoriaux comme l’Agence Économique Régionale et travaillé sur un cluster dans le Haut-Doubs. Cette double compétence dans l’économie du luxe et dans les collectivités lui confère une expertise particulière pour mener la politique de rupture souhaitée par Ludovic Fagaut et la majorité de la communauté urbaine de Grand Besançon.

Pouvez-vous nous indiquer les pistes principales que vous entendez proposer au conseil communautaire ?

Le développement économique est une priorité pour les prochaines années. Ludovic Fagaut, à la tête de l’exécutif communautaire, l’a répété tout au long de la campagne des municipales. Il s’agit bien pour nous d’une politique de rupture par rapport à l’ancienne mandature. Pas question de voir les entreprises s’installer ailleurs que sur le territoire bisontin.

Concrètement, comment souhaitez-vous agir sur l’attractivité économique de Besançon ?

Les mobilités sont au cœur de l’attractivité du territoire. Je souhaite travailler activement avec Patrick Jacques, vice-président de GBM en charge des mobilités, afin que nous puissions agir sur tous les leviers. En premier lieu, la mobilité pour les salariés des entreprises du territoire. Nous devons offrir les meilleures conditions de confort dans les liaisons domicile-travail et entre zones d’activités. Il convient également de s’interroger sur la pertinence d’un réseau tram-train sur les Hauts- du- Chazal et celui en lien avec le premier plateau. Cela demandera du temps de concertation avec les partenaires (État, Région, SNCF…). Je souhaite que des réflexions puissent s’engager rapidement.

L’Agglomération de Besançon a cette chance de bénéficier de deux aéroports à proximité, celui de La Vèze et celui de Dole. Ce sont des options sérieuses à étudier pour renforcer la connexion du bassin bisontin et ainsi offrir un terreau favorable à l’implantation de nouvelles entreprises. La remise en route de la desserte TGV entre Mulhouse et Lille via Roissy constitue aussi un levier stratégique pour le développement économique du bassin bisontin. Il est difficile d’attirer des partenaires étrangers en leur offrant une liaison à petite vitesse entre les grands aéroports et la capitale comtoise.

Pendant 6 ans, Nicolas Bodin, l’ancien vice-président en charge de l’économie, n’a pas pu faire avancer le dossier des zones d’activité. Comment allez-vous reprendre ce dossier ?

Je tiens à souligner la qualité et les compétences de Nicolas Bodin. La priorité de l’ancienne présidente n’était pas forcément le développement économique. Dans le cadre de la loi ZAN qui nous contraint, je propose une gestion plus rationnelle du foncier disponible. Nous allons moderniser les zones existantes pour les rendre plus efficientes, retravailler le positionnement de certaines, notamment sur la zone des Auxons et mieux identifier les dents creuses et les friches, et surtout avancer plus vite.

On parle souvent de l’écosystème innovant de Besançon, vous partagez ce constat ?

Tout à fait, le territoire bisontin dispose d’un écosystème unique. Mais cela ne doit pas être simplement un slogan. L’Université, les écoles d’ingénieurs, les laboratoires de recherches (Utinam, Femto-St, UMR Right) sont des éléments d’attractivité exogène. Sur les terrains de la miniaturisation de plus en plus nécessaires dans les industries de défense ou le spatial, de la fabrication de prothèses médicales, les industries micromécaniques bisontines ont des atouts pour l’économie de demain. Les industries du luxe (horlogerie, bijouterie, joaillerie, maroquinerie) que je connais bien devraient être encore plus présentes sur un territoire qui les a vues naître. Je souhaite également agir dans le secteur du biomédical, une filière où Besançon dispose d’une avance technologique. Son développement passe par des investissements internationaux très importants. Là encore, Besançon possède de sérieux atouts, je vais y travailler.

Optimiste malgré la situation géopolitique et économique actuelle ?

Oui. Notre métropole doit mieux communiquer de manière globale. Nous devons accompagner les entreprises dans leurs facteurs clés de développement, anticiper leurs besoins, mettre en place des outils de veille stratégique. L’implantation d’une entreprise demande un temps long de maturation. Nous devons être hyper réactifs et démontrer les forces du territoire sur le terrain et dans les salons internationaux. Grâce à nos savoir-faire, Besançon est capable de réaliser l’impossible. C’est ce que je vais m’attacher à démontrer au quotidien.

Propos recueillis par Yves Quemeneur