Besançon. Nina Laisné, une artiste de Besançon à l’affiche de la nouvelle exposition du FRAC

La nouvelle exposition du Fonds régional d’art contemporain (FRAC) met à l'honneur plusieurs artistes dont la bisontine Nina Laisné. Disponible du 14 juin 2026 au 3 janvier 2027, cette nouvelle exposition explore les arts scéniques et plastiques transportant le visiteur dans un voyage sensoriel intense et varié.

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Une des oeuvres présentées à l’exposition « Un monde renversé » au FRAC de Besançon © PG

Pour Nina Laisné, présenter cette « première grosse exposition » au FRAC a une saveur particulière. L’artiste entretient en effet une relation privilégiée avec l’institution bisontine, où elle a commencé à exposer il y a dix ans à l’occasion d’une résidence pour les artistes émergents. « C’est un lieu familier avec lequel j’ai une longue histoire de collaboration. C’est le bon endroit pour lancer ma première grande exposition » confie l’intéressée. Pour Sylvie Zavatta, directrice du FRAC, « Nina Laisné montre un intérêt marqué et constant pour la musique baroque mais aussi les cultures hispanophones« . A l’occasion de cette exposition, disponible jusqu’au 3 janvier 2027 et qui s’intitule « Un monde renversé« , les visiteurs pourront ainsi découvrir « le travail plastique de l’artiste qui est surtout connue pour ses performances scéniques » poursuit la directrice. Nina Laisné abordera plusieurs thématiques récurrentes dans ses oeuvres : la place des minorités, les figures marginalisées ou encore les identités multiples. L’hybridité apparaît d’ailleurs comme un fil rouge du parcours. Entre l’humain et l’animal, entre héritages culturels et réalités contemporaines, les œuvres interrogent les notions d’appartenance, de transformation et de coexistence.

Un dialogue entre les époques et les continents

Pour réaliser cette exposition, Nina Laisné s’est entourée de nombreux artistes, musiciens et artisans. Cette dimension collective et plurielle des œuvres proposées reflète une exposition qui célèbre les échanges culturels, les métissages et la richesse des regards croisés à travers les époques et les continents. Passionnée par les XVIe et XVIIe siècles, Nina Laisné puise abondamment dans les archives historiques. Documents anciens, objets, images et récits oubliés sont réinvestis dans des créations qui résonnent avec les questionnements actuels. L’artiste transforme ainsi les archives en matériaux vivants, capables de raconter de nouvelles histoires. Cette démarche s’accompagne d’un véritable voyage culturel, notamment vers l’Amérique du Sud et le monde hispanique, dont les influences traversent l’ensemble de l’exposition.

Une pluralité d’œuvres qui communiquent

Dès les premières salles, le visiteur est plongé dans un univers où les œuvres plastiques dialoguent avec la musique, le théâtre et les supports vidéos. Le parcours de l’exposition est conçu comme une expérience sensorielle où chaque création répond à une autre. La première installation présentée au public donne immédiatement le ton. Il s’agit d’une adaptation d’un spectacle créé par Nina Laisné en collaboration avec le théorbiste Daniel Zapico. Au centre de la salle, un monumental retable en bois s’anime grâce à un subtil jeu de lumières et à la musique interprétée au théorbe. La scénographie met en valeur cet instrument baroque aujourd’hui peu connu, dont les sonorités, rappelant la musique traditionnelle espagnole, participent pleinement à l’immersion du spectateur. Parmi les œuvres marquantes figure également une installation composée de fragments de violons suspendus. Les pièces de bois sont recouvertes de reproductions de cartes maritimes anciennes, créant un dialogue entre mémoire, géographie et histoire. L’œuvre évoque notamment l’esclavage dans les colonies brésiliennes. Elle rappelle également le rôle du pernambouc, bois précieux originaire du Brésil longtemps utilisé dans la fabrication des archets et des instruments à cordes en Europe. À travers cette création, Nina Laisné tisse un lien entre histoire coloniale, circulation des matières premières et production artistique.

Lucinda Childs et la danse mises à l’honneur

L’exposition fait également une place importante à la danse avec la présentation d’œuvres de la chorégraphe Lucinda Childs, réunies par le commissaire Lou Forster. Le parcours interroge la position du spectateur face à la chorégraphie. Plusieurs partitions originales de chorégraphies ainsi que des représentations de danse sont proposées aux visiteurs.