Besançon. Un dernier hommage émouvant à Jean-Charles Diéterlé

Il va rouler de nuage en nuage au volant de sa DS23 Pallas et se promènera dans les étoiles dans sa 403 cabriolet. Jean-Charles Diéterlé s’en est allé, humblement et gentiment, les deux qualités qui viennent à l’esprit pour évoquer cette figure bisontine, unanimement reconnu. Ses obsèques ont été tenues ce 21 septembre à l'église Saint-Pierre de Besançon.

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L'église Saint Pierre de Besançon était noire de monde le 21 septembre pour rendre un dernier hommage à Jean-Charles Dieterlé, haute figure généreuse de Besançon ©YQ

Bisontin de toujours

Jean-Charles Diéterlé est né à Besançon un 12 février de l’année 1947. Comme le vin, il fut un millésime exceptionnel du XXe siècle. Le petit dernier d’une fratrie de 4 enfants a grandi dans la boucle et plus précisément rue Gustave Courbet où le commerce familial de tapissier exerçait depuis 3 générations.

À 19 ans, accompagné de son frère Jacques, il doit reprendre l’affaire familiale à la mort de leur père. Il découvre la passion du commerce qui ne la quittera jamais. Surtout la passion au service des autres, la passion de l’humain.

« Imaginer, entreprendre, rassembler prend alors une place considérable dans sa vie » rappelle son fils Pierre. Jean-Charles Diéterlé devient pendant 20 ans le président de l’Union des commerçants de Besançon, jusqu’en 2007. Il y inventera le marché de Noël, les Samedis piétons, la braderie d’automne (qu’il ne verra pas cette année) et les Terroirs Gourmands devenus Instants Gourmands.

Justement, Jean-Charles Diéterlé avait la gourmandise de convaincre, se rassasiait des rencontres.

Avec un caractère bien trempé (dixit son fils Pierre), il a su imposer ces manifestations auprès des maires de Besançon, notamment Robert Schwint et Jean-Louis Fousseret.

« Ce qui comptait pour papa, ce n’était pas l’évènement mais ce qu’il provoquait : des conversations, des retrouvailles entre amis ou en famille, les souvenirs avalés dans la bonne humeur et le temps d’un moment suspendu » se souvient Pierre Diéterlé.

Pour de nombreux Bisontins, anciens et nouveaux, Jean-Charles Dieterlé, ce sont des yeux pétillants de malice, de gentillesse et de générosité, un homme à l’énergie débordante.

« Papa, tu connaissais du monde, tu connaissais surtout les gens »

Pierre a évoqué « l’homme de rencontres qui avait toujours du temps pour tout le monde, à appeler, à retrouver, à aider ».

« Mieux penser que dire pour parvenir »

Il avait fait sienne la devise de Jean de Gribaldy. Le vicomte dont l’histoire vient d’être rééditée par Pierre Dieterlé aux Éditions du Sekoya, avait un lien familial avec Jean-Charles Dieterlé. Par son entremise, il fera la connaissance de Johnny Hallyday. Par la famille de son épouse, il fut également proche de Philippe Labro disparu en 2025 après avoir préfacé le livre sur l’histoire du commerce à Besançon qu’il avait écrit à deux mains avec son fils Pierre.

« Il a toujours eu l’envie d’avoir envie comme chantait Johnny Hallyday »

Claude Domergue fut un ami très proche de Jean-Charles. Le pilote bisontin a la même fibre de l’amour des hommes. Il fut aussi le pilote attitré de Johnny Hallyday dans ses tournées en France. Il se souvient « Avec Jean-Charles, nous traversions les Alpes dans un bimoteur entre Besançon et Saint Tropez où nous devions y prendre Johnny. À 25 000 pieds, brutalement 2 Mirage nous prennent en chasse (notre plan de vol, urgent, n’était pas conforme). À l’atterrissage, le capitaine chef de quart nous menace de graves sanctions…Et Jean-Charles, en médiateur aimable, d’expliquer au militaire que nous allions transporter Jean-Philippe Smet alias Johnny. Véritable fan de l’idole, le capitaine nous transforme les sanctions administratives par une demande de photo dédicacée, que Jean-Charles lui adressera les jours suivants. C’était cela Jean-Charles…Un médiateur souriant qui transformait un problème en solution ».

Enfin, une petite anecdote personnelle pose aussi le personnage. Lors d’un voyage à Rome où il allait régulièrement avec Dolorès retrouver son autre fils, il nous avait rapporté deux simples porte-clefs aux couleurs italiennes avec nos initiales, à mon épouse et moi-même. Simple, aimable, généreux, souriant, il suivra chacune et chacun d’entre nous de là-haut, vous pouvez y compter.

Yves Quemeneur