
Le combat du futur
Le général Maxime Do Tran, commandant la 7ème brigade blindée a souligné que « dans le combat futur, il convient de développer et expérimenter les solutions techniques et technologiques pour adapter le combat inter armes aux nouvelles conflictualités ».
500 militaires et 50 entreprises pour cette journée de l’innovation

Une démonstration de plus que Besançon est l’un des cœurs battant de la défense française. Les plus hauts responsables de l’Armée de Terre ne s’y sont pas trompés. Aux côtés du Général de la 1ère Division Bruno Helluy, le Général d’Armée et Chef d’état-major de l’Armée de Terre Jacques Langlade de Montgros avait fait le déplacement au Quartier Ruty à Besançon, quelques semaines après sa nomination à la tête des 112 000 militaires d’active et 8 200 personnels civils que compte l’Armée de Terre.
Sous-officiers, officiers et officiers supérieurs ont échangé avec les industriels du cluster Eden, de la Direction Générale de l’Armement et de l’Agence Innovation Défense. Ludovic Fagaut, Président de Grand Métropole et maire de Besançon était également présent, soucieux du développement économique de la capitale comtoise autour des technologies de pointe liées à la défense. Rémi Bastille, Préfet du Doubs et Laurent Croizier, Député de la 1ère circonscription ont également suivi avec intérêt les explications et démonstrations des industriels.
Le combat du futur assuré dans 6 grands domaines d’intervention
Le pôle exploratoire de la Brigade de combat du futur a été confié à la 7ème BB. « Pour manger un salami, il faut le découper en tranches ». L’image est parlante pour le général Maxime Do Tran, une image adaptée au combat.
La létalité. « Neutraliser l’ennemi en frappant massivement, précisément et rapidement. Engendrer le plus de dégâts à l’ennemi tout en préservant nos propres troupes » a précisé le Colonel Jaillet, patron du 68ème Régiment d’Artillerie d’Afrique, basé à la Valbonne dans l’Ain. « La guerre tue » a-t-il rappelé. « 5’ de survie à partir du moment où un soldat est détecté nécessite donc des technologies très élaborées pour dégainer avant l’autre ».

Protection, mobilité, connectivité, transparence du champ de bataille et soutien sont les autres domaines d’intervention de la brigade de combat du futur. Elles mettent en œuvre l’utilisation de drones d’attaque, de surveillance ou de défense, des véhicules sophistiqués, des robots, camouflages, communications et logistique. De nombreuses entreprises françaises sont ainsi sollicitées pour répondre aux besoins des armées du futur.
Des solutions industrielles pour répondre aux besoins du terrain
C’est le travail quotidien de l’AID (Agence Innovation Défense). Créée en 2018, « l’Agence tend à interroger les entreprises pour répondre aux besoins connus et expérimenter les besoins du futur » précise le Colonel Itard qui dirige l’AID.
Pour cette journée de l’innovation défense, la 7ème BB avait également convié le Cluster Eden et l’Institut Saint Louis.
Le cluster Eden

Fondé dans la région lyonnaise il y a une vingtaine d’années, il regroupe environ 300 PME opérant pour la défense. Ces entreprises génèrent près de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et emploient 50 000 salariés. Au sein du cluster Eden, on compte une trentaine d’entreprises en Franche-Comté dont 20 PME sur le territoire grand bisontin. Thierry Regond, Président du cluster Eden souligne « le territoire de Besançon et du Doubs est riche d’un tissu industriel très dynamique, historiquement marqué par les microtechniques, parfaitement adapté au développement et la production de matériels technologiques pour l’armée du futur ».
L’institut Saint Louis
Ce centre de recherches franco-allemand est spécialisé dans les études et les recherches dans les domaines de la défense et de la sécurité.
Le sujet de la souveraineté industrielle au cœur des échanges
La législation américaine ITAR peut priver de souveraineté de nombreux pays du vieux continent. Par ailleurs, la politique industrielle française menée depuis 40 ans a conduit à la désindustrialisation massive de notre pays. En 2000, la part de l’industrie dans le PIB dépassait 20%. En 2025, elle représente moins de 10%. Les entreprises françaises sont capables de concevoir, innover, développer des matériels militaires de haute technologie comme les drones mais incapables de les fabriquer. L’Ukraine est devenue l’un des principaux producteurs et exportateurs de drones de combat et les USA et la Turquie sont les leaders mondiaux des systèmes tactiques, sans parler de la Chine qui dispose d’années d’avance dans l’industrie du drone civil. En matière de stratégie de défense, les intérêts ne sont pas forcément convergents.
C’était aussi le message à véhiculer le 9 septembre au Quartier Ruty à Besançon.
























