Besançon fêtait la « Journée de l’Europe » le 7 mai

La place de la Révolution s’était transformée, l’espace d’une journée, au service de l’idée européenne…mais de quelle Europe !

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De Mycène à la Commission européenne de Bruxelles, on peut raisonnablement se poser la question sur l’évolution de la civilisation européenne. Elle naît en effet autour du IIème millénaire avant Jésus-Christ, héritage des Mésopotamiens. C’est ensuite la civilisation grecque autour des conquêtes d’Alexandre le Grand puis la civilisation romaine et la constitution d’un empire qui vont forger « l’idée européenne » cimentée par le christianisme.

Plus proche de nous, on considère souvent Charlemagne comme « le Père de l’Europe ». Trois siècles après la chute de l’Empire Romain, l’Europe est franque et chrétienne. Sacré Empereur d’Occident à Rome, Charlemagne réside pourtant à Aix-la-Chapelle. Les Tsars, Empereurs d’Orient, Napoléon, ont tous tenté l’union « impossible » du seul continent qui a essaimé sa civilisation sur les 4 autres continents. Toute cette longue histoire a été portée par des rois, des princes, des empereurs, des présidents visionnaires ! Est-ce le cas aujourd’hui ?

Qui se souvient de l’interview du Général de Gaulle en décembre 1965, entre les deux tours de la première élection présidentielle au suffrage universel. L’Europe était déjà au cœur des joutes électorales « Bien entendu, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant…L’Europe, l’Europe, l’Europe, mais cela n’aboutit à rien et cela ne signifie rien ». Une chose est sûre, le fondateur de la 5ème République n’était pas européiste mais il fut le visionnaire qui rendit visite à Konrad Adenauer à l’automne 1958 quand les plaies de la seconde guerre mondiale n’étaient pas refermées. C’est dans la même petite ville de Bad-Kreuznach, en Rhénanie-Palatinat que Kohl et Mitterrand s’entretiendront sur la crise des euromissiles 26 ans plus tard.

« L’Europe sera fédérale ou ne sera pas »

Ce sont les termes employés par Jean-Marie Girerd, l’un des responsables bisontins du Mouvement Européen, présent à cette journée de l’Europe sur la place de la Révolution à Besançon. L’antenne franc-comtoise de « la maison de l’Europe » avait vu les choses en grand pour apprendre l’Europe aux petits et grands : dessiner à la craie les couleurs des 27 nations, identifier les pays européens sur une carte géante du vieux continent, apprendre les contraintes de l’Europe dans la vie quotidienne…

Comment placer les 27 pays sur la carte de l’Europe ? Une bonne leçon de choses ©YQ

L’idée européenne est dans l’esprit d’une majorité de français, et notamment de francs-comtois. Les frontières sont aux portes de la Comté. Mais le divorce a été consommé entre européistes et européens en 2005 lors du référendum sur la constitution européenne. Les réglementations qui font fi des particularités locales et régionales ne peuvent constituer le ferment d’une Europe fédérale. Le régime crétois ne s’accommode pas des cuisses de grenouilles et le Tokay alsacien n’a rien à envier au Tokay hongrois. La cancoillotte n’est pas moins goûteuse que la fêta. L’Europe est riche de ses différences, elles ne doivent pas être gommées.

Yves Quemeneur