Le traditionnel Festival des Nuits de Joux revient pour une 51e édition du 24 juillet au 8 août, dans l’emblématique Château de Joux. Cette année, la direction artistique a changé pour faire place à Loli Jean-Baptiste, originaire du Jura et Aurélien Dèque, tout droit venu de Métabief. Ils travailleront avec le centre d’animation du Haut-Doubs (CAHD) durant les trois prochaines années.
Les gradins enlevés
Cela implique donc des nouveautés. La première passe par la disposition de la scène. Habituellement, des gradins sont installés à chaque festival. Cette année, ils ont fait le choix de les enlever pour que la scène soit au centre, entourée de tables et de buvettes. « On souhaite que ça devienne un lieu de vie le temps d’une soirée, que les gens dansent, se rencontrent, circulent », détaille Aurélien Dèque, suivi de Loli Jean-Baptiste : « il n’y a plus cette séparation entre spectacles et moment festif. Ça peut permettre de toucher différents publics ».
Une édition 2026 placée sous le thème de la force
En travaillant sur ce festival, les deux co-directeurs ont identifié trois envies : ancrer le festival dans son territoire en cherchant de nouveaux partenaires, miser sur le potentiel fantasmagorique du Château de Joux et construire les trois prochaines années par thème (force, conquête et mémoire). Cette édition 2026 se concentrera donc sur la force avec deux créations théâtrales. La première “Choux Peurs Star” est une adaptation de “La Résistible ascension d’Arturo Ui” de Bertolt Brecht qui est « une parabole de la montée au pouvoir d’Adolphe Hitler. On veut montrer comment une civilisation monte dans la dictature. Ce n’est pas parce que les gens ont envie de s’évader qu’il ne faut pas parler de sujets graves », détaille Aurélien Dèque. Cette création prendra la forme d’un dîner spectacle où le public sera plongé dans un cabaret clandestin des années 30. La seconde traite de la force individuelle avec “Sous l’armure” de Catherine Anne. « C’est un spectacle adapté aux enfants qui retrace l’histoire de deux adolescents. L’espace dans lequel ils vivent est en guerre et l’homme doit partir à la guerre, tandis que la femme doit aller au couvent. Ils vont échanger leurs rôles et vivre plein d’aventures », explique Loli Jean-Baptiste.
Un troisième spectacle “Phantasma Silva” sera joué dans les bois, en bas du château, dans le cadre d’un “rendez-vous en forêt”. La compagnie des Cas Brioles viendra jouer la pièce de Molière, “Pourceaugnac” dans le château mais également à l’Abbaye de Montbenoît le mardi 4 août. « Nous n’avons pas le château le mardi et le jeudi, alors on a cherché à tisser les liens avec d’autres lieux », souligne les directeurs artistiques.
Un festival avec des musiciens locaux
Trois concerts sont prévus, avec des artistes venus de la région. Atouboudchan (Besançon) fera danser le public au rythme de standard de la chanson française et hits internationaux. L’association bisontine Madrigal mêlera arts plastiques et musique. La DJ ES:THR, native de Pontarlier, qui se produit à l’international, viendra donner un concert mêlant Indie Dance et Tech House.
Une autrice de Besançon, Lucie Lombard, a été, toute la semaine du 22 juin, en résidence au Château pour écrire une pièce. Elle sera lue cette année, jouée par la troupe amateure l’année prochaine, puis mise en scène en 2028 par la troupe professionnelle. « L’objectif est de faire vivre ce texte toute l’année. On regarde pour mettre en place des partenariats avec des médiathèques », détaile Julie Duquesne, salariée au CAHD.
En cas de mauvaises conditions météorologiques, le repli se fera au théâtre Bernard Blier. Pour le dîner-spectacle, le repas serait donné dans la salle Toussaint Louverture avant de monter à l’étage. « Un repli peut montrer que la forme du festival peut s’adapter en salle, mais aussi permettre à un autre type de public de venir », conclut Aurélien Dèque.






























