
Le ministre du Logement et de l’Habitat était en déplacement officiel à Besançon ce vendredi 22 mai afin d’échanger avec les élus locaux et les acteurs du logement autour des grands enjeux de rénovation urbaine, de sécurité et d’habitat. Une visite marquée par plusieurs annonces importantes, notamment autour du futur projet de loi pour la relance du logement qui sera présenté dans quelques semaines au Parlement. L’ANRU 3 (Agence nationale pour la rénovation urbaine), le logement étudiant et le rôle renforcé des territoires dans les politiques de l’habitat ont également été abordés par le ministre.
Première étape : visite de la Maison de l’Habitat au fort Griffon
Accompagné du préfet Rémi Bastille, du maire de Besançon Ludovic Fagaut et de la présidente du Département Christine Bouquin, le ministre a débuté sa visite de la capitale comtoise à la Maison de l’Habitat du Département du Doubs (MHD), installée au fort Griffon. Les élus départementaux représentés par Jacqueline Cuenot-Stalder, vice-présidente en charge de l’Habitat et du Logement, ont détaillé le fonctionnement inédit de cette structure, guichet unique des demandes en matière d’habitat et de logement pour les particuliers et les collectivités. Le ministre a d’ailleurs salué sans détour le statut de pionniers en matière de logement du Département du Doubs : « Vous êtes de véritables précurseurs en matière d’habitat dans le Doubs. Bravo à vous. »
Christine Bouquin, présidente du Département, a profité de cette rencontre pour soumettre officiellement au ministre la demande du Département du Doubs visant à obtenir le statut d’Autorité Organisatrice de l’Habitat (AOH), engagement qu’elle avait pris lors du précédent conseil départemental. Ce statut, actuellement réservé aux intercommunalités, permettrait au Département de disposer de nouveaux leviers en matière de politique du logement. « Nous avons des propositions à vous faire, monsieur le ministre. Et je sais que vous aimez travailler comme ça, en lien direct avec les territoires », a déclaré la présidente du Département. Très réceptif au travail réalisé par les élus du Doubs, le ministre a salué « un département volontaire », avant d’ajouter : « Cette demande s’inscrit pleinement dans l’ambition que je porte : redonner du pouvoir aux territoires. Le Département du Doubs est une nouvelle fois précurseur et l’État sera à vos côtés. »
Sécurité et revitalisation du centre-ville dans le quartier Battant
Guidé par le maire de Besançon, Ludovic Fagaut, Vincent Jeanbrun s’est ensuite rendu dans les rues du quartier Battant, au cœur du centre historique de la ville. Une visite largement consacrée aux questions de sécurité, de propreté et de revitalisation urbaine. « La rue Battant, c’est la première et la dernière rue de Besançon que l’on voit lorsque l’on arrive par le train ou le bus », a rappelé le maire, insistant sur l’importance symbolique et stratégique de ce secteur. Le nouvel édile bisontin a présenté les mesures engagées depuis son arrivée à la tête de la municipalité pour améliorer la sécurité dans le quartier : renforcement des effectifs de police municipale, augmentation de la vidéoprotection ou encore lutte contre les phénomènes de mendicité et d’insécurité. Quelques habitants et commerçants ont également interpellé directement le ministre afin de faire remonter leurs préoccupations du quotidien, notamment sur le trafic de drogue, très présent. Le ministre a d’ailleurs souligné « le potentiel extraordinaire du quartier ». Au-delà des questions de sécurité, les échanges ont porté sur la rénovation des logements anciens et la lutte contre la vacance commerciale et résidentielle. « Il faut des outils de rénovation urbaine qui s’appliquent aussi aux centres-villes historiques et pas uniquement aux grands ensembles », a expliqué le ministre. « Il faut que l’État accompagne les collectivités pour acheter, réhabiliter et transformer progressivement ces quartiers afin de changer durablement la vie des habitants. »
Table ronde à Planoise pour terminer la visite
Dernière étape de la visite : le quartier de Planoise, quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV). Une table ronde y était organisée à la maison de quartier avec les principaux acteurs régionaux du logement, des bailleurs sociaux et des habitants. Le ministre a évoqué plusieurs sujets sensibles concernant l’habitat dont le futur projet de loi logement qu’il présentera au Parlement au début de l’été, confirmant l’arrivée d’un ANRU 3 destiné à poursuivre les grands programmes de renouvellement urbain. « On arrive à la fin de l’ANRU 2 dont a bénéficié Planoise et qui a porté ses fruits. Mais il faut aller encore plus loin. » Les discussions ont également porté sur l’avenir des terrains libérés après les démolitions de logements sociaux. À Planoise, plus de 1 200 logements ont été détruits ces dernières années, laissant près de 50 hectares sans affectation définitive. Les acteurs locaux, à commencer par la directrice de la DDT, ont alerté le ministre sur la nécessité d’une stratégie globale afin de reconstruire des logements tout en maintenant une véritable mixité sociale.
Autre sujet majeur abordé à Planoise : les difficultés rencontrées pour attirer des entreprises dans les quartiers prioritaires. Dans le quartier, un immeuble dédié au numérique a été construit mais ne trouve aucune entreprise souhaitant s’y installer. Le ministre a annoncé envisager une exonération fiscale de 100 % pendant cinq ans pour les entreprises du numérique et les professionnels de santé s’installant dans les quartiers prioritaires. « Il s’agit d’un avantage important qui peut permettre d’attirer de nouveaux services », a-t-il estimé.
Des mesures concrètes sur le logement étudiant et l’échelon local
Le ministre a, tout au long de la journée, insisté sur sa volonté de confier davantage de responsabilités à l’échelon local : « Je souhaite arrêter que tout se décide depuis Paris. Les meilleures idées viennent du terrain. » Il a également précisé que, dans le cadre de l’ANRU 3, le préfet disposerait d’un rôle central dans l’orientation des projets locaux. Vincent Jeanbrun est aussi revenu sur les annonces effectuées la veille lors du “Printemps des Territoires”, organisé par la Banque des Territoires associée à la Caisse des Dépôts et de Consignation. « Le bras armé financier de l’Etat » a annoncé la mobilisation de plus de 100 milliards d’euros destinés au logement d’ici 2030. « Cela permettra notamment de financer 75 000 logements étudiants supplémentaires partout en France« , notamment à Besançon.
Le bail social à vie dans le débat
C’est une demande formulée par plusieurs bailleurs sociaux et qui est particulièrement sensible. Celle de la fin du bail social à vie. Le ministre a indiqué qu’aucune mesure en ce sens ne figurerait dans son projet de loi. « Il n’y a pas de consensus sur ce sujet« , a-t-il expliqué au cours de la table ronde. Il a toutefois annoncé la création d’une clause de revoyure tous les trois ans, basée notamment sur « le comportement » des locataires.
Une visite qui a, semble-t-il, été particulièrement appréciée par le ministre et qui pourrait ainsi permettre à plusieurs propositions locales de nourrir directement le futur projet de loi sur la relance du logement porté par le gouvernement dans les prochaines semaines.




























