Les insectes, le monde de la métamorphose. La thématique choisie pour cette nouvelle édition intègre la notion de « jardin planétaire » voulue par Gilles Clément et l’agence Mayot & Toussaint, concepteurs du cercle immense inauguré en 2022. Les neuf jardins du festival offrent un regard à chaque fois différent sur le cycle de vie des insectes. Bassins, murs en pierre sèche, forêt luxuriante, cairns…les visiteurs suivent un parcours accompagné par les fourmis, les pollinisateurs et les 13 espèces de libellules recensées sur le parc.
Les hirondelles ont retrouvé le chemin de la Saline
« Grâce aux marnes amenées dans le cercle immense, ces oiseaux migrateurs ont trouvé la matière pour construire leurs nids » fait remarquer Denis Duquet le responsable du Festival des jardins. De même, on recense 1 800 chauves-souris dans les interstices de l’arche d’entrée de la saline.
400 élèves se relaient pour réaliser les jardins
Du mois de février au mois de juin, 400 étudiants ont créés et aménagés les jardins de la Saline. Issus de lycées agricoles, de centres de formation de la Lorraine à la Drôme, ils sont encadrés par des élèves d’écoles supérieures du paysage venant de toute la France, de Suisse et de Belgique qui ont conçu les thèmes du festival. « Quel est le meilleur outil d’un jardinier ? Ses yeux ! C’est pourquoi chacun de nos jardiniers à la Saline est curieux de son environnement, parfois allongé dans un transat », glisse Denis Duquet.
Les neuf jardins invitent à suivre le cycle de vie des insectes comme dans « Vita Cyclum », jouer à l’école buissonnière dans « le Théâtre du Vivant » où l’on se projette dans des histoires où faune et flore sont actrices du paysage. « Le rossignol dit à la rose » est une conception paysagère inspirée du poème d’Omar Khayyam, poète persan du XIe siècle… « Dans le parc, un nuage époussette les fleurs… ». Symboles de sagesse, de cohésion et de solidarité, les fourmis sont inspirantes depuis l’Antiquité. Découvrez le jardin « Ant-ique », en symbiose des plantes et des insectes. Ce jardin veut métamorphoser chaque visiteur en l’invitant à « faire société » comme le monde des fourmis.
La parcelle « Aux Mille-Lieux » propose au visiteur de devenir insecte en traversant différents milieux d’accueil. Voyageur, le visiteur s’émerveille devant la diversité, effleure l’eau ou est submergé par la végétation.
Absurde ou répugnant, « le Jardin Kafkaïen » est un tableau vivant où l’Homme s’efface et où la biodiversité reprend ses droits. Changez d’échelle et vivez « L’Odyssée des insectes, de la terre à l’envol ». La vie se transforme à l’abri des regards et se prépare l’imperceptible métamorphose quand l’enveloppe se brise et l’envol s’annonce. Chenilles, termites, fourmis, xylophages, trichoptères… « Prière de ne pas marcher sur le jardinier », les jeunes étudiants ont créé des totems, conçu des termitières cathédrale rappelant les tours de la Sagrada Familia de Barcelone. Le dernier jardin dit « La Marche des Odonates » invite à porter un regard nouveau sur le jardin. Sortez transformés, prenez votre envol pour conquérir le territoire.
Jardins et forêts comestibles
La Saline royale a installé une serre géodésique bioclimatique. Sorte de pouponnière pour produire ses plants de fruits et de légumes, elle favorise le circuit court pour une alimentation saine et durable. Culture de kiwi, plants de vignes, jardin des plantes aromatique et des céréales anciennes, « Potapoule » pour produire légumes et salades pour le restaurant de la Saline, tout est expérimenté pour transformer une découverte dans les « Jardins en mouvement » en promenade poétique et comestible.
« Laissez faire la nature, elle est intelligente, elle s’adapte et la biodiversité évolue d’elle-même », résume Denis Duquet de la visite magique à la Saline royale d’Arc-et-Senans à l’occasion du Festival des Jardins. Sans oublier la découverte de l’héritage universel que constitue la Saline royale.
Yves Quemeneur
Plus d’infos www.salineroyale.com




























