
Emmanuel Faivre est l’actuel Directeur Général des Services du département du Doubs et vice-président de l’association nationale « France Fédérale » présidée par Jean-Louis Borloo. Sa réflexion est d’autant plus pertinente qu’il applique au quotidien depuis 20 ans les directives de l’Absurdistan français. Jurassien d’origine, ce Docteur en géographie a en effet dirigé les services du département de Haute-Saône pendant plus de 10 ans avant d’être nommé au même poste dans le département du Doubs.
Le centralisme à la française est une vieille histoire
Si Jean-Marie Girerd fait remonter le début du centralisme à la française à la bataille de Bouvines en 1214, Emmanuel Faivre le situe plus « à l’époque de la Convention en 1793 qui voit la victoire des jacobins contre les girondins. Deux militaires vont ensuite mettre la France en coupe réglée : Napoléon avec la création des départements et ses préfets au cœur du dispositif centralisateur et le général de Gaulle qui poursuivra ce centralisme à partir de 1958 ».
Changer le système, c’est changer de doctrine
Emmanuel Faivre connaît bien le système centralisateur, il le pratique au quotidien. Il égrène quelques exemples de l’Absurdistan : « Alsace et Bade-Wurtemberg souhaitaient créer une crèche transfrontalière. Le land allemand a mis deux mois à décider quand il a fallu deux ans à la région d’Alsace ». Autre absurdité « quand le préfet zonal interdit par exemple la circulation des transports scolaires sur un quart de la France quand la neige tombe sur un seul département ».
Un constat largement partagé
Emmanuel Faivre oppose aux quatre maux qui bloquent la France (centralisme, asservissement, concurrence généralisée entre les territoires et autoritarisme de l’État central), quatre principes fédéraux qui répondent concrètement à la devise française de Liberté, Égalité, Fraternité.
Le principe de subsidiarité : l’autorité supérieure ne doit intervenir que pour les missions que les échelons inférieurs ne peuvent ou ne veulent pas accomplir aussi efficacement. Pour Emmanuel Faivre, ce principe limite à l’État central les fonctions régaliennes (défense, justice, sécurité, affaires étrangères).
Le principe d’autonomie fiscale, budgétaire et normative confiée à l’échelon local le plus pertinent.
Le principe de péréquations entre les territoires qui met en œuvre la fraternité et la solidarité.
Le consensus. Emmanuel Faivre souligne l’impossibilité actuelle de consensus, chaque parti politique définissant des lignes rouges intangibles.
Le vice-président de « France Fédérale » entend le risque des opposants au fédéralisme par la crainte d’une France éclatée façon puzzle et du manque d’égalité entre les territoires. « Pourtant, dans les pays démocratiques fédéraux, le sentiment d’appartenance national reste fort et les systèmes de péréquation fonctionnent naturellement, les territoires riches contribuant aux territoires plus pauvres ».
Le mécano institutionnel et électoral
Emmanuel Faivre conclut son propos en évoquant la refonte institutionnelle et électorale qui ne pourra passer que par voie référendaire. Il parle de « provinces » pour redéfinir les anciennes régions, il souligne l’importance à venir des intercommunalités dont les présidents seraient élus au suffrage universel.




























