Économie. Des 24h du temps aux biomédicaments, la Franche-Comté regorge de talents

Démonstration de l’excellence franc-comtoise dans l’économie de demain,  le tic-tac horloger avait attiré plus de 10 000 visiteurs aux 24h du Temps les 20 et 21 juin. En parallèle, plus de 200 personnes ont participé à la Fête de l’Innovation le 26 juin.

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Besançon innovation économie horlogerie
L'infiniment petit de l'horlogerie à Besançon a été les prémices de l'infiniment petit dans les industries du bio médical, de l'aéronautique et de la défense ©YQ

Les deux événements réunissaient des technologies ancestrales et celles de l’Intelligence Artificielle. L’un au cœur des riches heures du Palais Granvelle, le second au Centre diocésain dont le nom évoque Antoine-Pierre de Grammont, Archevêque de Besançon au XVIIe siècle.

L’un des rendez-vous très attendus était le 3e Sommet interprofessionnel en Horlogerie et Mécanique d’Art. À l’initiative de Ryma Hatahet, en collaboration avec Grand Besançon Métropole, la conférence s’est tenue en préface des 24h du Temps. Pour cette horlogère du patrimoine, la restauration n’est pas seulement un acte technique. Au cours de sa conférence, l’organisatrice a posé un regard singulier sur l’horlogerie et la mécanique d’art, des objets complexes à la croisée de multiples savoir-faire qui font la richesse économique de Besançon, de la Franche-Comté et plus globalement de l’Arc Jurassien. Elle a illustré son propos au travers de trois œuvres exceptionnelles comtoises : l’Horloge Astronomique de Besançon par Auguste-Lucien Vérité (1860), une Serinette (instrument de musique mécanique) par Jean-Eugène Robert-Houdin (1843) et la pendule « dite géographique » d’Antide Janvier (1791).

Rassemblés au Kursaal, certains artistes et artisans ont aussi créé des passerelles techniques entre la Renaissance et le XXIe siècle. Comme Rémi Bultor, graveur de Besançon qui a conçu une pièce unique dans l’esprit des horloges de la Renaissance, associant la création horlogère et les arts décoratifs avec une exigence technique rigoureuse. On retrouvait également Edcleide Miranda, fabricante de verres de forme à Saint Gorgon-Main. Cette artisane verrière a expliqué ce métier rare au service de l’horlogerie : des gestes précis et minutieux de bombage, de découpe et de polissage pour obtenir ces pièces essentielles à la fois techniques et esthétiques. David Candaux est horloger créateur au Solliat dans la vallée de Joux. Il utilise le double balancier, reflet d’une quête intemporelle de précision, d’équilibre et d’harmonie mécanique. Cette invention des années 1930 est l’héritière d’un savoir-faire ancestral et résolument tournée vers l’avenir.

La passion et le talent autour des métiers liés à l’horlogerie dépassent nos frontières régionales. Maiwen Nénez native de Bretagne et installée à Rennes a fait le déplacement. Elle y exerce le métier de Gouacheuse, un art particulier  dans la création de peintures de bijoux ou de montres à la gouache, une peinture à l’eau épaisse et opaque, modèle visuel représentant un bijou ou une montre avant sa fabrication.

L’avenir, au cœur de la Fête de l’Innovation

Vendredi 26 juin, la Fabrique Numérique de Besançon, Silicon Comté et d’autres partenaires de la Tech comtoise (AER BFC, DECA BFC, Village by CAFC…) organisaient une « Fête de l’Innovation » dans les locaux du Centre diocésain de Besançon. Start-ups, entreprises, laboratoires de recherche, structures d’accompagnement et investisseurs étaient réunis pour valoriser les initiatives innovantes, favoriser les rencontres entre les acteurs de l’écosystème et créer les conditions de nouveaux projets et collaborations. Ils se sont relayés de 13h à 18h pour démontrer le potentiel franc-comtois dans l’économie du XXIe siècle.

Un temps fort pour les start-ups du territoire

Yassine Hamidouche, chef de projet à la Fabrique Numérique Besançon a présenté une séquence consacrée aux jeunes pousses innovantes où chaque entrepreneur a présenté son parcours entrepreneurial et ses perspectives de développement : 13%, Sign On,  ShopCaisse, Squarian, DashBook, Asterria, Oragen Therapeutics, Augmenteeth, Verso, EZDATA. Ils sont acteurs du back office, de la transformation numérique des entreprises ou de l’accessibilité à l’Intelligence Artificielle. Tous conduits par la passion d’entreprendre.

Bâtiment d'entreprise moderne à TEMIS, Grand Besançon
Les bio thérapies s’inventent à Besançon ©Grand Besançon

Pour mettre en évidence l’énergie créative de la Tech comtoise, il fallait faire un choix, celui d’ « Orinova ». La start-up bisontine créée en 2024, intervient sur les tumeurs solides, notamment les tumeurs cérébrales touchant plus de 150 000 patients chaque année en France. On estime à 1% de la population mondiale touchée par une tumeur cérébrale maligne. L’innovation, totalement développée à Besançon, consiste à transporter des nanoparticules d’or et des molécules de chimiothérapie au cœur de la tumeur pour optimiser le traitement radio et chimio. Si l’entreprise a reçu 600 000€ de subvention de l’État (France 2030), elle peine à trouver des financements pérennes pour asseoir un développement lui permettant de fabriquer ce nouveau bio médicament capable de traiter au moins un tiers des cancers du cerveau dans le monde.

L’équipe est en quête d’un site de fabrication. Ces médicaments de demain dont Besançon s’est fait une spécialité, pourraient-ils être fabriqués ailleurs qu’à Besançon ou en Franche-Comté ? L’attractivité économique de Grand Besançon est une priorité affichée par la nouvelle gouvernance de la métropole bisontine. Voilà une occasion de passer de la promesse aux actes. Des 24 heures du Temps aux biomédicaments…de la Renaissance au XXIe siècle, Besançon démontre son excellence technique, technologique, médicale et aussi artistique.

Yves Quemeneur