
Elus de la municipalité bisontine, représentants des associations et citoyens ont rendu des hommages distincts ce lundi 26 octobre aux victimes de l’attentat de Trappes, dans les Yvelines, qui a eu lieu vendredi, faisant un mort et cinq blessés.
Un hommage en toute intimité proposé par la municipalité
En milieu de journée, Ludovic Fagaut et ses adjoints ont appelé à rendre hommage aux victimes de l’attentat de Trappes. Sur l’esplanade des Droits de l’Homme, le maire, des représentants de l’État et des cultes, ainsi que certains élus informés de la cérémonie, étaient réunis, « afin de préserver le caractère républicain de ce temps de fraternité », a indiqué la Ville dans un communiqué. Une cérémonie discrète et à laquelle les citoyens n’ont pas été conviés. Des élus de l’opposition étaient présents. Dans la matinée, le maire de Besançon avait déjà échangé avec les représentants des cultes à la suite du drame survenu vendredi.
Ludovic Fagaut a témoigné de sa solidarité envers les victimes et leurs proches, tout en rappelant l’importance du dialogue, de la cohésion et du vivre-ensemble. « Ce qui a frappé Trappes nous meurtrit tous. Je tiens à exprimer notre effroi et notre solidarité indéfectible avec les victimes et les proches et notre soutien total à tous les habitants meurtris par ce drame », a-t-il déclaré. Le maire a poursuivi : « Face à la barbarie, il n’y a pas de demi-mesure. Nous devons condamner cet acte terroriste et raciste avec la même force que tous les actes racistes dans le passé. Cette haine abjecte n’a pas de visage acceptable. » Il a conclu son propos en affirmant : « La peur ne l’emportera pas. Nous resterons debout, unis, fidèles. La haine ne dictera pas notre avenir. Nous continuerons à faire vivre la liberté, l’égalité et la fraternité. »
La minorité municipale, les associations et les citoyens réunis à Granvelle
L’appel au rassemblement avait été lancé durant le week-end par les élus de la minorité municipale. Environ 500 personnes se sont réunies ce lundi à 18 heures, au parc Granvelle, pour rendre hommage aux victimes de l’attentat et se recueillir. Les représentants des différents groupes présents ont pris la parole pour dénoncer le racisme et la stigmatisation de certaines populations, qu’ils estiment de plus en plus visibles dans certains discours politiques.
Séverine Véziès et Anthony Poulin ont successivement pris la parole pour dénoncer l’horreur de ce « crime raciste, islamophobe et négrophobe ». Séverine Véziès, conseillère municipale d’opposition du parti LFI, a également dénoncé la responsabilité de certains discours médiatiques « qui arment le coupable ». Elle a conclu son intervention par ces mots : « La France n’est pas une couleur de peau, toutes les couleurs de peau sont françaises. »
Chef de file local des Écologistes, Anthony Poulin a appelé les citoyens à se mobiliser : « Face à la haine et la violence raciste, nous ne pouvons ni nous taire, ni détourner le regard. » L’élu de l’opposition municipale en a également profité pour dénoncer les propos tenus par Jordan Bardella, président du Rassemblement national, à la suite de l’attentat, lorsqu’il a assimilé Trappes à « une république islamique ». « Ces discours de haine tuent et ma crainte est que ces discours continuent à tuer », a-t-il déclaré.
Barbara Romagnan, présidente de la Ligue des droits de l’Homme du Doubs, a également pris la parole pour souligner la responsabilité des discours publics. « Les mots ne sont pas des balles, mais les mots peuvent désigner des cibles et générer de la violence », a-t-elle déclaré.



























