
L’horloge florale de Besançon égrène les secondes qui marquent le temps depuis des millénaires. Devant la gare Viotte, la complexité des rouages remise au goût du jour par l’entreprise Prêtre & Fils de Mamirolle fait écho à la complexité de la littérature en lien avec le temps qui passe.

« Le temps passé avec un chat n’est jamais perdu » disait Colette. Sa statue accompagnée de ses chats regarde maintenant l’heure de l’horloge florale. On dit que pour la propriétaire de Casamène sur les hauteurs des Montboucons, le temps avait une importance capitale. « Avec le temps, le désir s’étiole et se perd » écrivait cette amoureuse de la nature, amoureuse tout court !
Autre rappel littéraire d’un bisontin de naissance. Victor Hugo était peu sensible à la notion de temps immédiate. « L’auteur des Contemplations n’est sensible au temps qui passe que dès lors son rythme s’élargit aux dimensions du siècle, de l’avenir, de l’éternité » soulignait Étienne Brunet (Professeur émérite de lettres classiques à l’Université de Nice Sophia Antipolis).
Même Malraux écrivait dans Les noyers de l’Altenburg : « découvrir le temps est la caractéristique de l’homme moderne…par rapport à l’homme de l’Euphrate et du Nil, du Grec mais aussi de l’homme médiéval… ».
Le temps est éternel, nous ne sommes que de passage
Pour conclure ce petit rappel littéraire, deux citations qui prennent tout leur sens aujourd’hui « Le temps passe, vous dites ? Hélas non ! Le temps reste, c’est nous qui passons » (Henry Austin Dobson, poète anglais) ou encore celle-ci « La vie passe si vite que parfois, l’âme n’a pas le temps de vieillir » (Sandrine Fillassier).

Besançon est la capitale du Temps depuis que Laurent Mégevand y a installé ses ateliers. L’horloger genevois du XVIIIe siècle serait fier que sa ville d’adoption retrouve le temps du végétal et des fleurs, comme une sœur jumelle à l’horloge florale de Genève.































