Invitée de la semaine. Frédérique Gentner-Marmier, présidente de la Fédération Familles Rurales du Doubs

Familles Rurales est le premier mouvement familial associatif en France. Dans le Doubs, la Fédération s'appuie sur un vaste réseau associatif pour répondre aux besoins des familles, proposer des services de proximité et dynamiser les territoires ruraux.

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Frédérique Gentner Marmier, présidente de Familles Rurales du Doubs ©DR

Quelles sont les missions et valeurs de Familles Rurales ?

Familles Rurales est le premier mouvement familial associatif. C’est un réseau d’ampleur nationale, constitué en pyramide inversée. Le réseau commence et vit à travers les associations locales, au nombre de 37 dans le Doubs. Elles font vivre leur territoire en fonction des besoins des familles et elles adhèrent à la Fédération du Doubs qui elle-même adhère à la Fédération BFC qui adhère à la Fédération nationale dont le siège est à Paris. C’est ça qui fait la spécificité de notre mouvement. Il est fait et alimenté par les familles au service des familles entre elles.

Une des premières missions : la défense des consommateurs, des familles et être porte-voix des familles auprès des pouvoirs publics. Il y a plusieurs autres missions qui viennent s’ajouter notamment celle de services que l’on peut apporter aux familles : gestion des crèches et micro-crèches, des périscolaires. On a toujours le souci d’intégrer les familles, qu’elles ne soient pas seulement consommatrices. Depuis cette année, nous avons retoiletté nos statuts, les familles ont la possibilité de devenir adhérentes à la Fédération du Doubs. Elles pourront donner leur avis, intégrer le conseil d’administration, être questionnées par nous.

La Fédération du Doubs, c’est 54 structures sur le département : petite-enfance, accueil de loisirs périscolaire, actions jeunes, ludothèques etc. Familles Rurales est aussi un acteur majeur de l’économie sociale et solidaire. C’est environ 282 salariés pour la Fédération du Doubs, sans compter les associations. Il y a 2500 familles au niveau de la Fédération du Doubs et 4671 pour les associations, donc qui peuvent comporter 4,5,6 personnes. On a 550 bénévoles en Bourgogne-Franche-Comté. Toutes les familles peuvent prétendre à nos services. On s’adresse à l’Homme avec un grand H. Ce n’est pas parce que nous nous appelons Familles Rurales que seules les familles tel qu’on l’entend avec enfants ou mariés ou pacsés sont acceptées dans notre mouvement.

Quelles sont les autres actions que vous proposez à Familles Rurales ?

On apporte une réponse aux besoins des familles par ces structures, mais on est aussi là pour dynamiser les territoires ruraux, avec notre service développement local et vie sociale. Il y a le musée numérique, qui apporte la culture en milieu rural. On s’installe directement dans une salle des fêtes, un périscolaire ou encore une mairie, et toutes les familles, adhérentes ou non, peuvent découvrir un panel de 6000 œuvres nationales ou internationales.

On a quatre ludothèques dans le Doubs où là aussi on mise sur l’itinérance. C’est important pour nous que les services aillent au plus près des familles. Ce sont des collègues qui ont des camions équipés de jeux pour tous les âges avec des thématiques tous les mois. Le camion se déplace de commune en commune.

Il y a également les actions familiales : tout ce qui va être autour de la consommation. On a des veilleurs dans le Doubs qui vont se déplacer dans des enseignes pour relever les prix et après nous participons à l’Observatoire national pour aider les familles à mieux consommer. L’idée est de conseiller la famille à un instant T. On a créé un dispositif « Zoom familles » en partenariat avec l’UDAF du Doubs pour interroger les familles sur des sujets de société qui nous permet d’avoir des données afin de mieux représenter les familles au quotidien.

Vous menez actuellement une action dans le cadre d’Octobre Rose…

On a un partenariat avec OncoDoubs depuis trois ans. Jusqu’au 15 novembre, on a une action dédiée à la collecte des boîtes roses et des coussins cœur. On mobilise tout le réseau : structure fédérale, associations. On a un contenu qui nous a été donné par OncoDoubs, en respectant des règles assez précises. Il y a la gourmandise : quelque chose d’emballé, neuf et dont la date de consommation n’est pas dépassée. Il ne faut pas que ça comporte du pamplemousse. On a une évasion (livre, coloriage, magazine), un accessoire (bonnet, bijou, écharpe), le dermocosmétique où là on a remis cette année à nos structures un dossier partenaire où elles peuvent démarcher des grandes surfaces ou pharmacies pour qu’elles donnent des produits dermocosmétiques. OncoDoubs récupère les boîtes fin novembre.

Quels sont les enjeux pour Familles Rurales ?

Ils sont multiples. Au regard des crises financières, géopolitiques, toutes les associations en paient les conséquences. Les pouvoirs publics, financièrement, se désengagent. Les choix qu’ils font portent très souvent sur la baisse des subventions aux associations et je parle de manière générale. Voilà l’enjeu : faire comprendre à nos dirigeants politiques l’importance de nous aider à vivre. Nous, la Fédération du Doubs, on a le regard porté sur l’avenir avec quand même le souci sur le plan économique de se maintenir mais le fait d’être en réseau nous donne une force.

Aujourd’hui, on est confronté à une difficulté de recrutement. On a beaucoup plus de difficultés à fidéliser nos collaborateurs salariés et c’est quelque chose qu’on ne rencontrait pas il y a un certain nombre d’années. Il y a des métiers, de la petite enfance notamment mais aussi animateurs périscolaires, qui sont en tension, et ce n’est pas propre à Familles Rurales. Le métier ne devient plus attractif pour diverses raisons, notamment en termes de salaires pour un métier qui demande d’énormes responsabilités. On a déjà essayé de faire remonter toutes ces informations aux pouvoirs publics et au législateur, mais ça n’évolue pas aussi vite que l’on voudrait.